D. Mollière. Loc. cit
GHRÆPINIRENI TE
Pendant fort longtemps, et presque jusqu’à nos jours, un préjugé populaire, répandu même dans le monde scientifique, voulait que le rectum ne püt pas être le siège d'accidents vénériens, et bien des malades atteints d’une lésion des organes génitaux dont ils connaissaient la nature, croyaient mettre leur femme à l'abri de toute contagion en pratiquant le coït anal. M. de Santi, en 1878, dans une étude sur le rétrécissement syphilitique du rectum (1), cite le P' Ch. Robin qui dans son cours a cherché à démontrer « que la muqueuse intestinale, c’està-dire cette portion de la muqueuse digestive qui s'étend depuis le tiers supérieur de l’œsophage jusqu’au bord supérieur des valvules semi-lunaires, est absolument réfractaire à l’inoculation syphilitique. M. Robin attribue cette propriété à l’activité considérable des follicules de la muqueuse. Par conséquent, d’après lui, le chancre rectal ne peut exister que dans la portion anale du rectum, dans cet intervalle qui sépare le bord supérieur des valvules semi-lunaires du sphincter externe de l'anus, intervalle qui représente le cloaque des animaux inférieurs, et dont
la muqueuse a la même constitütion que la peau. Rien
1, De Santi. Revue méd. de Toulouse, 1878, p. 199.
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n’est plus rare que ce chancre, Curling et le professeur Fournier ne l'ont jamais vu. »
Il est aujourd’hui bien démontré que le chancre rectal peut exister au-dessus même de la zône anale proprement dite, mais en revanche, si le chancre syphilitique peut s’inoculer sur le rectum, il semble que le chancre mou n’y rencontre point les conditions nécessaires à son développement ; ceci n’est d’ailleurs point absolument spécial, car M. Aubert (1) a montré que le chancre simple ne pouvait être inoculé sur les muqueuses à l'abri de l'air parce que la température de ces muqueuses est notablement plus élevée que celle des téguments externes. L’opinion du professeur Ch. Robin reste donc partiellement vraie, et de plus cette notion, au point de vue du diagnostic de la nature d’une ulcération rectale, est de la plus haute importance.
En abordant l’étiologie, nous devons considérer tour à tour et en dehors de toute hypothèse la fréquence du chancre syphilitique du rectum, l’Âge et le sexe où on le rencontre le plus ordinairement. Le petit nombre d’observations que nous apportons à l'appui de cette thèse prouve suffisamment la rareté des faits publiés ou observés. Il semble d’après les cas que nous avons pu recueillir que la femme soit plus exposée que l'homme puisque sur quatre exemples nous relevons trois femmes ét un homme. Cette fréquence plus considérable chez la femme a déjà êté signalée par les auteurs, ,et les raisons sont trop faci-
les à comprendre pour qu'il soit nécessaire d’y insister.