‹ Étude sur la vie et les travaux de GrotiusChapitre 42 sur 65 · CG VIT · texte numérisé non relu

CG VIT

Rousseau se rapproche encore de Grotius par sa tentative pour trouver un Principe supérieur aux Volontés flottantes des [ndividus. Mais il lui est inférieur en ce point que ce Principe, dansle Contrat Social, n’apparaît que sous la forme vulgaire du Bonheur considéré comme but de la Société ou de l’État. Toutefois, par là, il contrebalance heureusement l'influence du rationa-

lisme subjectif de Kant.

On ne peut refuser au Philosophe de Kæœnigsberg le #

mérite d’avoir introduit une méthode plus rigoureuse

dans la Science du Droit. Mais, en se détachant, dans

le Moi, de tout ordre Objectif, tant physique que moral, pour trouver tout en soi et par so1; en se concentrant ainsi dans l’idée du Moi, sans apercevoir les liens Intimes qui l’unissent à la Réalité physique et spirituelle, Kant renferme toute sa pensée dans le Sujet; par là sa doctrine devient purement subjective ; et, ne saisissant aucune substance, aboutit, dans toutes ses ramifications,

à un pur Formalisme.

C’est là, selon nous, une manière de voir fausse et incomplète, et nous croyons que mieux vaut s’en tenir à la doctrine de Celui dont nous étudions les Œuvres, en considérant le Droit non seulement sous sa face subjective maïs encore sous sa face objective (Voyez Supra XXIX). Les théories de Kant répondaient parfaitement aux tendances individualistes qui se manifestaient dans toute l’Europe à l’époque où il écrivait. La réaction contre ces tendances n’a pas tardé à se manifester. Malheureusement ceux qui se mirent à la tête du mouvement, imbus de doctrines sensualistes, n’aboutirent qu'aux réveries monstrueuses du Socialisme ; et ces égarements n’ont pas peu contribué à retarder la chute du Formalisme de Kant et de Fichte. Les uns et les autres sont en deca et au delà de la Vérité, partant dans Perreur.

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