‹ Étude sur la vie et les œuvres de Lope de VegaChapitre 60 sur 120 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

Les mêmes, moins DURANGO.

la comtesse.

Il ne manquera pas à cette occasion De venir nous parler.

DONA CONSTANCE

Pour ce charmant garçon Le ciel est trop injuste et sa rigueur m'étonne.

Le ciel dans ses faveurs ne fait tort à personne ; Il donne à qui lui plaît; ce qu'il donne est à lui, Nul ne peut le contraindre; on le voit aujourd'hui Faire un sot d'un savant, d'un homme fat un sage, D'un gentilhomme un pauvre, et d'un vilain un page ; Il faut se résigner... Mais quel bruit?

(Don Juan est passé au galop sur le môle, a salué la comtesse et s'est précipité avec son cheval dans la mer.)

DONA CONSTANCE

C'est don Juan.

C'est lui-même, au galop, il passe en saluant! L'intrépide jeune homme obéit au message !

{Elle se lève pour voir au fond.)

Le môle de cent pieds dépasse le rivage ;

Homme et cheval, tous deux par l'ardeur emportés,

D'un seul bond dans la mer se sont précipités.

LA COMTESSE

Ah ! c'est d'un noble cœur ! mais s'il faut qu'il succombe, L'aurai-je donc moi-même envoyé dans la tombe?

LES FLÉURS DE DON JUAN

DON A INÈS

Ah ! certe il en mourra.

LA COMTESSE

Je veux, sans plus de mots, Me noyer dans les pleurs comme lui dans les flots.

(On entend des voix du dehors.)

Étrange événement ! — Quel cœur et quel courage !

— Par ici du secours ! — Il paraît. — Il surnage.

— Il est vivant.

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