‹ Étude sur l’arrachement traumatique du cœurChapitre 7 sur 52 · A, PRE · texte numérisé non relu

A, PRE

certainement tuée par un seul individu. Coutagne dit à ce sujet : « Nous n'insisterons seulement que sur la gravité des lésions que peut produire l’écrasement du thorax par le poids seul du corps d’un homme, gravité telle que dans les cas où les circonstances de la mort seraient inconnues, on pourrait supposer l'intervention d’un agent contondant d’un poids bien supérieur. »

Enfin, l’écrasement peut être produit par compression entre deux corps dont l’un ou tous les deux en mouvement : ainsi dans le cas qui fait l’objet de l’observation XX VI il s’agit d'un ouvrier qui a été saisi par une roue mécanique dont on a dû le dégager. Le dernier cas (obs. XXIX) est celui d’un homme qui fut écrasé entre les tampons de deux wagons de chemin de fer.

Le tamponnement par chemin de fer ou tramway est la cause notée dans > observations ; ils’agit une fois (obs. XXII) d’un homme tamponné par un tramway électrique ; mais le sujet atteint par le tramway fut en même temps trainé et écrasé par lui. Dans les deux autres observations (XIV et XXII) il s'agit de tamponnement par chemin de fer et dans les 2 cas même par des express ; dans l’observation XXII il est de plus spécifié que le train arrivait à toute vitesse ; ce sont donc ici aussi des traumatismes considérables que subissent les victimes ; il faut du reste remarquer qu'outre le choc direct, l’agent traumatique peut encore agir d'autre façon : tel est le cas dans l'observation XXIT où il y a eu d’abord choc direct puis projection de la victime sur un poteau voisin : ici donc le sujet, d'abord immobile et recevant le choc d’un agent

traumalique en mouvement, est ensuite lancé contre un

ti à, CURE

obstacle sur lequel il vient s’écraser sous l’action du mouvement dont il est lui-même animé ; de telle sorte que ce cas est, au point de vue étiologique, intermédiaire entre les deux groupes de faits précédents (écrasement, tamponnement) et les deux groupes qu'il nous reste à étudier et dans lesquels c'est le mouvement de la victime elle-même qui la lance contre un obstacle et détermine l’écrasement (chute et précipitation d’un lieu élevé, et projection contre un obstacle).

Les chutes simples ne sont signalées qu'une fois : il s’agit du cas de Mayer (obs, II) dans lequel une poutre tombant sur un radeau lui imprima une secousse qui fit tomber la victime dans la rivière ; il est bien spécifié dans l’observation que le sujet ne fut pas atteint par la chute de la poutre ; dans tous les autres cas, au nombre de 40 (obs. IL, IV, V, VE, VIE, VIT, XI, XIII, XVI, XX), ils’agit de précipitations d'un lieu élevé; dans quelques observations il est dit seulement qu'il s'agit d'une chute d’une grande hauteur (obs. IV) ou d'une chute de sur un échafaudage élevé (obs. XX) ; l'observation V est celle d’un homme qui est tombé dans les fossés d’une ville fortifiée ; dans l’observation X VI c’est un homme qui tombe d'un peuplier de 40 pieds de haut, tandis,qu'un autre (obs. XI) tombe d’une huitaine de mètres ; dans 2 cas la chute s'effectue d'un deuxième étage (obs III et VII) et dans 2 autres d’un troisième (obs. VLet VII). Enfin l'observation XIII est celle d’un homme qui se précipite de sur uneéglise dans le chœur. En somme, ici aussi, grands traumatismes le plus souvent,

La projection contre un obstacle ou un objet résistant

est signalée dans deux observations : l’une due à Casper :

un homme conduisant une voiture auprès de laquelle il marchait fut entrainé par elle dans une descente rapide et lancé contre les arbres qui bordaient la route (obs. XIX) ; l’autre cas a été observé par Brouardel (Obs. XXV) : un cocher dont le cheval s'était emporté fut lancé de son siège contre le timon d'une lourde voiture.

En somme, toutes les causes précédentes, quelle que soit leur variété, présentent dans la majorité des cas un caractère commun ; ce sont presque toujours de grands traumatismes : chute de lieux élevés, écrasement par de lourdes voitures, tamponnement par des trains en pleine vitesse ; projection sous l'action de forces considérables {cheval emballé). Sur la totalité de 29 observations 2 cas seulement font exception : le cas de Mayer (chute de sur un radeau dans la rivière par suite d’une commotion) et le cas de Coutagne (écrasement de la poitrine par le poids du corps d’un individu).

Un autre caractère général de ces traumatismes dans les arrachements du cœur, c'est qu'ils agissent sur la cage thoracique ; ce fait est mis en évidence dans plusieurs observations, soit par les détails de l'accident, soit par les lésions trouvées sur les cadavres des victimes : dans l’observation IX c'est une voiture qui passe sur la partie inférieure de la poitrine d’un enfant ; une autre fois c’est le côté droit de la poitrine qui est écrasé par une charretée de charbon (obs. XV); ou bien une poutre qui tombe sur la poitrine (obs. XX VII) ; dans l'observation XXI le tronc de la victime vient caler la roue de la voiture qui l'écrasa ; dans cerlains cas on trouve signalé l’affaissement de la poitrine

(obs IX et XVIII); l'existence de plaques parcheminées,

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