‹ Étude sur la vie et les œuvres de Lope de VegaChapitre 57 sur 103 · SCENE XV · texte numérisé non relu

SCENE XV

Les mêmes, DURANGO.

DURANGO

Ma foi ! c'est un bon animal !

La bête vigoureuse, et l'excellent cheval I Q mériterait mieux que celui d'Alexandre Qu'en un tombeau de marbre on déposât sa cendre.

LA COMTESSE

Arrivez donc au fait.

DURANGO

Madame, à Juan de Fox J'avais de mon message à peine dit deux mots, Que ses deux éperons à la fois s'enfoncèrent Aux flancs de son cheval, et tous deux s'élancèrent... Mais au bout de la rampe il fallait l'arrêter Ou sauter dans la mer... Il l'a laissé sauter;... La vague, en se brisant, les a couverts de neige. Ils sont morts, disait-on, si Dieu ne les protège ; llaî« bientôt de don Juan on a vu les cheveux, Puis la tête, et le front de son cheval ;... tous deux

Hff^n

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Lutlaient... l'un en parlant, l'autre en soufflant; la bêle

Rejetail l'onde amère en secouant sa tète,

El l'homme, en s' attachant au cou de son cheval.

Pour mieux l'encourager parlait à l'animal.

Enfin nos deux nageurs arrivent au rivage

Où de pauvres pÈcheurs, pour un prochain voyage.

Réparaient leur filets ; à peine l'ont-ils vu

Qu'ils lui prêtent soudain un secours imprévu.

Et, l'ayant emporté dans leurs pauvres chaumières,

Le réchauffent sans doute au feu de leurs hruyères.

Chez ces braves p&cheurs retournez sans retard. Voyez-le, mon ami ; donnez-lui de ma pari, Pour mieux le réchauller ce manteau de fourrure.

scmE XVI.

Les hëhes, moins DURANGa

Demandez la voiture.

Vous ne voulez donc plus jouir de la fraîcheur. Ce récit a jeté le trouble dans mon cœur.

El vous voulez...

Partir...

DONA^ CONSTANCE

Ah! quelle inquiétude»

Et s'il allait mourir d'une chute si rude I

le voulais seulement plaisanter avec lui ; Et cet événement me cause un tel ennui...

DONA INÈS

Eh ! qu'importe qu'il meure, il était misérable ; En l'envoyant mourir, votre main secourable L'aura tiré plus tôt du purgatoire humain'.

LA COMTESSE

En être, moi! la cause, ahl c'est là mon chagrin... Je veux tenter pouf lui ce qu'il convient de faire, Le sauver du danger, secourir sa misère.

(Bêvant,)

Àh ! si je n'étais pas la comtesse de Flor, Si le ciel m'eût donné mon cœur pour tout trésor, Ou bien me rendît pauvre en me laissant jolie... Je crois

DONA CONSTANCE

£té bien I

LA COMTESSE

• Tais-toi, je dis une folie I Tiens, ne m'en parle plus ; une telle action Ne doit point se payer par une illusion.

(JBlles sartenu)

LOPE DE VEG*.

CHANGEMENT A VUR Le rivage de la mor et une cabane île [i

DON lUAN, la Ifto mouilléo et lo corps enveloppa dans une ri^t gasconne; GERMAIN, LACRIKO, ALBERTO, PiSANO, PÈCHEima.

Sans dégoût vous pouvez ici, mon genlithomme, Dn moment vous conoher et faire nn pelit somme.

Ah I je n'en doute pasl mais jen'^ii pas sommeil.

Quelle ostentation : Vil-oii rien de pareil I S'il ne se couche pas c'est par délicatesse; Ne le suf&t-il pas d'une seule prouesse 7

Laisse-moi donc, Germain, Je suis Je veux rester debout et me sécher

Veux-tu mourir?

Nigaud I à la fin

Irès-bien i( ainsi.

tu m'ennuies.

Lorsque pour la santé je veux que tu t'essuies, 'e te mets en »

Je n'ai besoin de rien.

LAURINO,

La jeunesse est ainsi : je la reconnais bien, Jamais obéissante et toujours téméraire.

GERMAITV.

B en mourra, c'est sûr 1 voyez la belle affaire,

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