‹ Étude Sur Le Cancer Du Colon Transverse Et De Ses AnglesChapitre 68 sur 119 · Ily a des complications : abcès, occlusion. a) ABCÈS · texte numérisé non relu

Ily a des complications : abcès, occlusion. a) ABCÈS

Il ne faut évidemment pas toucher à la tumeur : toute mobilisation, toute résection pratiquée dans un tel milieu conduirait fatalement aux pires résultats. Il faut donc inciser l’abcès, le drainer, et, la plupart du temps, il sera bon de pratiquer en même temps une dérivation intestinale à distance, qui devra toujours être une cæcostomie. Si l’on juge, après deux ou trois semaines, que la tumeur est enlevable, on pourra hésiter à pratiquer soit une colectomie segmentaire, qui ne sera pas très indiquée, les sutures étant faites en milieu infecté, soit mieux, croyons-

nous, une extériorisation.

\ b) OCCLUSION

On a pu proposer de pratiquer, même en état d’occlusion, une colectomie étendue (Pauchet). Cette conduite est très mauvaise, les résultats en sont déplorables. II faut pratiquer la dérivation, qui sera un anus cæcal. Une entéro-anastomose n’est pas indi-

quée, car on sait combien sont précaires les sutures qui portent sur des anses intestinales distendues. Cet anus cæcal sera large; ce ne sera pas une simple fistule, mais un véritable anus.

On pourrait peut-être discuter l’extériorisation quand il y a occlusion. Beaucoup de chirurgiens l'ont pratiquée dans ce cas et notre maître, M. Cotte, a publié une observation de cancer du côlon transverse en occlusion traité par extériorisation. Nous pensons que ce sont des cas d’espèce. Un malade est en occlusion, le siège de l'obstacle est indéterminé sur le gros intestin, l’état général n’est pas trop atteint, les vomissements ne sont pas incessants, l’arrêt complet des matières et des gaz ne date pas de longtemps ; on est alors autorisé à pratiquer une laparotomie exploratrice : la tumeur du côlon transverse pourra faire immédiatement saillie en dehors de l’abdomen, comme dans le cas de M. Cotte, et on pourra facilement et sans danger l’extérioriser. Dans ces cas-là, on est souvent conduit à fistuliser immédiatement l’anse extériorisée, pour permettre l'issue des gaz ; la résection de la tumeur ne devant toujours être faite que le plus tard possible.

S’il s’agit d’un malade dont l’occlusion remonte à plusieurs jours, dont l’état général est déficient, il faut, de toute évidence, faire le minimum et prati-

quer sous anesthésie locale un anus cæcal.

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