‹ Étude sur la vie et les œuvres de Lope de VegaChapitre 84 sur 120 · SCENE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIÈRE

LA COMTESSE, DONA CONSTANCE, avec des mantilles.

DONA CONSTANCE

Pourquoi donc sortez-vous à pied dès le matin?

Le plaisir de marcher, et puis quelque dessein...

DONA CONSTANCE

Au bal de cette nuit vous étiez toute sombre.

LA COMTESSE

Sombre, non! mais pensive.

DONA CONSTANCE

Avez-vous, dans le nombre De tous nos beaux danseurs, su distinguer don Juan ? Entre tous il était encor le plus galant.

LA COMTESSE

Veux -tu donc me flatter ?

DONA CONSTANCE

A mes yeux, je le jure,

LES FLKURS I) K DON JUAN

Pojir lui la pauvreté n'était qu'une parure Qui faisait ressortir son visage charmant.

LA COMTESSE

Je serais pour l'aimer assez sotte vraiment.

DONA CONSTANCE

Ma foi, ne craignez pas que je vous en accuse.

LA COMTESSE

Moi. j'en rougis de honte, et surtout de la ruse Que je veux employer ce matin.

Et comment?

LA COMTESSE

Je veux, pour écouter certain pressentiment, Savoir si son esprit égale sa tournure ; Car s'il est quelque chose au monde, de nature A me désabuser de mon penchant pour lui, Ce sera, je le crois, de l'entendre aujourd'hui.

DONA CONSTANCE

Peut-être, auprès de vous, l'épreuve est difficile. Cependant son esprit est goûté de la ville ; Parlez-lui, le voilà.

LA COMTESSE

Pour Dieu ! cache-toi bien.

DONA CONSTANCE

Son compagnon le suit ; c'est à moi qu il revient.

LOVE DE VKGA.

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