‹ Étude sur le chancre syphilitique du rectumChapitre 17 sur 22 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Le pronostic du chancre rectal dégagé de toute complication ne présente rien de particulier à signaler, sauf toutefois la possibilité d’un rétrécissement ultérieur. Comme pour tout chancre infectant, le pronostic est subordonné à la graine et au terrain : il n'y a pas d'intérêt à insister davantage.

Il importe dès le début d’instituer un traitement rigoureux qui, s’il ne met point le malade à l'abri des complications éloignées, contribue à guérir rapidement la lésion locale, et s'adresse en même temps à l'infection générale.

Localement, notre maître, M. Campenon, a combattu en même temps l'élément douleur et l'élément septique par des lavements à l’hydrate de chloral à 1 pour 100; on introduisit dans le rectum deux sondes, on injectait le liquide par l’une et il ressortait par l’autre : il importe en efict de, ne pas distendre le rectum. Il y a également avantage à employer des solutions chaudes, très chaudes même, sous forme de douches rectales, telles que les conseille M. Reclus. Quand on ne peut pas avoir recours à ces procédés, on conseille l'usage de suppositoires contenant des substances antiseptiques, l’iodoforme en particulier.

Il est nécessaire d’avoir débarrassé l'intestin par une P

purgation et de le maintenir libre pendant toute la durée du traitement.

Tant qu’on hésitera sur la nature de l’ulcération rectale, on n'instituera point le traitement spécifique, et on se bornera aux soins locaux sus-indiqués. Mais dès l’appariion de la roséole, et a fortiori plus tard, on donnera le mercure et l'iodure de potassium, suivant les règles posées par M. le professeur Fournier.

Chacune des complications nécessite également une thérapeutique appropriée : dans le cas de phagédénisme, on cherchera à modifier l’ulcération par des topiques fortement antiseptiques, et en plus, on soutiendra l’état

général, cause habituelle du phagédénique des chancres.

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