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SUR LE

BACTERIUM CELI COMMUNE

ENT R O DU CTIO:N

Lorsque Escherich eut décrit le microbe intestinal auquel il donna le nom de Bacterium coli commune, celui-ci fut universellement regardé comme un parasite intestinal, un saprophyte, et, au début, personne ne songea à lui attribuer un rôle dans la pathologie humaine. Plusieurs fois il fut rencontré, décrit. avec une précision telle qu'on n’hésite pas aujourd'hui à le reconnaitre sous les différents noms qu’on lui a donnés; mais alors on ne @oyait pas avoir affaire à ce saprophyte banal.

Hueppe, en 1887, trouva dans les selles de cholérine un bacille qui ressemblait au B. coli, mais il ne fut pas affirmatif.

C'est en 1889 que définitivement le B. coli fut considéré comme un agent capable de causer des lésions. Le mémoire de Laruelle (1) est le premier en date. Puis vient la communication de Tavel, (2), et peu de temps äprès les observations de MM. Roux et Rodet.(3), qui par l’expérimentation montrèrent que le B. coli était doué de propriétés pyogènes propres.

Depuis ont été publiées de nombreuses observations concernant les différentes localisations pathologiques du B, coli.

En raison de l'importance que ce micro-organisme prenait dans la pathologie humaine, il n’était pas sans intérêt de présenter dans une revue d'ensemble toutes les manifestations morbides qui lui

(1) LaruerLe. La Cellule; 1889. (Péritonite: par perforation.) (2) Taveu. Correspond. für: Schueëis:, Aerzte1889. (Thyroïdite.) (3). Roux et. RopeL. Lyon médical, 1889. (Péritonite et angiocholite.)

ARS ASE étaient imputées. Notre maître, M. le professeur Cornil, nous a conseillé d'entreprendre ce travail.

Voici le plan que nous avons adopté.

Dans une première partie nous étudions le Bacterium coli au point de vue expérimental.

Un premier chapitre est réservé à l'examen de sa morphologie, et de la manière dont il se comporte dans les différents milieux de culture.

L'étude d’un micro-organisme doit toujours être complétée par l'examen de son action sur les animaux. Cette étude sur la virulence du B. coli a été faite en collaboration avec notre ami le docteur Lesage, chef du laboratoire de la Clinique médicale de La Pitié, qui, depuis 1886, avait eu occasion d'observer la grande virulence du B. coli de certaines entérites et son innocuité fréquente en d’autres circonstances. Nous avons ainsi été amenés à étudier quelques particularités concernant la présence du B. coli dans les organes du cadavre, et à distinguer, au point de vue de la virulence et de l’action pathogène, le B. coli septique et le B: coli pyogène. s

Les recherches relatives aux modifications artificielles de cette virulence n'ayant pas donné de résultats positifs, nous ne développerons pas cette question.

Le point capital de l’étude dn B. coli virulent réside certainement dans la connaissance de la nature des produits toxiques sécrétés. Les recherches de MM. Lesage et Winter sont en ce moment dirigées de ce côté. :

Connaissant les caractères principaux du B. coli, il était utile de faire un chapitre de diagnostic, rétrospectif pour ainsi dire, afin d'établir si d’autres microbes, semblant lui être très analogues, ne lui étaient pas réellement identiques, leur description remontant à une époque où le B. coli pathologique n’était pas connu. Ce chapitre est forcément incomplet, car il aurait fallu entreprendre des recherches méthodiques pour grouper toute une série de bacilles présentant entre eux beaucoup de similitude, mais aussi des “différences suffisantes pour empêcher leur confusion.

Le diagnostic de l’un de ces microbes fera l’objet d’un chapitre spécial, dans lequel nous exposerons les tentatives d’assimilation

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et de différenciation qui ont été faites en ces temps derniers. Il s'agit du Bacille typhique.

Dans la seconde partie de notre travail, nous passons successivement en revue toutes les manifestations pathologiques dans lesquelles on a rencontré le B. coli seul, n’attachant qu'une importance secondaire aux cas où il existait une association microbienne, ou aux cas douteux.

Le principal objectif de cette étude a été de légitimer l'importance étiologique qu'on a voulu attribuer au B. coli dans chacune de ces localisations, en nous appuyant sur les éléments suivants : l’existence exclusive du microbe dans les lésions ; sa virulence; la possibilité de reproduire chez les animaux une affection similaire à la maladie dont il était issu. Dans presque toutes les circonstances ces conditions ont été vérifiées, depuis que l'attention était attirée sur l’action pathogène de ce microbe.

Il eut été important d'établir d’une manière précise si la nature de l’agent infectieux donnait une symptomatologie et des lésions spéciales, et des indications particulières de pronostic et de tlhérapeutique. Les observations dont nous disposions pour chacune des maladies, étaient en nombre trop restreint et d’un développement insuffisant pour permettre des conclusions absolues. Néanmoins nous croyons que, par les grands caractères cliniques et anatomiques, les maladies causées par le B. coli ne diffèrent pas notablement des maladies analogues produites par d’autres agents infectieux.

Nous n’avons pas cru devoir développer dans un chapitre spécial l'historique de nos connaissances sur le B. coli, chaque chapitre débutant par l’histoire des faits qu’il comporte :

Externe chez M. le professeur Bouchard et chez M. le professeur Lannelongue, puis interne de M. le docteur J. Voisin ‘Salpétrière, 1888), de M. le professeur Le Dentu (Saint-Louis, 1888), de M. le professeur agrégé Déjérine (Bicêtre 1883), de M. le docteur Tapret (Saint-Antoine, 1890), de M. le professeur Cornil (Charité, 1891), nous avons rencontré auprès de nos maîtres une bienveillance et un enseignement dont nous garderons toujours le souvenir : nous leur exprimons ici notre respectueuse gratitude.

AD SEE DU ni RUE MAO Nous devons aussi nos remerciements à MM. de professeurs |

agrégés Gilbert, ‘Campenon, à à MM. les docteurs Oulmont, Brocq, , Delpeuch, Hippolyte Martin, Roux (de dun Pasteur) de qui. nous avons été Jélève.

M. le professeur Cornil nous dbano. un nouveau sm ice: de sa bienveillance en nous faisant, l'honneur de présider notre thèse.

N ous le prions d’agréer LA de notre Féapasineee ou, re) de notre reconnaissance. Re ns MS TD NET jy

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