ADHÉRENCES PARIÉTALES
a) Avec la paroi abdominale antérieure : Elles sont banales et souvent remarquées. Ces adhérences peuvent conduire à la résection de la paroi. Tel est le cas où M. Desgouttes fut conduit, pour un cancer du transverse adhérent à la paroi antérieure de la fosse iliaque gauche, à réséquer toute la portion de cette paroi qui ne faisait qu’un bloc avec le néoplasme, Il en fut de même dans l’observation de Parcellier.
b) Avec la paroi abdominale postérieure : Elles sont bien moins fréquentes et ne sont notées que dans un très petit nombre d'observations. IL s’agit
d’ailleurs le plus souvent d’adhérences avec les organes qui forment le plan postérieur de l’abdomen : pancréas, rein ; ce sont alors de véritables adhérences viscérales que nous allons étudier.
ADHÉRENCES VISCÉRALES
a) Avec la vésicule biliaire et le foie : les adhérences sont fréquentes. Pétermann, Anschütz ont éprouvé de réelles difficultés à libérer un cancer du transverse dans sa partie droite d’avec la vésicule. Le ligament hépato-côlique peut être infiltré et la vésicule comprise dans un bloc inflammatoire. Il en est de même des adhérences avec la face inférieure ou le bord libre du foie.
b) Avec le duodénum : Les adhérences sont parfois très intimes. À ce niveau, le côlon transverse n’est relié à la paroi abdominale postérieure que par un très court méso, souvent même le processus de coalescence est complet, et il n’y a pas de méso ; Lardennois et Okinczyc ont insisté sur cette disposition anatomique du côlon transverse : dans 54 % des cas, le méso est largement accolé et cela explique pourquoi les adhérences peuvent être facilement intimes avec la deuxième portion du duodénum. Cela explique aussi bien des symptômes cliniques, que nous verrons plus tard, symptômes qui font croire à une affection gastrique, alors que le côlon transverse seul est en cause ; de là viennent aussi toutes les difficultés opératoires de certains cancers de la partie droite du côlon transverse. C’est ainsi que M. Santy note dans deux ‘observations la libération très
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difficile de la face antérieure du duodénum qu’il fut obligé, dans un cas, de dénuder entièrement.
c) Avec le pancréas : Les adhérences sont assez fréquentes dans les cancers de la partie droite, à cause de la brièveté du méso. Nous n’avons pas trouve dans nos observations qu’il se fût jamais agi d’adhérences telles que la tumeur comprimât les voies biliaires dans leur trajet intra-pancréatique. Mais, nous avons vu, dans des observations d’Anschütz, de Pétermann, que l’adhérence était telle qu’elle gêna beaucoup l'intervention. De plus, le pancréas est un organe qui saigne abondamment dès qu’on le touche. M. Patel eut ainsi beaucoup de difficultés à arrêter une hémorragie du pancréas au cours de l’extirpation d’un cancer de la partie droite du côlon transverse. s
d) Avec l’estomac : Ce sont peut-être les adhérences les plus intéressantes à étudier ; on les rencontre souvent dans les cancers de la partie moyenne et de la partie gauche du transverse. Tantôt le ligament gastro-côlique est simplement infiltré, réduit dans ses dimensions, comme dans les observations de Pétermann, Woosley, Patel. Tantôt il a pour ainsi dire disparu et le cancer du transverse vient adhérer à l'estomac, au niveau de la grande courbure ou de l'antre prépylorique.
La façon dont un cancer du côlon transverse se comporte vis-à-vis du ligament gastro-colique est assez variable. Tantôt la tumeur agit sur le ligament pour l’étirer ; elle agit alors par son propre poids ; il n’y a pas de réactions inflammatoires et le cancer
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du côlon transverse s'éloigne de lestomac. Tantôt, au contraire, la tumeur est le siège d’une réaction inflammatoire intense ; elle se fixe rapidement, en infiltrant le méso et le ligament gastro-côlique. Celui-
Figure 1h
Cancer du côlon transverse adhérent à l’estomac. Pièce opératoire. (Cliché de M. le Docteur P. Gouzriour.
ci est alors, pour ainsi dire, incorporé à la tumeur, qui se rapproche ainsi de Pestomac, lui adhère (fig. 1), et parfois même provoque au niveau des tuniques gastriques une dégénérescence cancéreuse que nous
étudierons plus loin.
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Les adhérences simplement inflammatoires peuvent être plus ou moins fortes. Dans beaucoup de nos observations, il est noté qu’on a pu les libérer ; mais, d’autres fois, le problème était beaucoup plus complexe. Les adhérences étaient telles qu’il fallut enlever une partie de l’estomac et ainsi le pronostic opératoire était singulièrement changé : la colectomie étant doublée d’une gastrectomie partielle. Ces derniers cas sont d’ailleurs les plus rares ; sur nos 182 observations de cancer du transverse, nous n’en trouvons que 9 où les adhérences inflammatoires obligèrent les chirurgiens à pratiquer une résection partielle de l'estomac. Dans d’autres cas, que nous étudierons plus loin, il s’agit d’une véritable propagation cancéreuse à l'estomac.
e) Avec les anses grêles : Il s’agit du même processus que pour les adhérences avec l'estomac. Le plus souvent, elles sont libérables. Parfois, elles sont tellement intimes qu’il faut réséquer une anse grêle (Pétermann).
f) Enfin, le cancer du côlon transverse peut adhérer à beaucoup d’autres organes de la cavité abdominale. C’est ainsi qu’il peut adhérer au côlon ascendant (Tixier), au côlon sigmoïde. Cette dernière adhérence s’explique facilement par.le fait de l'extrême mobilité de l’anse gastro-côlique. De plus, la tumeur, par son propre poids, tend à descendre ; elle va dans la fosse iliaque gauche et se fixe au côlon Sigmoïde par des adhérences parfois telles qu’elles ont
pu conduire à une colectomie très étendue,
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