‹ Étude sur la vie et les travaux de GrotiusChapitre 54 sur 65 · XXII · texte numérisé non relu

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Dans le Verbe était la Vie, et la Vie était la Lumière des Hommes, ne sommes-nous pas ses êtres raisonnables : les premiers de tous? Mais le Verbe fût, avant que les bases du monde fussent posées, ce qu’il est et sera tou-

jours, le Principe fécond, la Pensée divine de toutes

choses. Il parut sur la Terre pour nous apporter la Grâce et la Vérité, Celui qui est l'Être renfermé dans l'Être ; Celui qui se fit entendre à nos Pères les avertit par ses menaces, les réveilla par ses reproches, les attira par ses chants. Ne fut-ce pas Lui qui fit entendre sa voix au milieu de l’ardent buisson, qui jeta l’épou-

yante par le feu de la colonne suspendue dans les airs ?

Effectivement le Désiré des Nations, annoncé pendant quarante siècles par une longue suite de Prophètes, le Verbe, sous l’auguste nom de Christ, se fit chair et habita parmi nous: pour être le Réparateur de l’'Humanité tombée, le Législateur des Peuples, la Lumière des Nations ; pour effacer l’iniquité de la Terre et remplir l'Univers de l'Esprit de Dieu. Et cela se fit il y a bientôt dix-neuf siècles, à l’époque où l'Humanité, travaillée par la corruption, était en grande souffrance et pressen-

tait le Renouvellement de sa face.

Et ce fut avec éclat que le Verbe parut dans le Monde : toute la nature lui obeit, les morts entendent sa voix, les démons frappés de sa puissance vont se

cacher loin de Lui ; les cieux s'ouvrent sur sa tête et

annoncent eux-mêmes aux Hommes, sa gloire et sa magnificence ; la boue entre ses mains rend la lumière aux aveugles ; tous les lieux par où il passe ne sont marqués que par ses prodiges. Il lit dans les cœurs et

voit l’avenir comme le présent : Personne avant Lui

n'avait parlé comme il parle, et le plus haut enseigne- |

ment que les Hommes peuvent entendre leur est donné.

Voilà sur la Terre la grandeur du Verbe fait chair.

Cependant quel Homme jouit jamais moins de cet éclat que l’'Homme-Dieu : de trente-trois ans, il en vécut trente sans paraître. Il passe pour un imposteur ; les prêtres et les principaux de sa nation le rejettent ; ses amis et ses proches le méprisent. Il meurt d’une mort honteuse, trahi par les siens, abandonné de tous. Ne fallait-1l pas la Victoire sur la Mort, la défaite des Principautés et des Puissances et le triomphe en la personne de Jésus-Christ? Qui comprendra dans son ignominie l’éclat de sa grandeur ? Lui seul a vaincu le Monde.

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