‹ Étude sur l’arrachement traumatique du cœurChapitre 22 sur 52 · M HN LAURE · texte numérisé non relu

M HN LAURE

pour se frapper directement, tandis que dans l’homicide ils sont intéressés par l’arme de l’agresseur.

Enfin il pourra être utile de préciser si l'écrasement, la précipitation ont eu lieu pendantla vie ou après la mort : ce point à son importance, car sachant que l’écrasement et la précipitation impliquent presque toujours l’idée d'ac cident ou de suicide, des meurtriers peuvent, pour détourner les soupçons, se débarrasser ainsi de leurs victimes. Le diagnostic est basé ici sur l'examen et les caractères des diverses blessures ; les blessures faites pendant la vies’accompagnent d'écoulement de sang ; celui-ci s’infiltre dans les lèvres de la plaie, dans les gaines des vaisseaux sectionnés, dans le tissu cellulaire voisin et y forme un caillot qu on retrouve à l’autopsie ; dans l’arrachement traumatique du cœur on sait l'abondance des hémorragies internes ; il est évident que leur absence et l’existence sur le cadavre d'autres blessures, ayant pu par leur gravité déterminer la mort et présentant les caractères des blessures faites pendant la vie, doivent faire penser que l’écrasement ou la précipitation ont eu lieu après la mort. Mais il faut éviter deux causes d'erreurs : on sait que des blessures faites peu après la mort peuvent donner lieu à un écoulement sanguin ; il n'y a pas du reste dans ce cas d’infiltration sanguine dans les lèvres de le plaie ; d'autre part on peut sur un sujet ayant subi un arrachement du cœur trouver certaines plaies absolument exsangues,c’est-à-dire présentant les caractères de plaies post mortem ; des faits semblables sont signalés dans l’observation IV ; il ne faut

pas conclure de là à l'existence de plusieurs traumatismes

successifs survenus les uns pendant la vie, les autres après la mort ; l'absence de sang dans ce cas particulier au niveau d’une plaie est due à l’abondante hémorragie qui produisait au niveau des lésions des gros vaisseaux horaciques, hémorragie supprimant pour ainsi dire toute circulation ; ce caractère se retrouve dans toutes les blessures faites quand se produit une abondante hémorragie, ainsi quel’a montré Félizet.

En somme il s’agira souvent là de questions délicates à ‘trancher ; aussi en l'absence de constatations précises permettant une affirmation certaine, le médecin légiste devrat-il se garder de toute conclusion prématurée ; il faudra dans certains cas avoir le courage de reconnaître qu'on ne peut résoudre d'une façon certaine les questions posées et garder toujours présent à l’esprit le précepte de Brouardel dont voici l'esprit, sinon le texte : «Mieux vaut dire à temps Je ne sais pas ; qu'être obligé d’avouer plus tard : Je ne savais pas ».

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