‹ Étude sur la vie et les travaux de ProudhonChapitre 112 sur 134 · Ovid. De Ponto, lib. IH, élég · texte numérisé non relu

Ovid. De Ponto, lib. IH, élég

4. Parmi ceux-ci, nous devons citer, au premier rang, l'un de nos maîtres, M. Serrigny, ancien doyen de la faculté de droit de Dijon, qui fit faire tant de progrès à la science du droit administratif.

Publiée en 1833, la première édition du TraÀté du domaine public avait fait son temps, lorsqu'on 1844, un élève de Proudhon, Victor Dumay i, qu'il avait, de son vivant, désigné pour le suppléer ~ en donna une seconde. Jurisconsulte distingué,

1. Victor Dumay, notre parent, naquit à Dijon le 24 août 1798 Son père, Jacques Dumay, avocat au Parlement, homme de mœurs antiques et patriarcales, présida lui-même à son éducation. A quatorze aus il avait Gni toutes ses classes, et quand il dut choisir une carrière il n'eut pas d'autre ambition que de marcher sur les traces de son père. Avocat de mérite, Victor Dumay sut se concilier l'affection de ses confrères, qui le choisirent plusieurs fois pour leur bâtonnier; savant jurisconsulte, il publia un Commentaire de la loi du 21 mat 1836 sur les chemins vicinaux, suivi d'un traité sur les alignements. et donna la seconde édition du Traité du domaine public, de Proudhon; administrateur distingué, il fut appelé par les suffrages de ses concitoyens à siéger au conseil municipal et nommé par le gouvernement, en 1833, adjoint, puis, en 1837, maire de la ville de Dijon, fonctions qu'il exerça jusqu'au 24 février 1848 avec un zèle et une abnégation que l'amour du pays natal est seul capable d'inspirer. La croix de la Légion d'honneur fut la récompense de son dévouement. Au nombre des œuvres d'utilité générale auxquelles il attacha son nom, nous devons signaler tout particulièrement l'établissement des fontaines publiques, travail immense qu'il parvint à réaliser en une année, grâce au concours dévoué du préfet de la Cô(e-d'Or, A. Chaper, et de l'ingénieur en chef du département, Henri Darcy. Homme d'études, aucune branche des connaissances humaines ne lui était étrangère : l'histoire, l'archéologie, la philologie, la statistique, la physiologie, l'anatomie même, s'étaient partagé ses loisirs. Les Mémoires de la Commission des antiquités de la Côte-d'Or et ceux de l'Académie de Dijon dont il était président au moment de sa mort, renferment un grand nombre de ses travaux. L'homme privé était au niveau de l'homme public; religieux sans ostentation, attaché avec une foi toute chrétienne aux principes que lui avait légués son père, obligeant, conciliant, accessible à tous, il pratiquait le bien sans attendre d'autre rémunération que le témoignage de sa conscience. Victor Dumay fut frappé d'une attaque d'apoplexie foudroyante à l'âge de cinquante ans, le 29 juillet 1849, au moment où il se reposait auprès de l'un des bassins dont il avait doté sa ville natale. Ses concitoyens reconnaissants donnèrent son nom à la rue qu'il avait habitée. Il laissait un frère, Aimé, mort en 1858, conseiller à la cour impériale de Dijon et membre du conseil général de la Côte-d'Or.

2. On lit en effet, sur le verso du faux titre de la première édition du Commentaire de la loi sur les chemins vicinaux, publié par Victor Dumay en juillet 1836, c'est-à-dire du vivant de Proudiiou, ces mots : «Ce commentaire fait le complément du second volume du Traité du domaine public, par M. Proudhon. »

administrateur d'une grande cité, formé aux leçons et au contact du maître, Victor Dumay était l'homme le plus capable de mener à bien cette difficile entreprise. Tout en conservant l'ensemble du texte primitif de l'auteur, non-seulement il corrigea quelques négligences de style, ajouta quelques notes, retrancha quelques longueurs, mais encore il mit le travail de Proudhon au courant de la législation nouvelle ; en un mot, il s'acquitta si habilement de sa tâche, qu'il est difficile aujourd'hui, de distinguer l'œuvre de l'élève de celle du maître et que leurs noms, comme leurs travaux, sont devenus inséparables.

On ne pourrait donner une idée complète du Traité du domaine public sans en refondre entièrement les premiers chapitres. Que reste-t-il, en effet, dans nos codes, de la législation administrative de 1844? Excepté les principes généraux du droit public, qui sont eux-mêmes chaque jour en butte aux violentes attaques de certains partis politiques, tout est changé.

C'est ainsi qu'en posant pour base de notre droit la séparation du pouvoir administratif et du pouvoir judiciaire, Proudhon et Dumay étudient les principes de la Charte de 1830. Combien do régimes différents la France n'a-t-elle pas subis depuis lors? Et qui donc aujourd'hui, avec le provisoire sous lequel nous vivons, aurait le courage de commenter nos lois constitutionnelles ?

Suivrons-nous l'auteur dans son étude sur l'article 75 de la Constitution de l'an VIII, dont nous trouvons la source dans les lois de 1790? Ce serait encore un travail stérile, puisque notre dernière tourmente révolutionnaire a détruit cette garantie tutélaire de tous les fonctionnaires. *

Nous trouverions aussi bien des changements à signaler dans la législation sur les attributions des conseils généraux ^ et sur les conseils de préfecture, notamment en ce qui concerne

1. Décret du gouvernement de la Défense nationale des 19-21 sept. 1870.

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