SB LOPE DE VKGK
Oue 80«l mille ducats pour remplir un devcti
Oui doit vuus hoDorer. puisqu'il s'agit d'ua (rère
Nous sommes tous les deux nés de la même mère,
Hais de cette fïçon que toi, tu vis heureux,
La /orlune obéit au moindre de tes vœux
Et te permet d'aller jusqu'à l'extravagance,
Tandis que moi, du sort je subis l'exigence,
Panvre, nécessiteux à ce point d'envier
Tes valets d'écurie et ton palefrenier.
Cinq cents réaux à moi, gentilhomme et son frère 1
Est-ce la charité que tu prétends me faire ?
Car ce n'est qu'une aum6ne, et moi, je prétends bien
Que tu dois me donner mille ducats ou rien.
Hé I la somme, après tout, te paraît-elle énorme.
Quand on va sur le corps s'agrafer l'uniforme ?
re? ^
L'orgueil impertinent avec la pauvreté Font un si bon accord, qu'ils ont, en vérité. L'audace de penser qu'on leur doit quelque chose ; Parbleu, je te pairai I
(Il fait mine de toucher «on épée.)
Souffrez que je m'oppose...
Héquoil lirerl'épée, un frère... y pensez- vous î
Ce n'est qu'un mendiant I Vive Dieu, laissez-nous.
Tu dis vrai, je le suis grâce à ton cœur barbare, Kt, pour m'ôler ce nom, ta main est trop avare. Tu montres ton épée... Ahl n'y mets pas la main, Ou tu m'obligerais a te montrer soudain Que le plus mendiant, c'est toi,... car, sur mon àme,
De ton pourpoint de soie et de la chair infâme, Je ferais des lambeaux.
DON ÂLONzo, qtte don Luis et Leonardo retiennent.
Laissez ! j'en veux finir; Laissez, Leonardo.
DON JDAN.
Laissez-le donc venir.
DON LUIS, retenant Atonzo.
Vous perdez la raison.
DON ALONZO
Non, non I je veux qu'il meure.
DON JUAN
De faim ! c'est plus probable et par raison majeure.
DON ALONZO, se maîtrisant.
Bon Juan, écoute-moi, je suis calme à présent.
DON JUAN
Annonce-moi ta mort, ce sera plus touchant.
DON ALONZO
Tiens ! si tu reparais encor dans ma demeure, Mes laquais te mettront en vingt- pièces sur l'heure.
DON JUAN
Quel foudre 1
« DON ALONZO
Ne yiens pas, il t'en pourrait coûter.
DON JUAN
J'irai, comme Lazare, afin de disputer
Aux chiens du mauvais riche un restant de sa ial^e.
Ose me regarJur en face, niiscrable [
DON iiiK's, froidement.
Je le (ais volontiers, mais je ne croyais pas Trouver tes Iraits si faux, si loties et si bas. Dieu récompensera ma langue patience.
Ailieul
lit lui le
J'csp6re bien, un jour, ;'i la potence Voir pendre ce garçon.
DON LUIS, entrataani Atatao.
fié I messieurs, c'est as3e2. Rentrons I je vous emmène; Alonzo, linissez.
{non Lttis et Leoitarilo eiilrnineiil don Alonzo el soi-i