Proudhon, Guichon de Grandpont et Poncet
4. V. Pièce justif. n" XXIIl. — Voici quelle fut la eomposition primitive de l'École de droit de Dijon : première chaire de code civil, Proudhon; deuxième, Bretin; troisième, Guichon de Grandpont; chaire de droit romain, Guillemot; législation criminelle, Poncet; première suppléance, Jacotot; seconde, Ladey. — Bretin, qui n'accepta pas, fut remplacé par Joly, aussi membre de l'ancienne Université.
5. Voir la Gazelle nationale ou Moniteur universel, n° 97, du lundi 7 avril 1806, p. 399. Ce décret est daté des Tuileries.
A peine Proudhon connaît-il sa nomination, qu'il se rend à Dijon, pour hâter la mise en activité de la nouvelle école; mais les bâtiments de l'ancien collège des Godrans qui lui sont affectés par le décret du 23 brumaire an XIV (13 novembre 1805), tombent en ruine; l'école de dessin, un peintre, des professeurs du Lycée, en occupent une partie; les pièces vacantes sont dépourvues de meubles ; le directeur et le secrétaire doivent être logés dans l'intérieur de l'école, leur appartement n'est pas prêt; les professeurs ne savent à qui s'adresser pour toucher leur traitement de 3,000 fr. L'administration municipale accorde avec parcimonie les fonds nécessaires aux réparations.
Proudhon ne se laisse pas arrêter par ces difficultés matérielles ; son zèle et son dévouement, secondés par les encouragements du directeur général de l'instruction publique * pourvoient à tout : la caisse de l'Ecole n'est pas riche, elle s'ouvrira cependant pour subvenir aux premiers besoins. On se contentera provisoirement des salles vacantes; on louera, « à 18 francs par mois, des fauteuils et des chaises pour placer dans la grande salle où il n'y avait que les quatre murs 2. » Le directeur abandonnera provisoirement son droit à un logement, moyennant l'engagement pris par la ville de lui payer une indemnité annuelle de 600 fr. •'', engagement qui ne sera jamais tenu, et le secrétaire acceptera le modeste local qui lui est assigné. *
Dès le 4 juin 1806, les professeurs récemment nommés prêtent serment devant la cour d'appel ■' et font, à partir de
1. Lettre de Fourcroy, du 21 juin 180G. V. Pièce just. n" XXIV.
2. Rapport de Proudhon sur la situation de l'École de droit de Dijon, depuis son installation, en juin 1806, jusqu'au iO septembre de la même année. (Arch. fam.)
3. Délibération du conseil d'administration de l'École de droit à laquelle prennent part le préfet de la Côte-d'Or et le maire de Dijon; séance du 23 juin 180G. V. Pièce justif. n" XXV.