MUSCLES CIRCULAIRES
Très faciles à étudier.
.. Cette couche de muscles circulaires se trouve immédiatement au-dessous de l’épiderme. Les auteurs se sont bornés à signaler son histologie chez le Luwnbricus herculeus sans la comparer avec celle des autres genres.
Comme son nom l'indique celte couche musculaire est circulaire. Les fibrilles sont très minces.
On a dit qu’elles étaient dépourvues de noyaux propres ce qui est inexact. Dans des coupes lransversales praliquécs au niveau des organes génitaux d’A//olobophora chlorotica, on aperçoit très
ANATOMIE DES LOMBRIGIDES. 231
bien que cette couche de muscles circulaires possède des noyaux distincts mais il faut avoir la précaution de bien fixer le Ver et de le colorer simullanément à l’hématéine et à l'éosine; parfois on peut même apercevoir le nucléole.
I ne faut pas confondre ces rares noyaux que je viens de décrire avec des conformations qui sont disposées entre les faisceaux musculaires et qui sont de trois ordres.
Ce sont: 1° Les vaisseaux qui viennent baigner les fibrilles ;
2° Les cellules pigmentaires ;
9 Les ramifications des muscles longitudinaux qui viennent s'épanouir entre les muscles circulaires jusqu’à l’épiderme.
Cette disposition est surlout visible sur une coupe frontale d’Allolobophora turgida var. minima. Au reste, ces fibres ont été décrites comme étant parfois de diamètre inégal; leurs extrémités élant pointues; les fibrilles contractiles sont distribuées sur tout leur pourtour et ayant leur axe occupé par une substance non colorable ?
Sur une coupe frontale d’AZlolobophora turgida var. minima ces muscles se présentent sous la forme de petits cylindres creux aplatis, peu nombreux, considérables aux parties profondes et nombreux, de moindre dimension au voisinage de la cuticule.
Cette disposition se retrouve chez Allolobophora chlorilica mais ici celle couche est beaucoup plus considérable au niveau de l'anneau et est presque nulle au niveau intersegmentaire.
Chez Alurus ces muscles prennent une disposition beaucoup plus ordonnée ; les müscles longitudinaux inférieurs envoient des fibrilles musculaires nombreuses aux muscles circulaires et les divisent de cette façon en de nombreux compartiments.
Chez Allolobophora rosea, sur une coupe coronale, cette disposition atteint son apogée.
Dans le genre Luinbricus celte couche est difficile à étudier à cause de la multiplicilé des éléments pigmentaires qui sont si nombreux qu'ils masquent parfois la disposition musculaire de cette couche; les fibres musculaires circulaires y semblent groupées autour de fibrilles provenant de la couche des muscles longitudinaux.
On voit donc que là encore l’histologie comparée des principales espèces offre de notables différences.
On a nié la présence des cellules pigmentaires proprement dites [87] (1).
(1) [87] Vocr et Yunc, page 445.
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Cette manière de voir me paraît inexacte. Lorsque l’on fait des coupes de jeunes Lombrics on constate la présence de cellules analogues aux amoæbocytes; ces cellules pigmentaires d’abord jaunâtres deviennent de plus en plus foncées, s’allongent sur la longueur des muscles transversaux et perdent bientôt leur aspect cellulaire.
Elles deviennent noires et enveloppent la fibrille dans une sorte de réticule compliqué.
Pour étudier convenablement ces cellules, il faut colorer très légèrement le jeune Ver au carmin de Grénacher ; le noyau de la jeune cellule se percevra facilement.
Je le répète, ces cellules ont beaucoup de similitude avec les amæbocytes que nous décrirons plus tard et nous nous demandons si elles n’ont pas la même origine.
Ce pigment peut du reste former de véritables amas entre les muscles circulaires.
J'ai remarqué que certaines espèces (A/lurus tetraedrus SAVIGNY, Lumbricus Morelli RisaucourT, Dendrobæna octoedra, etc., qui étaient dépourvues de pigment dans la plaine étaient invariablement colorées en violet très sombre à de grandes altitudes.
J'en ai conclu que l'altitude avait quelque influence sur la pigmentation. A7. (Notogana) alpina Rosa, vivant à de grandes altitudes est au contraire dépourvue de pigment; elle fait donc exception à la règle. |
En terminant l'étude de cette couche de muscles circulaires nous constatons que l'aspect de leur groupement n’est pas identique dans toutes les espèces.
C'est ainsi que sur des coupes frontales d'AZ/olobophora turgida var. Minima les fibrilles ne sont pas symétriquement disposées autour d’un axe ce qui n’est pas le cas pour celles de Zumbricus caslaneus qui ont uné tendance à se disposer en forme de V.