DROIT DE LA GUERRE ET DE LA PAIX
Quare fremuerunt Gentes, et Populi meditati sunt inania ? — Astiterunt Reges terræ , et Principes convenerunt in unum, adversus Dominum, et adversus CHRISTUM ejus. — Dirumpamus vincula enrum : et projiciamus à nobis jugum ipsorum. — Qui habitat in cœlis irridebit eos : et Dominus subsannabit es. Reges eos in virga ferrea, et tanquam vas figuli confringes eos. Et nunc Reges intelligite : erudimini qui judicetis terram. Servite Domino in fimore : et exultate ei cum tremore apprehendite disciplinam.. .
Ps. 2. 1 à 5, 9 à 42.
Les fruits de la Justice sont semés dans la Paix par ceux qui font des œuvres de Paix, — D'où viennent les Guerres et les Procès entre vous? N'est-ce pas de vos passions qui combattent dans vos membres? Vous désirez sans fin, et vous n’obtenez rien; vous fuez et vous portez envie, vous disputez ; vous vous faites la Guerre
Jaco 5.18—4,1.2.
La Pensée philosophique du Droit, si bien exprimée par Cicéron : non a prœtoris edicto, neque a duodecim tabulis, sed penitüs ex intimä philosophiä hauriendam Juris disciplinam, frappa sans doute le moderne esprit de l’illustre Bacon. Ce grand homme conçut effectivement, dans ses majestueux plans de réformation, l’idée d'une Jurisprudence universelle. L'idéal du Juste, soit la théorie de la Justice, lui apparut comme ayant
servi de fondement aux Lois de tous les Peuples, ainsi
RE ON *° DRSux
que le prouve son fameux traité de l'accroissement des Sciences où nous lisons : Id nunce agatur, ut fontes Justrtiæ et utilhitatis publicæ petantur , et in singuhis Juris partibus character quidam et idea Justi exhibeatur, ad quem particularium regnorum et rerumpublicarum Leges probare, atque inde emendationem moliri quisque cu hoc
cordi erit et curæ possit.
Certes, les maximes de Bacon offrent une admirable synthèse des Principes qui doivent présider à la pensée et à l'expression des Lois, et se rapprochent beaucoup de la Jurisprudence naturelle ; mais elles ne touchent que fort légèrement à l'établissement du Droit naturel
et international.
Il était réservé à un Génie aussi vaste et aussi profond que celui de Bacon de concevoir le Droit dans sa source sacrée, de l’apercevoir dans les principes rationnels qui constituent la Nature de l'Homme. À Grotius appartient la sublime originalité d’avoir , dans son De Jure Belli ac Pacis, systématisé la plus utile des sciences, c’està-dire le Droit de la Nature et des Gens et les principes
universels du Droit publie.
Outre son mérite éminent comme production littéraire, le Droit de la Paix et de la Guerre, comme tous les Ouvrages de Grotius, a aussi l'avantage d'offrir une
expression latine toujours noble et vraie, et qui recèle
un art profond dans ia structure des phrases.
I faut rappeler au commencement de cette étude que le De Jure Belli ac Pacis fut composé de 1622 à 16925, ce qui donne la mesure de la vivacité d'intelligence en même temps que de l'application extraordinaire de notre Auteur. Qui ne sait que la France, toujours hospitalière, eut, à cette époque, l'honneur de recevoir dans son sein l’illustre réfugié de Hollande; et que ce fut dans notre Patrie que la pénétration et la droiture du jugement, l'amour de la Vérité etle courage de la dire, firent de Grotius l’Apôtre du Droit des Nations ? do Avant de démontrer que Grotius cherche le principe du Droit dans la convenance avec la nature rationnelle et sociable de l'Homme ; qu’il en conçoit l’idée surtout
comme un principe objectif, universel, éternel ; et,subsi-