‹ Étude sur la vie et les travaux de ProudhonChapitre 129 sur 134 · M. de Corbière · texte numérisé non relu

M. de Corbière

la capacité de leurs professeurs. 11 me revient de toutes parts que la magietrature, le barreau, l'École, regardaient la nomination de M. Serrigny comme certaine.

11 a d'ailleurs paru inouï à tout le monde que, pour donner son bâton de maréchal à un docteur de vingt-six ans qui a devant lui un immense avenir l'on ait pu se déterminer à briser impitoyablement l'existence d'un honorable père de famille entièrement dévoué à l'accomplissement de ses devoirs et ayant donné, suivant ceux qui étaient le plus prévenus contre lui, des preu'ves gemmées, irrécusables, d'une haute capacité : car M. Serrigny, pour ne pas être obligé de suppléer celui qui a été son élève, a remis sa démission entre les mams de M. le doyen, personnellement navré du résultat du concourset comme j'ai à combattre toute sa famille, j'ai fait jusqu'à présent de vains efforts pour le dissuader de donner suite à cet acte par lequel il perdrait entièrement le fruit de vingt ans de travaux.

Veuillez agréer l'expression de la considération distinguée avec laquelle j'ai l'honneur d'être

Votre très humble et très obéissant serviteur,

MORELOT,

Professeur à l'École de droit.

Extrait du Journal de la Côte-d'Or du 14 juin 1837.

LU

Protestation d'un groupe d'étudiants.

Dijon, le 13 juin [1837].

Au Rédacteur.

Monsieur, vous avez été mal informé en annonçant, dans votre numéro du 11 juin dernier, que la nomination de M. Belime à la chaire de droit romain avait été accueillie par des suffrages universels.

Il est certain, au contraire, qu'un grand nombre de ceux qui ont suivi le concours, tout en rendant justice au talent distingué de M. Belime, altendaient une autre sentence. Il est certain encore qu'il y a eu partage entre les juges et que le candidat élu ne l'a emporté que d'une seule voix. M. Serrigny s'était montré dans toutes les épreuves tellement supérieur à ses deux concurrents, et dix ans de services rendus dans la suppléance, semblaient un titre si puissant en sa faveur que la plupart souriaient à l'espérance d'entendre son nom proclamé par notre vénérable doyen.

Nous sommes persuadés. Monsieur le Rédacteur, que vous vous empresserez d'insérer cette lettre dans votre journal ; c'est un acte de justice que les étudiants soussignés veulent rendre public.

(Suivent 32 signatures.) Extrait du Journal de la Côte-d'Or du 14 juin 1837.

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