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Examen d’un malade sans signes d’occlusion

C’est surtout en l’absence .de signes d’occlusion qu’on est amené à pratiquer un examen radiologique. Il n’est pas douteux qu’on hésite, chez un malade en occlusion, à faire un examen qui retarde de 8 ou 10 heures une intervention souvent très urgente.

a) Examen avec lavement opaque.

On administrera la veille au malade un ou deux lavements pour évacuer la partie terminale du gros intestin, Il faut aussi mettre, pendant plusieurs jours, le malade à un régime alimentaire qui laisse peu de déchets.

L'examen avec lavement opaque se fait après l'administration du lavement et surtout pendant la pénétration du lavement. Le malade est dans le décubitus dorsal, attitude qui ne fatigue pas et qui

AOC se prête à la prise de radiographies successives au cours de l'introduction du lavement. Celui-ci sera donné sous faible pression, de façon lente et progressive. Il faut s'arrêter si le malade accuse une vive douleur, signe qui manifeste l’arrivée de la colonne opaque au niveau d’un néoplasme, |

Figure 5.

Cancer de l'angle gauche, arrèt du lavement.

(d’après Bensaupe et GuÉNAUx.)

Avec Bensaude et Guénaux, nous distinguerons trois cas possibles :

a) Le lavement rencontre un obstacle qu'il ne par-

vient pas à franchir ;

HE ea

b) Le lavement subit un temps d'arrêt, puis finit par continuer son trajet, en donnant quelquefois une image anormale au niveau de l'obstacle ;

c) Le lavement ne subit pas d'arrêt.

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Figure 6.

Cancer du côlon transverse, image en flamme de bougie, (d’après BensAupe et GUÉNAUXx.)

a) LA COLONNE OPAQUE INTERROMPT BRUSQUEMENT SA COURSE

C’est un signe de valeur indiscutable.

— Quand l'arrêt est permanent et quand il persiste malgré l’augmentation de pression du liquide in-

jecté, le massage sous l'écran du segment intestinal où a lieu l’arrêt et les mouvements respiratoires forcés. k

— Quand la pression exercée par le liquide au point d’arrêt provoque une douleur vive, avec envie impérieuse d’aller à la selle.

— Quand, au point d'arrêt, se superpose une tumeur ou une zone douloureuse déterminée par la palpation.

À son point d'arrêt, la colonne opaque peut former un entonnoir ou dessiner une ligne irrégulièrement dentelée (fig. V) ou encore tracer une ligne droite. On voit aussi parfois la colonne opaque envoyer au delà du point d’arrêt un prolongement plus ou moins ombré qui rappelle la flamme d’une bougie, la colonne opaque représentant la bougie (fig. VI).

b) LE LIQUIDE, APRÈS UN TEMPS D’ARRËÊT, FINIT PAR FRANCHIR L'OBSTACLE

L'ombre intestinale peut alors ne rien révéler d’anormal ; ou bien son aspect s'éloigne de l’image habituelle, mais pas assez nettement pour donner lieu à une interprétation facile; on voit l’ombre s’atténuer très sensiblement à partir du point où s’est produit l’arrêt momentané.

Plus rares et bien plus significatifs sont les cas où un segment de l'intestin présente une image lacunaire : soit lacune totale, intéressant tout le. calibre de la portion cancéreuse, soit lacune latérale (fig. VII), sorte d’encoche claire sur l'ombre intestinale,

Figure 7.

Cancer de l’angle droit, image lacunaire.

(d’après Bensaupe et GuÉNAUx,

soit lacune circulaire diminuant le calibre de la colonne opaque sur un certain parcours en la réduisant à un mince filet plus ou moins régulier traduisant l’existence d’ün rétrécissement annulaire.

L'arrêt du lavement, avec ou sans lacune, s’accompagne de signes importants: la distension et les contractions des parois intestinales. Après l'injection du lavement, on peut voir se distendre de façon excessive tout ou partie du segment compris entre la tumeur et l’anus. L’existence de la sténose peut encore se traduire par des ondes contractiles (fig. VID),

De plus, il faut, sous l’écran, assister à l’évacua-. tion du lavement. On peut voir se vider toute la portion de l'intestin située au-dessous de la tumeur, les autres segments restant injectés ; cette rétention des matières au-dessus des parties évacués est un signe doublement précieux, puisqu'elle décèle la sténose et en indique le siège.

c) LE LAVEMENT NE SUBIT PAS D’ARRÊT

C’est le cas le plus difficile ; il est heureusement rare. Lorsqu'il ne se forme aucune image anormale, le radiologiste n’est pas autorisé à rejeter l’existence d’un néoplasme. L'absence d’image peut tenir au petit volume de la tumeur, à sa situation latérale où à son développement extrinsèque.

C’est dans ces cas-là qu’il faut faire un examen très attentif, car, malgré l’absence d’arrêt, le lavement peut dessiner une image lacunaire parfois très petite et par suite d'autant moins perceptible,

se

Figure 8.

Cancer de l’angle gauche, contraction péristaltique sous-néoplasique.

(d’après BensauDE et GUÉNAUX.)

b) Examen avec repas opaque.

Cet examen donne les mêmes signes que ceux fournis par le lavement, mais avec quelques va-

riantes.

a) L’ARRÊT DU REPAS. of peut se produire loin de l’endroit sténosé, quand il y a accumulation de matières fécales. Tout arrêt peut manquer quand la tumeur présente une disposition en clapet.

b) LE REPAS PEUT MONTRER UNE LACUNE. — Mais la

perception de cette lacune n’a de valeur que pour la moitié droite du gros intestin. En effet, les ma- titres fécales forment là une colonne continue avec un minimum d’incisures et d’interruptions, ce qui rend plus facile la perception d’une image lacunaire et laisse peu de doutes sur sa nature. À partir de la moitié droite du transverse, le repas ne parvient pas à distendre et à mouler la cavité du gros intestin.

c) Avec le repas, on peut enfin constater des Cox- TRACTIONS PÉRISTALTIQUES.

Donc, tous les signes donnés par le repas opaque se juxtaposent à ceux donnés par le lavement. Les deux méthodes doivent done être empicyvées, non pas séparément, mais simultanément, On commencera par l'administration du repas et on n’injectera

le lavement qu’une fois l’arrêt du repas constaté.

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