‹ Étude sur l’arrachement traumatique du cœurChapitre 18 sur 52 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

Les premières hypothèses sur le mécanisme de l'arrachement traumatique du cœur furent émises en France entre 1850 et 1860, époque où furent publiées les observations de Bailly et de Gérin-Roze ; et les théories développées dans cette période pour expliquer la production de ces lésions peuvent se résumer en deux principales autour desquelles viendront se grouper toutes les opinions formulées par la suite à ce sujet : c'est d’une part une théorie mécanique faisant du traumatisme, agissant sur le cœur pour le déplacer, la cause primordiale des lésions ; c’est d'autre part, une théorie, qu’on peut appeler théorie physiologique,qui explique les lésions par l'élévation de la pression sanguiné à la suite du traumatisme.

La théorie mécanique fut proposée par Broca pour expliquer les lésions du péricarde et de l'aorte le jour même où Bailly présenta à la Société anatomique son observation d'arrachement fruste du cœur ; il émit l'hypothèse que le cœur pressé énergiquement par la paroi thoracique, aîfaissée par le traumatisme, était chassé de sa loge comme « un noyau de cerise qu’on presse entre les doigts pour le lancer ». Cette théorie mécanique fut rappelée et acceptée

par Fournier, dans le rapport qu'il fit à la Société anatomique sur l'observation de Gérin-Roze et voici ce qu'il dit à ce sujet : « On sait ainsi que l’a démontré M. Gosselin dans un travail sur la contusion du poumon, l'on sait, dis-je, que les chutes faites d’un lieu élevé, s'accompagnent presque toujours d’un certain affaissement du thorax et par suite d’une augmentation de résistance du poumon ; que de plus, dans les mêmes conditions, l'air retenu dans les vésicules de l'organe par la contraction de la glotte empêche le tissu pulmonaire de revenir sur luimême. De là cette double conséquence :le cœur se trouve pressé par l'affaissement du thorax contre le poumon et celui-ci réagit contre le cœur, comme ferait un plan solide. Or, comprimé en arrière et latéralement par le parenchyme pulmonaire, retenu en haut par les gros vaisseaux, le cœur, dit M. Broca, tend à faire irruption en bas et en avant, il échappe, dans cette direction à la pression qu'il supporte, comme fait un noyau de cerise qu’on serre entre les doigts. Le péricarde ne se rompt que pour lui donner passage ; de son côté, l'aorte subit à ce moment une traction dans le même sens, elle se rompt et sa rupture est transversale. » (Rapport de M. Fournier, Société anatomique, 1858, p. 367.) |

La théorie opposée, /a ‘héorie physiologique, fut émise par Gaujot, puis après celle de Broca, dans le rapport qu'il fit à la Société anatomique sur ce même cas de Bailly. Acceptant peut-être cette théorie mécanique pour la déchirure du péricarde, il la repousse pour celle de

Vaorte et explique ainsi cette dernière lésion : « Nous

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