DON ALONZO, DON FRANCESCO
DON FRANCESCO
Non, je n'ai jamais vu femme plus obstinée En sa décision.
DON ALONZO
C'était ma destinée ; Je perds toute espérance et jusqu'à ma raison.
LOPE DR Y E G A
DON FRANCESCO
De vous, je lui parlai, je vous jure, d'un ton A lui faire sentir l'honneur de l'alliance Que vous lui proposez, et pourtant la présence De la comtesse aussi m'imposait des égards !
DON ALONZO
Allons ! j'aurai du sort subi tous les hasards ;
Je le vis à mes vœux obstinément contraire ;
Je n'ai plus de courage, et rien en quoi j'espère,
Puisqu'en ce jour l'hymen, sur qui j'avais compté,
Est, avec le restant, dans le vide emporté.
D'un si grand changement, mon Dieu, quelle est la cause ?
Sur mon compte on aura débité quelque glose,
Après tout, le plus clair, c'est qu'en perdant sa main,
Je perds tout ce que j'ai. — Quand on voit, le matin,
Dans un cœur de l'amour et, le soir, de la haine,
De suite on reconnaît le résultat qu'entraîne
Un propos médisant par quelque lâche émis.
DON FRANCESCO
Croyez-vous, par hasard, n'avoir pas d'ennemis?
Moi, j'ai des ennemis? et qui donc? Impossible -
DON FRANCESCO
Vos amis les meilleurs.
DON ALONZO
Mes amis !
DON FRANCESCO
C'est visible , Vous n'avez plus d'argent à donner aux amours; Plus de jeux enragés où vous perdiez toujours; Plus de luxe éclatant, plus de fêtes splendides ;
LES FLEURS DE DON JUAN
Votre cuisine est froide et vos deux mains sont vides;. Et voilà vos amis changés en ennemis.
DON ALONZO
De ce funeste coup je ne suis pas remis ;
Je ne les verrai plus ! Je veux quitter Valence,
Car je me livrerais à quelque violence.
DON FRANCESCO
Il faut être aujourd'hui plus que jamais prudent.