‹ Étude sur la vie et les œuvres de Lope de VegaChapitre 78 sur 103 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LA COMTESSE, DONA CONSTANCE, avec des mantilles.

DONA CONSTANCE

Pourquoi donc sortez-vous à pied dès le matin ?

LA COMTESSE

Le plaisir de marcher, et puis quelque dessein...

DONA CONSTANCE

Au bal de cette nuit vous étiez tonte sombre.

LA COMTESSE

Sombre, non I mais pensive.

DONA CONSTANCE

Avez-vous, dans le nombre De tous nos beaux danseurs, su distinguer don Juan ? Entre tous il était encor le plus galant.

LA COMTESSE

Veux-tu donc me flatter ?

DONA CONSTANCE

A mes yeux, je le jure,

Pour lui la pauvreté n'était qu'une parure Qui faisait ressortir son visage charmant.

Je serais pour l'aimer assez sotte vraiment.

DONA GONSTAISGE.

Ma foi, ne craignez pas que je vous en accuse.

LA COMTESSE

Moi, j'en rougis de honte, et surtout de la ruse Que je veux employer ce matin.

OONA CONSTANCE.

Et comment?

LA COMTESSE

Je veux, pour écouter certain pressentiment, Savoir si son esprit égale sa tournure ; Car s'il est quelque chose au monde, de nature  me désabuser de mon penchant pour lui, Ce sera, je le crois, de l'entendre aujourd'hui.

DONA CONSTANCE

Peut-être, auprès de vous, l'épreuve est difficile. Cependant son esprit est goûté de la ville ; Parlez-lui, le voilà.

LA COMTESSE

Pour Dieu 1 cache-toi bien.

DONA CONSTANCE

Son compagnon le suit ; c'est à moi qu il revient.

438 LOP£ DE V£GÀ.

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