‹ Étude sur l’arrachement traumatique du cœurChapitre 8 sur 52 · PRES, ‘HI · texte numérisé non relu

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d’éraflures ,de contusions de la peau au niveau du thorax indiquent aussi l'action exercée par le traumatisme dans cette région : tel est le cas de l'observation IX, de l'observation XXIV où l'on signale une coloration rouge bleuâtre de la peau sur la partie inférieure du sternum d'un indi vidu écrasé entre les tampons de deux wagons. Il en est de même des lésions osseuses, des fractures de côtes notamment, signalées ainsi que nous le verrons plus loin dans presque toutes les autopsies. Dans beaucoup de cas, l'action traumatique étend ses effets à des régions plus ou moins nombreuses du corps des victimes ; mais parfois l’action traumatique peut se localiser uniquement au niveau de la cage thoracique : tel est le cas qui fait l'objet de l’observalion XIX où leslésions n 'intéressaient que les paroiïs de la poitrine et son contenu.

Ici comme dans toutes les ruptures et lésions d'organes internes sans plaies pénétrantes, on peut se demander à propos du traumatisme quel est le rôle que peuvent jouer les lésions antérieures siégeant sur les organes intéressés par le trauma ; mais dans ce cas particulier de l'arrachement du cœur, ces lésions semblent avoir une importance tout à fait secondaire. Le traumatisme dans son énormité est bien suffisant pour déchirer les vaisseaux qui fixent le cœur même quand ils sont complètement sains ; souvent même après la rupture des moyens de fixation du cœur son action n'est pas épuisée et il chasse le cœur devenu libre plus ou moins loin de sa loge séreuse. Du reste, dans nos observations, l’état du cœur et des vaisseaux n'est noté que dans quelques cas : l'aorte est complètement

saine en dehors de sa déchirure {obs. VIT et VII) ; le cœur

etl’aorte sont normaux (obs. XII) ; le cœur est normal (obs. IX); l'aorte très athéromateuse en d’autres points ne présente aucune lésion au niveau de la rupture (obs. X); dans l’observation XXIII l'aorte est très athéromateuse ; dans l'observation XX VIII on signale une légère couche de graisse sur la moitié droite du cœur.

Pourtant, dans un cas unique parmi nos observations, les lésions antérieures ont certainement joué un rôle dans la production de l'arrachement traumatique (obs. XI); chez le tabétique qui fait le sujet de cette observation, existait une grande dilatation aortique ; cette lésion, ainsi que la fragilité du squelette, explique peut-être l’arrachement du cœur à la suite d'une chute d’une huitaine de mètres sur un tas de sable: l'aorte s'étant rompue longitudinalement au point de ses plus grandes lésions et la fragilité des côtes ayant permis au traumatisme de les fracturer facilement et d’être encore assez intense pour agir ensuite sur le cœur et produire les lésions du péri= carde et de la veine cave. C’est du reste là un cas exceptionnel tel que Camus et Labonnette n’ont pu en retrouver de semblable ; et dans la plupart des faits le rôle des lésions antérieures peut être négligé dans la production de déchirures et de ruptures que l'intensité du traumatisme suffit à expliquer.

Si l'on considère maintenant les traumatismes non plus d’après l'ensemble des cas d’arrachement du cœur, mais d’après les variétés anatomiques de cette lésion, voici les résultats que l’on obtient : | |

Sur 11 cas d'arrachement fruste du cœur il s’agit:

Huit fois de chute d’un lieu élevé (obs. Il, III, IV. Ÿ, ME VIT NII

Trois fois d'écrasement (obs. I, IX, X);

Sur 5 cas d’arrachement partiel on trouva :

Deux fois un écrasement (obs. XII, XV);

Deux fois une chute d’un lieu élevé (obs. XIII, XVI);

Une fois un tamponnement (obs. XIV) ;

Sur 8 cas d'arrachement total les causes sont les suivantes :

Quatre fois un écrasement (obs. XVII, XVIII, XXI, XXIV) ;

Deux fois un tamponnement (obs. XXII, XXII) ;

Une fois une précipitation (obs. XX) ;

Une fois une projection contre un obstacle (obs. XIX) ; :

Sur 5 cas d’arrachement ventriculaire il s'agit;

Quatre fois d'un écrasement (obs. XX VI, XX VII, XX VIII ; XXIX ;

Une fois d’une projection contre un obstacle (obs. XXV);

Envisagé au point de vue des circonstances dans lesquelles il se produit, on voit que l’arrachement du cœur peut être consécutif à un accident, à un suicide ou à un homicide.

Si l’on excepte l'observation [ où les conditions du traumatisme ne sont pas indiquées, l'examen des 28 autres observations donne les résultats suivants :

Les accidents sont de beaucoup les plus fréquents. On les retrouve dans 24 cas ainsi répartis :

Chute et précipitation d'un lieu élevé : 6 cas (obs. IF, IF, IV EX VIEUX X) ;

Nicolas

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