‹ Étude sur la vie et les œuvres de Lope de VegaChapitre 79 sur 120 · DON ALONZO, DON FRANCESCO · texte numérisé non relu

DON ALONZO, DON FRANCESCO

DON FRANCESCO

Non, je n'ai jamais vu femme plus obstinée En sa décision.

DON ALONZO

C'était ma destinée ; Je perds toute espérance et jusqu'à ma raison.

LOPE DR Y E G A

DON FRANCESCO

De vous, je lui parlai, je vous jure, d'un ton A lui faire sentir l'honneur de l'alliance Que vous lui proposez, et pourtant la présence De la comtesse aussi m'imposait des égards !

DON ALONZO

Allons ! j'aurai du sort subi tous les hasards ;

Je le vis à mes vœux obstinément contraire ;

Je n'ai plus de courage, et rien en quoi j'espère,

Puisqu'en ce jour l'hymen, sur qui j'avais compté,

Est, avec le restant, dans le vide emporté.

D'un si grand changement, mon Dieu, quelle est la cause ?

Sur mon compte on aura débité quelque glose,

Après tout, le plus clair, c'est qu'en perdant sa main,

Je perds tout ce que j'ai. — Quand on voit, le matin,

Dans un cœur de l'amour et, le soir, de la haine,

De suite on reconnaît le résultat qu'entraîne

Un propos médisant par quelque lâche émis.

DON FRANCESCO

Croyez-vous, par hasard, n'avoir pas d'ennemis?

Moi, j'ai des ennemis? et qui donc? Impossible -

DON FRANCESCO

Vos amis les meilleurs.

DON ALONZO

Mes amis !

DON FRANCESCO

C'est visible , Vous n'avez plus d'argent à donner aux amours; Plus de jeux enragés où vous perdiez toujours; Plus de luxe éclatant, plus de fêtes splendides ;

LES FLEURS DE DON JUAN

Votre cuisine est froide et vos deux mains sont vides;. Et voilà vos amis changés en ennemis.

DON ALONZO

De ce funeste coup je ne suis pas remis ;

Je ne les verrai plus ! Je veux quitter Valence,

Car je me livrerais à quelque violence.

DON FRANCESCO

Il faut être aujourd'hui plus que jamais prudent.

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