‹ Etude Sur Le Bacterium Coli CommuneChapitre 39 sur 44 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Pleurésie purulente à Bacterium coli.

En 1888, Widal retira à l’état de pureté, dans un cas de pleurésie ossifiante, avec abcès sous-pleuraux, chez un vieillard qui n'était pas atteint de maladies des voies urinaires, un bacille qu’il étudia avec Albarran (1). Le microbe ensemencé sur divers milieux de culture et inoculé aux animaux, présenta tous les caractères de la bactérie pyogène de la vessie qu’Albarran étudiait alors.

En raison de l'identité qui a été établie récemment, il n’est pas douteux que le bacille, trouvé par Widal, n’était autre que le B. coli. Le même auteur, pendant la dernière grande épidémie de grippe, a isolé, à l’état de pureté du pus d’une pleurésie purulente, un microbe qui présentait tous les caractères du B. coli.

Vendrikx a publié « un cas de pneumothorax dont l’'épanchement examiné sur lamelle et en culture, n’a fourni sur les cultures que du B. coli. »

Il s'agissait d’un tuberculeux qui mourut trois semaines après l'apparition du pneumothorax.

A l’autopsie, il trouva dans la cage thoracique un liquide séropurulent parcouru par des fausses membranes.

La pénétration du B. coli dans la plèvre est très facile à expliquer, car nous savons que ce micro-organisme est un hôte fréquent des suppurations dans les cavernes pulmonaires. Son origine buccale ne soulève aucun doute.

De plus, l'intervention du B. coli comme agent pyogène de cet épanchement, trois semaines après le début, parait d'autant plus admissible qu’il était seul.

D'après M. Netter (2), dans le pneumothorax tuberculeux, il n’y a

(4) Acsarran. Mémoire. Académie de Médecine, 1888. (2) Nerrer. Soc. médic. des hôpitaux, 10 décembre 1891.

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pas d’autres microbes que le B. tuberculeux, si l'épanchement est séreux ou louche. Mais s’il est purulent, il présente d’autres mi-

crobes tels que le B. encapsulé de Friedlander, le staphylococcus

pyogenes aureus et de nombreux filaments et bätonnets, appartenant à des espèces saprogènes donnant une odeur putride.

Dans l'observation de Gilbert et Girode, que nous avons déjà mentionnée, outre les lésions pulmonaires, il existait aussi un

-épanchement pleural dont la ponction, une heure avant la mort, donna de nombreuses cultures pures de B. d'Escherich. Les auteurs ne disent pas si l’'épanchement était suppuré.

Récemment M. Dumontpallier (1), a publié une observation de pleurésie purulente, consécutive à une pneumonie, et dont l’épanchement contenait, outrele pneumocoque de Talamon-Fraenkel, le” B. coli.

L'examen a été fait par M. Ménétrier aussitôt la ponction. La culture de ce B. coli ne fut pas virulente pour la souris. Quelle importance attribuer dans ce cas au B. coli? Son origine buccale s'impose ; mais a-t-il participé à la formation de l’épanchement au mème titre que le pneumocoque, comme agent pyogène? Existait-il dès le début avec le pneumocoque dans les foyers d’hépatisation ? Quoi qu'il en soit, son introduction dans la cavité pleurale, ne s'est pas faite, comme dans le cas de Vendrikx, à la faveur d’une communication broncho-pleurale ; elle a été le résultat d’une migration a traversle revêtement pleural lui-même, de concert avec le pneumocoque; car l’absence de vomique permet d'affirmer l'absence de fistule pleurale. Donc, c’est probablement comme agent pathogène que le B. coli s’est trouve dans la cavité pleurale.

Sa coexistence avec le pneumocoque, n’a pas eu pour effet d’aggraver le pronostic; car après l'empyème et quelques pansements le malade a guéri.

Donc, le B. coli peut être l’agent de pleurésies purulentes. Les observations de cette localisation sont trop rares pour en faire actuellement l'étude.

(4) DumonrpaLcier. Gaz. des hôpitaux, 24 mars 1892.

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