‹ Étude sur la vie et les œuvres de Lope de VegaChapitre 61 sur 120 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

Les mêmes, DURANGO.

DURANGO

Ma foi ! c'est un bon animal !

La bête vigoureuse, et l'excellent cheval ! Il mériterait mieux que celui d'Alexandre Qu'en un tombeau de marbre on déposât sa cendre.

LA COMTESSE

Arrivez donc au fait.

DURANGO

Madame, à Juan de Fox J'avais de mon message à peine dit deux mots, Que ses deux éperons à la fois s'enfoncèrent Aux flancs de son cheval, et tous deux s'élancèrent... Mais au bout de la rampe il fallait l'arrêter Ou sauter dans la mer... Il Ta laissé sauter;... La vague, en se brisant, les a couverts de neige, Ils sont morts, disait-on, si Dieu ne les protège; Mais bientôt de don Juan on a vu les cheveux, Puis la tête, et le front de son cheval tous deux

Luttaient... lun en parlant, l'autre en soufflant; la bète

Rejetait l'onde amère en secouant sa tête,

Et l'homme, en s'attachant au cou de son cheval,

Pour mieux l'encourager parlait à l'animal.

Enfin nos deux nageurs arrivent au rivage

Où de pauvres pêcheurs, pour un prochain voyage,

Réparaient leur filets ; à peine l'ont-ils vu

Qu'ils lui prêtent soudain un secours imprévu,

Et, l'ayant emporté dans leurs pauvres chaumières,

Le réchauffent sans doute au feu de leurs bruyères.

LA COMTESSE

Chez ces braves pêcheurs retournez sans retard, Voyez-le, mon ami ; donnez-lui de ma part, Pour mieux le réchauffer €e manteau de fourrure.

DURANGO

J'obéis et je pars. (// sort.)

Page 1