Const. du 24 juin
3. La première section était présidée par M. Lescot, jurisconsulte éminent, qui fut appelé depuis à la présidence de la cour d'appel de Besançon. (Curasson, p. 10.)
ajourné et l'Assemblée législative invita Condorcet à préparer un plan nouveau qui aboutit au décret du 29 frimaire an II (19 décembre 1793) bientôt modifié par celui du 27 brumaire an III (17 novembre 1794).
Pendant toutes ces discussions stériles, l'enseignement n existait plus en France. Un décret du 15 septembre 1793 avait supprimé les universités déjà dépouillées de leurs biens au mois de mars précédent K Les guerres incessantes soutenues à l'étranger ne permettaient pas de s'occuper d'administration intérieure, et c'est seulement à la suite des décrets du 7 ventôse an III (25 février 1795) et du 3 brumaire an IV (25 octobre 1795) que les écoles centrales furent organisées. ^
Celle de Besançon fut installée dans l'ancien collège des Jésuites et c'est là que Proudhon, moyennant le modique traitement de 2,000 livres, donna ses leçons pendant l'éphémère durée de ce nouveau système d'enseignement ^. Grappe, son concurrent heureux de 1789, et Clerc, qui devint plus tard procureur général, n'avaient pas accepté cette chaire à laquelle ils furent successivement appelés avant lui. ^
1. Henri Beaune et Jules d'Arbaumont, les Universités de Franche-Comté; Dijon, Marchand, 1870, p. ccxcvi.
2. 11 y en avait une par département. L'enseignement y était divisé en trois sections. Dans la première on enseignait le dessin, l'histoire naturelle, les langues anciennes et les langues vivantes; dans la deuxième, les éléments de mathématiques, de physique et de chimie expérimentales; dans la troisième, où l'on ne pouvait entrer qu'à l'âge de seize ans, on enseignait la grammaire générale, les belles-lettres, l'histoire et la législation (décret du 3 brumaire an IV, litre ii, art. 2;, L'art, l^r du titre m du même décret annonçait la création d'écoles spéciales de science politique, dans lesquelles la législation devait être comprise. Mais cette seconde partie du décret ne reçut pas d'exécution.
3. Le professeur de législation fut installé dans l'ancienne salle de physique {V. pièce justif. n° Xlll). C'était, dit Droz {Recherches historiques sur la ville ds Besançon, Collège, Ecole centrale, Lycée; Besançon, Roblot, d869, in-S", p, 74), la première classe du fond de la cour à gauche.
4. Grappe, nommé par décision du 13 floréal an IV (3 mai 1796) devint bientôt président du district de Besançon. Son successeur, Pierre-Michel- Dorothée Clerc (17 prairial an IV, — G juin 1796) préfère rester au barreau et refuse.
C'est clans le courant de brumaire an V (octobre 1796) qu'on fit à Proudhon les premières ouvertures à ce sujet. Il en fut vivement touché et eût accepté, sans hésiter, des fonctions qui lui permettaient de reprendre un genre d'études en harmonie avec son esprit et ses goûts, si un scrupule ne l'eût arrêté. Il était juge au tribunal du département et ne voulait quitter sa charge qu'au mois de germinal suivant, pour la remettre au corps électoral de qui il tenait sa nomination. Une transaction intervint, Proudhon consentit à faire provisoirement son cours jusqu'en germinal et ù n'accepter définitivement qu'à cette époque les nouvelles fonctions qui lui avaient été conférées à l'unanimité par le jury d'instruction. Aussi, bien que la décision qui le nommait professeur à l'école centrale fût prise dès le 2 frimaire an V(22 novembre 1796) sur le rapport du citoyen Millot * et approuvée le 22 du même mois (12 décembre) par un arrêté de l'administration centrale du département du Doubs ~ notifié le 24 au titulaire ^, son installation officielle n'eut heu que le 28 floréal an V (17 mai 1797) par le citoyen Kilg, président de ladite administration. ^
Ce n'était pas une mince besogne que d'enseigner le droit en 1797. Et d'abord, un seul homme, si éminent qu'il fût, pouvait-il suffire à porter ce lourd fardeau? A la vérité, la plupart des professeurs de législation se bornaient à expliquer quelques maximes du droit public inventé par les utopistes de la Révolution. Proudhon prit à cœur la mission qui lui était confiée; les lois n'avaient aucune fixité, elles se succédaient avec une rapidité telle que ce qui était permis la veille devenait prohibé le lendemain. Grâce à une excellente mémoire et à un
1. Et noQ du citoyen Rambour, comme le dit M. Estignard, p. 286. Rambour fut le rapporteur devant l'administration centrale. (V. Pièces justif. n" XI et XII.)