RÉSUMÉ ET CONCLUSION
La disposilion des stries de la cuticule des Zombricides varie suivant les espèces. Au-dessous de la culicule adhère parfois une couche très mince de matière amorphe qui est limilée aux stries et qui y est moulée. .
La couche épidermique (hypodermique) n’est pas identique chez tous les Lombricides ; les éléments nerveux sont abondants dans le genre Lumbricus. Les éléments glandulaires sont nombreux dans le genre Allurus; chez Alolobophora trapezoides, var. minima (RiBaucouURT) la différenciation cellulaire n’est pas considérable. De plus, chez Lumbricus la couche épithéliale est formée de cellules très allongées. C’est le contraire chez Allolobophora trapezoides, var. minima (lg. 2,3, 4,5, 6).
Le groupement et l'aspect des fibrilles des muscles circulaires ne sont pas les mêmes chez les différentes espèces. C’est ainsi que chez Allolobophora trapezoides, var. minüna les fibrilles sont disposées sans ordre bien apparent.
Au contraire, chez Lumbricus elles ont une tendance à se grouper d'une façon régulière.
La variabilité de groupement des fibrilles des muscles longitudinaux est encore plus grande que celle des muscles circulaires. Chez Lumbricus, les fibrilles ont une tendance à se grouper en forme de V (coupe frontale) (fig. 7,8).
Le muscle buccal (pharyngien) peut ne former qu’une seule masse musculaire (ex: Zunbricus) où six masses musculaires distinctes dans autant de segments (ex : A//urus). Entre ces deux dispositions
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il y a une série d'intermédiaires. L'aspect des dissépiments présente des différences notables suivant les espèces. Chez Lumbricus ils sont très minces; chez AUolobophora chlorotica ils sont très épais. Les dissépiments d'AXolobophora chlorotica et rosea sont constitués par trois couches musculaires ; ce qui n’est pas le cas Chez les dissépiments de Lumbricus où il n’y a parfois qu’une seule couche musculaire longitudinale (fig. 9, 10, 11).
L'anatomie générale de l’æsophage peut présenter les quatre aspects suivants :
a) Les parties antérieure et postérieure de l’œsophage peuvent ne pas être différenciées (ex : Allolobophora Hermanni).
b) La partie antérieure est beaucoup plus considérable que la partie postérieure (ex : AZlolobophora turgida) (fig. 12).
c) La partie antérieure accentue sa différenciation en émettant quelques diverticulum pairs (fig. 13).
d) Enfin il peut y avoir des diverticulum sur toute la longueur de l'æœsophage (ex : Allolobophora putris) (fig. 15).
Dans le genre Lumbricus (fig. 31) il y a quatre spécialisations glandulaires de MoRREN et non pas trois.
La glande postérieure impaire de MorRex (IV) auquel nous donnerons le nom de glande antéro-postérieure, se retrouve chez tous les Lombricides ; il n’en est pas de même des autres glandes antérieure (I) et moyennes (II et III). Nous pouvons donc dire que cette glande antéro-postérieure est morphologiquement la plus ancienne et que les deux latérales moyennes (II, III) n’en sont que des différenciations secondaires (fig. 17-22).
Entre la disposition glandulaire ancestrale que j'ai constatée chez Allolobophora Hermanni (MicHAELsEN) et celle de Lumbricus herculeus, il y a loute une série de types où l’on peut suivre l'évolution progressive de ces glandes (fig. 23-31) (Allurus letraedrus, Dendrobæna putris, Allolobophora trapezoides, Notogama fœtida, Dendrobæna octoedra).
L’estomac (jabot), quoique anatomiquement semblable dans tous les genres, a ceci de particulier : c'est que la couche musculaire longitudinale de l'intestin se transformé à ce niveau en couche fibrillaire lâche à faisceau unique pour certaines espèces (fig. 34) (ex: Allurus tetraedrus, Dendrobæna octoedra) multiple pour
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d’autres espèces (ex: AZ/olobophora chlorotica, Allolobophora (notogama) rosea, Lumbricus herculeus, Allolobophora turgida (fig. 33).
Le gésier est constitué partout par les mêmes éléments analomiques ; mais ces éléments peuvent varier de dimensions suivant les espèces ; la couche musculaire médiane circulaire est striée ; elle est très développée chez Allolobophora (Notogama) rosea, elle l’est moins chez Allurus tetraedrus. Les vaisseaux intermusculaires circulaires peuvent être énormes (ex : Allurus) ou réduits (ex : Dendrobæna).
Si on considère en coupe sagittale la disposition anatomique de l'intestin des différentes espèces de Lombricides, on constate qu'elle varie suivant la place qu’on étudie, surlout à la partie caudale.
C’est ainsi qu'en coupe sagiltale l'intestin caudal d'Allurus est un peu en forme de croix de Saint-André. Chez Allolobophora chlorotica il est en forme d’ovale; lorsqu'il y a des kystes nombreux à la partie postérieure du corps la disposition du tube digestif peut encore varier el prendre une forme aplatie (fig. 40, 43).
Le typhlosolis peut être absent ou représenté (fig. 35) :
a) Par une simple lame verticale (Urochæta) (fig. 36).
b) Par une sorte de feuillet latéral pair situé à l'extrémité de la lame verticale réduite (ex : Notogama fœtida) (fig. 37).
c) Ou par un organe plus haulement différencié (ex: Alolobophora chlorotica, Hormogaster Redii) (fig. 38, 39).
Le nombre des cœurs latéraux est variable suivant les espèces (quatre à neuf) (ex: Nofogama octoedra, quatre; Notogama fœtida, emq; Allolobophora putris, six; Hormogaster Redii, sept; Octalosion profuguim, huit ou neuf).
Le vaisseau dorsal peut être très nettement segmenté à l'arrière en chambres cardiaques communiquant par autant d’orifices fermés à la partie postérieure par une valvule (ex: Lumbricus festivus). Dans d'autres espêces, ces chambres cardiaques peuvent ne pas correspondre avec la segmentation .externe (ex: AZ/olobophora trapezoides, var. minima). Enfin dans des cas plus rares le vaisseau dorsal semble ne pas être segmenté (fig. 56, 58, 67, 68).
Au niveau du gésier il existe parfois sur le parcours du vaisseau dorsal un diverticulum considérable que l’on peut considérer comme un cœur médian (ex: Lumnbricus festivus) (fig. 67).
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Chez Notogama fœtida le vaisseau dorsal vascularise non seulement une partie du proslomum, mais aussi la partie inférieure el supérieure des ganglious cérébroiïdes ; le sus-nervien vasculaire à l’avant non seulement une parlie des ganglions cérébroïdes, mais aussi le lobe inférieur buccal (fig. 56).
La vascularisation des glandes de MoRREN varie suivant l'anatomie de ces organes.
Le sang des Zombricides est composé après fixation :
a) De plasma brun foncé amorphe ;
b) De plasma jaune clair.
Ces deux sortes de plasma se relrouvent dans lous les genres. Les éléments suivants ont une répartition variable suivant les espèces :
c) De plasma granuleux ;
d) De cellules amæboïdes sans noyaux apparents ;
e) De cellules amæboïdes à gros noyaux ;
{) De grosses vacuoles dont je n’ai pu déterminer le sens physiologique (fig. 44).
L'anatomie des organes génitaux varie suivant les genres (RIBAUCOURT, 1895).
Chose très curieuse à constater: Allolobophora turgida var. minima RIBAUCOURT, ainsi que quelques espèces d’Allurus possèdent deux paires d’épididymes au sortir des pavillons vibratiles (fig. 45).
Les soies peuvent se transformer en charpente de soutien des organes génitaux (testicules où pavillons) et maintenir en place les tubercules du quinzième anneau. Le canal terminal passe à la base et entre ces soies chez Allolobophora turgida adulté et chez Lunbricus Michaelseni RiBAucoOURT (lig. 45).
Outre les éléments constiluant les spermathèques, précédemment décrits par les auteurs, il existe dans la paroi des spermathèques de grosses cellules glandulaires peu nombreuses, colorées en bleu clair par l’hématoxyline et qui sont considérables chez AZurus.
Les ovules des ovisacs (fig. 46, 47) arrivent à maturité à l’extrémité distale de l'ovaire chez Allolobophora chlorotica, Allolobophora trapezoides, et Notogama rosea ; ce n’est pas le cas dans la plupart des espèces du genre Lumnbricus (Lumbricus Michaelseni).
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Les parois de canal excréteur terminal segmentaire peuvent énormément. varier de dimensions ; c’est ainsi que chez Lumbricus castaneus les parois en sont ténues, ce qui est le contraire chez Allurus. De plus, chez Allurus les canaux en lacets ne sont pas nombreux ; c’est le contraire chez Notogama rosea.
Chez certaines espèces le .périnèvre de la chaîne ganglionnaire forme à la partie inférieure deux gaines reliées par un fin lractus conjonctif entre les mailles desquelles circulent de nombreux petits vaisseaux (ex : avant de Lumbricus castaneus).
Ces deux couches s'unissent à la partie supérieure pour ne former qu’une seule couche (fig. 48). Dans certaines espèces 1l n'existe qu’une seule couche de périnèvre non seulement à la partie supérieure mais aussi à la partie inférieure.
Les glandes chloragogènes peuvent varier de dimensions et de structure sur un même individu , suivant qu’on les étudie à l’avant ou à l'arrière, sur les organes segmentaires ou sur les vaisseaux longitudinaux (fig. 50, 51, 52) (ex: Lumbricus herculeus, Allurus tetraedrus).
Il existe plusieurs variélés d'éléments figurés (lymphocytes) dans le liquide périviscéral (lymphe); mais ces éléments ne se retrouvent jamais tous ensemble sur une même espèce (deux ou trois variétés de lymphocytes sur un même individu).
Les spermatophores se forment sur l'anneau qui les porte et non pas dans la spermathèque d’un autre Lombricide, comme l'ont décrit HÉRING et d’autres auteurs (fig. 54, 55),
Leur provenance est donc directe. Quant à la fonction physiologique qu'on leur prête, il me semble qu'elle a été inexactement: interprétée.
Les kystes formés par l'accumulation des amæbocytes autour de corps étrangers se trouvent surtout dans la cavité du corps à la partie caudale. On peut les apercevoir par transparence au travers des téguments.
Les Nématodes enkystés à la partie caudale des Lombricides peuvent procéder à une mue de leur couche euticulaire à la suite d’une période de vie ralentie.
Certains Ænchyltræides sont carnivores et absorbent les Lombrics. Hs les tuent d’abord en enfonçant leur premier anneau armé de deux soies recourbées en griffes dans les téguments et
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absorbent le Lombric, après l'avoir tué, lorsqu'il commence à pourrir.
La faune Lombricide des environs de Paris n’est pas très riche en espèces variées.
I ya vingt-quatre types principaux dont seize déjà décrits, cinq décrits dans d’autres pays et constatés pour la première fois aux environs de Paris et enfin trois types nouveaux : deux espèces nouvelles el une variété nouvelle.
Les Lombricides présentent donc de notables différenciations anatomiques et histologiques qui semblent corroborer les grandes lignes de la classification que j'aiétablie en 1895.
La distribution des soies, l'anatomie comparée des organes génitaux, du muscle buccal, de l’œsophage, des glandes de MorREex, etc. nous ont permis de dresser le schéma des relations de cette famille (Voir PI. XVI).
Paris, 24 avril 1900.
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