Lagier, p. 129 et
qu'un professeur de la faculté de droit de Rennes, Lesbaupin, disait à Toullier : « On voit bien que ce livre n'a pas été fait comme la plupart de ceux qui nous viennent de Paris. Tout y est profondément pensé, médité, rapprochée » D'ailleurs, on écrivait à Proudhon : « A la bonne heure ! Voilà donc enfin un bon livre. Puisse-t-il servir sinon d'exemple, au moins de leçon à cette cohue d'écrivassicrs qui, chaque jour, nous volent notre temps et notre argent 2. » On [raconte encore qu'un savant professeur en droit de Poitiers ne citait jamais l'auteur de V Usufruit, sans se découvrir en signe de respect. '^
L'expérience et le temps n'ont fait que confirmer ces éloges. Nous ajouterons même avec Toullier : 0 C'est un ouvrage consommé, qu'on ne surpassera point et qui surpasse tous ceux qui ont paru sur la même matière ^. » Et avec M. Goin : « Ce traité ne vieillira pas plus que les modèles qui l'ont inspiré ; le temps ne saurait rien y ajouter, puisqu'il a été écrit avec l'expérience des siècles ^. » Il est impossible de se défendre d'un juste sentiment d'admiration pour la vaste érudition de l'auteur, et la sûreté de ses opinions dont le plus grand nombre a été adopté par la jurisprudence de la Cour régulatrice. Nous ne saurions cependant nous dissimuler que, dans son Traité des droits d'usage, son zèle à défendre l'intérêt des communes lui a ôté parfois l'intelligence du passé et l'a entraîné dans de graves erreurs. Curasson les a signalées et a rétabli la vérité sur ces points obscurs des origines de notre histoire nationale. Le soin avec lequel il a mis au courant de la nouvelle législation le texte primitif de l'œuvre de Proudhon, fait do ce traité un guide précieux, tant pour les administrateurs de bois communaux que pour les magistrats appelés ù trancher des questions d'usage ou de servitude dans les forêts.
1. Toullier à Proudhon, lettre du 20 août 1824. Lagier, p. 14i.