TOULLIER
Orig. Arch. fam.
Protestation de M. Morelot. Lettre au Rédacteur du Journal de la Gôte-d'Or.
Dijon, le 11 juin 1837, Monsieur,
Je dois, pour l'honneur d'un collègue qui, malheureusement, va bientôt cesser de l'être, relever une grave inexactitude, certainement involontaire de votre part, dans l'article que vous avez publié au sujet du concours qui vient de se terminer par la nomination de M. Belime à la chaire de droit romain.
M. Belime est, sans aucun doute, un jeune homme plein de talents, et si, comme je l'espère, il n'est distrait de ses fonctions par des travaux étrangers au droit, il deviendra un excellent professeur. J'ai moi-même contribué puissamment, je crois, à le faire entrer à l'École comme professeur suppléant. Mais il n'est point vrai que la sentence qui, après un court noviciat, le nomme professeur en titre, à l'exclusion de son ancien qui a blanchi sous la robe et rendu d'inappréciables services à l'École, ait été, comme le porte l'article en question, approuvée par tous ceux qui ont suivi le concours.
Vous saurez d'abord. Monsieur, que le procès-verbal de nomination constate que, sur sept suffrages, M. Serrigny en a obtenu trois, et j'ai lieu de croire que ce ne sont pas les moins imposants.
Vous saurez ensuite que moi, ancien professeur, qui n'ai pu siéger parmi les juges du concours, conjointement avec M. Ladey fils, j'ai pensé que, même en faisant abstraction du droit acquis, M. Serrigny devait incontestablement l'emporter, comme ayant montré plus de science et professé des doctrines plus saines, sinon avec la même grâce, du moins avec la même clarté que son jeune et heureux rival, et avec plus de chaleur et de conviction ; et je voyais mon opinion partagée par tous ceux de mes confrères au barreau que j'ai trouvés là, et par l'immense majorité des élèves, notamment par tous ceux de troisième année, plus à même que les autres de juger de