ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Comme l’a écrit Okinezyc, « quelle que soit la localisation du cancer sur le gros intestin, il réagit toujours de la même façon sur les tissus voisins : graisse, tissu cellulaire, ganglions. Ces réactions sont sous la dépendance de deux facteurs d’une valeur pronostique absolument différente : l’inflammation et la propagation cancéreuse ». II n’est pas moins vrai que chaque portion du côlon présente des particularités anatomiques, des rapports spéciaux qui font que la physionomie du cancer peut changer d’allure de par son siège. C’est ainsi qu’un cancer du transverse ne réagit pas vis-à-vis du tissu cellulaire, comme un cancer du côlon descendant. L’un est situé sur une portion mobile de l’intestin, loin des espaces cellulaires sous-péritonéaux, l’autre sur une portion fixe, proche par sa face postérieure du tissu rétro-péritonéal. Aussi, croyons-nous qu’il est mieux, comme l’a dit Pierre Duval, d'examiner séparément les réac-
tions de chaque cancer côlique suivant son siège. Un cancer de l’angle droit ne présente pas les mêmes adhérences qu’un cancer du transverse, et, par là même, l’allure clinique est souvent changée. Nous étudierons donc d’abord l’anatomie pathologique du cancer du côlon transverse, puis celle du cancer de ses angles. Nous terminerons par l'étude histo-pathologique des diverses variétés de cancers qui se rencontrent indifféremment sur le transverse ou sur
ses angles.
a) Les réactions inflammatoires
Les réactions inflammatoires autour du cancer sont très nombreuses. Elles atteignent tous les éléments graisseux qui environnent le côlon, les organes voisins, avec lesquelles elles provoquent des adhérences plus ou moins intimes, les ganglions ; enfin, elles peuvent aboutir à la formation d’abcès périnéoplasiques.