Rapport de 1806, déjà cité
2. En vertu de l'art. 21 de la loi du 22 ventôse an XII (13 mars 1804).
3. Absence des professeurs, défaut de costumes, vacances de la cour d'appel, attente du premier président Larcher. (Rapport de 1806, déjà cité.)
4. Après avoir longtemps servi de salle pour la tenue des assises de la Côte-d'Or, l'Audience est destinée à la première chambre de la cour d'appel.
5. Lesage, juge en la cour d'appel, membre du conseil de discipline de l'Kcole de droit, nommé pour présider la séance en l'absence de M. Virely, doyen d'honneur, absent pour cause de maladie. Louis Lesage est né à Couclies-les-Mines le 4 juin 1734. Il fut successivement avocat au Parlement, en 1758; juge au district de Dijon, en l'an III; juge au tribunal civil de la Côte-d'Or, en l'an IV; juge au tribunal d'appel de Dijon, en l'an VIII; conseiller à la cour impériale h sa création, le 6 avril 1811. (V. son Éloge prononcé par M. Nault, en 1817, et {'Annuaire de la Côled'Or pour 1864, p. 307.)
de la barbarie. C'est seulement par renseignement, que l'homme peut acquérir tout le développement de ses facultés. Si la force des armes peut conquérir et fonder des empires, il n'appartient qu'à la puissance des lois de les conserver.
» Combien, d'ailleurs, l'unité de législation, récemment décrétée, ne doit-elle pas contribuer au bonheur social ?
»Hâtons-nous donc de jouir d'un bienfait si longtemps désiré.
» Mais, pour arriver à ce résultat, il faut réparer les années perdues pour l'instruction. La création des nouvelles écoles facilitera cette tâche.
» Eclairer les citoyens sur leurs droits envers le corps social et leurs devoirs envers la patrie ; former des magistrats et des jurisconsultes, voilà la fin de notre institution. »
Proudhon analyse ensuite les devoirs des professeurs, passe rapidement en revue les diverses branches du droit et en indique l'utilité. Puis, s'adrcssant aux élèves, il les encourage au travail, en leur proposant « l'exemple de leurs frères qui moissonnent des lauriers au champ d'honneur. »
a C'est parmi les braves, qui se distinguent dans les armées par leur courage, que le chef de l'Empire, à qui rien n'échappe, choisit ceux qui doivent être élevés aux dignités militaires ; c'est aussi parmi vous qu'il choisira un jour les hommes les plus distingués par leur science et leurs vertus, pour les élever aux dignités de la magistrature. »
Mais ce n'est pas là ce qui constitue le grand citoyen. Proudhon ajoute, avec cette droiture de sentiments et cette loyauté native qui forment le fond de son caractère :
a Jeunes élèves, souvenez-vous que la science sans la sagesse, les talents sans la probité, ne sont que des présents funestes. S'ils peuvent éblouir quelque temps, leur règne doit être court, parce que tôt ou tard la vérité perce, et dès que le masque tombe, l'homme est à jamais précipité. «
Personne mieux que Proudhon ne pouvait donner ces conseils; sa vie en avait été jusque-là, comme elle en fut plus tard, la constante pratique.
— Tell termina son discours en montrant la France, naguère déchirée par les factions, jouissant de la sécurité la plus parfaite sous la sauvegarde des lois ; — l'industrie et le commerce protégés; — la gloire du nom français retentissant jusqu'aux extrémités de la terre.
« Mais à qui devons-nous tant de bienfaits? A l'auguste monarque qui nous gouverne. « ^
Le professeur de droit romain, Guillemot -, prononça ensuite, selon l'ancienne tradition, un discours écrit en latin très pur et très correct, sur l'importance des armes et des lois pour la conservation des empires. ^
Deux jours après, les cours sont ouverts dans l'unique salle garnie de bancs. *
Les premières années qui suivirent la création des écoles de droit, furent une période d'essai de la part du gouvernement. On tenta diverses méthodes, sur lesquelles les membres de l'enseignement supérieur furent consultés. Nous verrons combien étaient sages et pratiques les idées de Proudhon, en étudiant les nombreux rapports qu'il adressa au directeur général do l'instruction publique, sur ces questions.
Une première atteinte fut portée à l'indépendance des écoles, par la création de l'Université impériale. (Loi du 10 mai 1806 ;
i. Procès-verbal de l'ouverture solemnelle de l'Ecole de droit de Dijon; Dijon, Bernard-Defay, 1806, iu-4o, p. 7 et suiv.
2. J.-B. Guillemot, né le 13 février 1754 à Savigny-sous-Eeaune, reçu docteur-agrégé à l'Université de Dijon en 1783, fut successivement président du tribunal de Beaune de 1790 à l'an IV, député de la Côte-d'Or en 1795, professeur de droit romain en l'an XII, président du tribunal d'appel de Dijon en l'an XIII, juge à la cour d'appel en 1810 et président de chambre à la cour impériale en 1811. (V. son Éloge prononcé par M. Legoux en 1838, les Mém. de l'Acad. de Dijon, année 1856, p. 11, et V Annuaire de la Côte-d'Or pour 1864, p. 390.)