‹ Étude sur l’Anatomie comparée des LombricidesChapitre 26 sur 55 · CUTICULE · texte numérisé non relu

CUTICULE

La cuticule est très difficile à étudier si on ne prend pas la précaution de l’isoler du corps du Zombric.

Plusieurs procédés ont été décrits: Vor el YuxG [87] recommandent de laisser macérer le Lombricide dans l'acide chromique ou la liqueur de MULLER. l

Ce procédé ne nous satisfait pas parce que la culicule est absolument réfractaire à toute coloration et que l’acide chromique augmente encore celte difficulté, la plupart des colorants d’aniline étant précipités par l'acide chromique.

De plus les préparations à l'acide chromique perdent leur coloralion dans la glycérine.

La cuticule ne se colorant donc que très peu dans les réactifs usuels, nous avons cherché un procédé qui permette de l’étudier facilement. |

Après avoir fixé le Ver, nous le laissons macérer pendant quatre où eng mois dans de l'alcool à 25°,

(1) Récolté aux environs de Dieppe par M. Péaor.

ANATOMIE DES LOMBRICIDES. 227

Lorsque l'alcool a pris une teinte brunâtre on retire le Ver dont la cuticule se détache facilement.

On porte la cuticule dans l’eau distillée et on l’agite afin de laver convenablement: puis on colore la euticule dans une solution de violet de genciane dissoute dans 5°/, d’eau et on l'y laisse quarante huil-heures, au moins : on passe ensuite plusieurs fois la cuticule dans la liqueur de GRaMM pendant {rois minutes au moins.

On lave de nouveau à l’eau distillée, mais rapidement et prenant la précaution d’agiter fortement la cuticule dans le liquide ; il ne reste plus qu’à préparer à la glycérine.

Les préparations à sec donnent parfois de bons résultats.

Par ce procédé on oblient une préparation qui peut s’étudier à l'objectif à immersion 12.

On remarque alors les petites stries mentionnées par les auteurs. Elles forment de petits carrés et ont à chaque angle un petit orifice que l’on a pris à tort pour un canal porique ; outre cela, à l'objectif n° 2, on voit de grandes lignes transparentes formant elles aussi des carrés mais beaucoup plus grands.

De sorte que la cuticule du genre Lumbricus préparée comme je viens de le décrire présente : 1° de grandes lignes transparentes se coupant à angle droit; visibles à l'objectif n°2: 2° de petits stries foncées se coupant aussi à angle droit dont les lignes sont parallèles à celles décrites plus haut et que l’on ne distingue qu'à l'objectif à immersion n° 12.

La disposition de ces stries par rapport aux anneaux peut varier selon les espèces.

Les grands carrés peuvent même manquer; dans le genre Lumbricus elles forment avec l'anneau un angle de 60 degrés.

La partie inférieure de la cuticule adhère parfois à une couche très mince de malières amorphe qui est limilée aux stries ellesmêmes ; cette matière moulée dans les stries s’en détache parfois en reproduisant les dessins de la cuticule.

EPIDERME (Fig. 2, 3, 4, 5, 6).

Quelques auteurs l’ont appelée hypoderme. Il n'y a pas très longtemps que l’on connaît l’aspect histologique de ce tissu.

228 E. DE RIBAUCOURT.

Les auteurs jusqu’en 1889 se sont bornés à mentionner deux sortes de cellulles : a) des cellules cylindriques; D) des cellules glandulaires séparées par des espaces clairs.

Veypowsxy a bien dessiné ce tissu; il ya mentionné en particulier chez AUolobophora (Dendrobæna) rubida de grosses cellules glandulaires, de chaque côlé des soies, des cellules de soutien de l’épiderme formées par un élément histologique bipolaire, se terminant aux deux pôles par des filaments et enfin de faisceaux d'organes tactils terminés en pelils bâtonnets faisant saillie à l’extéde la cuticule.

J'ai constaté que cette disposition relativement simple est en réalité plus compliquée.

C’est ainsi que les glandes mentionnées aux environs des soies se retrouvent sur toute l'étendue de l’épiderme, spécialement sur les parties ventrales latérales.

Dans le genre Lumbricus, j'ai pu constater qu'outre les faisceaux nerveux épidermiques (organes tactiles) il existait des fibres nerveuses séparées s'épanouissant dans l’épiderme.

Leurs terminaisons vont aboutir à de très petites cellules nerveuses siluées sur.le bord inférieur de l’épiderme.

De plus, les espaces clairs silués entre les cellules de soutien et que l’on à pris pour des espaces lacunaires, sont en réalité remplis d'une subslance granuleuse, se colorant à l’hématéine assez difficilement. |

Au point de réunion de chaque anneau l’épiderme est beaucoup plus mince que sur l'anneau, et la couche de cellules qui compose l'épiderme à ce niveau-là est extrêmement glandulaire ; parfois même elle n’est formée que de cellules glandulaires.

Exemple : Lubricus castaneus, Allolobophora fœtida.

Au contraire, chez Allolobophora turgida var. minima cette partie de l’épiderme est formée par de simples cellules carrées à gros noyaux disposées sur une seule rangée; au reste il existe des variations dans la disposition de ces glandes suivant les genres.

C'est ainsi que si l’on colorée simultanément à l’hématéine et à l'éosine des coupes frontales d'Allurus, on constatera que les anneaux de l'avant sont relativement pauvres en glandes landis que ceux du reste du corps sont au contraire très riches en glandes.

ANATOMIE DES LOMBRICIDES. 229

L'épaisseur de cette couche épidermique varie du reste suivant les genres.

Dans le genre Lumbricus (fig. 2) elle est considérable,

EE, FiG. 2. — Lumbricus ; épiderme ; A cellule glandulaire ; B cuticule; C fibre nerveuse et sa base D ; E couche circulaire ; F cellules intersegmentaires ; 5)

G. cellules épidermiques TS (1).

Dans le genre Allurus elle est assez épaisse et les cellules de soutien sont très allongées (fig. 5, 6).

Chez Allolobophora turgida var. minima elle est moins épaisse et elle se réduit entre chaque anneau à une couche très mince de cellules aplaties à gros noyaux (fig. 4).

Ces cellules sont relativement larges, tandis que chez Allolobophora rosea elles sont allongées (fig. 3). Au reste, la différenciation cellulaire est toujours plus considérable à la partie moyenne de l’anneau qu’au niveau intersegmentaire.

En résumé, cette couche épidermique n’est pas identiquement semblable suivant les genres et les espêces. Les éléments nerveux sont abondants dans le genre Lumbricus (fig. 2); les éléments glandulaires prédominent dans le genre Allurus (fig. 5, 6) et enfin chez Allolobophora turgida var. minima (fig. 4) la différenciation cellulaire n’est pas considérable.

Les faisceaux nerveux signalés par VEspowsxy dans A/lolobophora (Dendrobæna) rubida sont chez Alurus peu nombreux et les cellules de soutien sont beaucoup plus massives.

(1) Nous nous sommes servis d’un microscope Lerrz. Le numérateur de la fraction

représente le numéro de l’oculaire, le dénominateur le numéro de l'objectif dont nous nous sommes servis,

° 230 E. DE RIBAUCOURT.

Chez Allurus les éléments glandulaires sont done beaucoup plus nombreux que les autres éléments surtout aux anneaux précédant le chtellum.

Fi. 3. — KEpiderme: d’Allolobophora rosea ; ED] L

Jade ; a É = Ta LS) Fi. 4. — Kpiderme; d'Allolobophora turgida var. : minima ; ro Ù : Fr. 5 et 6. — Kpiderme ; d'Alurus tetraedrus ; À cuticule ; B cellule glandu-

laire ; C cellule de soutien ; D fibre nerveuse ; E couche circulaire.

Parfois même j'ai pu conslaler que la couche épidermique chez Allurus letraedrus élail composée presque en lolalité de cellules glandulaires, lenues en place par des cellules de soutien peu nombreuses.

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