ANALYSE ET COMMENTAIRE
Pour l'analyse que va suivre j'ai pris mon point de départ dans un des meilleurs papyrus de la collection de Leide, que j'ai pu reproduire avec la permission acquise du gouvernement par l'intermédiaire bienveillante de M. le docteur Leemans, Directeur du musée d'Antiquités. C'est le seul de tous les manuscrits que j'ai eus sous les yeux qui soit complet et qui nous représente un texte bien écrit, facile à lire, et presque sans fautes. Je l'ai placé en tête de mon étude critique, suivent les textes moins étendus et moins exacts de la même époque, enfin les textes anciens. Cet ordre nous fait voir d'un coup d'oeil laquelle des rédactions est la plus courte et en quels points elles di£Pèrent entre elles. Au bas de ces textes j'ai écrit les variantes les plus intéressantes. J'ai choisi seulement les plus intéressantes , car si je les avais copiées toutes , il serait bien difficile d'en donner un aperçu. J'ai transcrit pour cela les textes en caractères romains , au moyen desquels j'ai pu reproduire même les fautes des scribes, sans le secours des types ég3rptiens.. Comme on le sait, une étude détaillée de notre livre n'est pas encore donnée , pourtant on ne doit pas s'attendre à ce que tout soit nouveau dans les pages qui suivent. Je serais bien ingrat envers mes savants collègues si j'oserais me rendre coupable d'un tel mensonge. Au contraire tous les égyptologues ont étudié notre chapitre, depuis Champollion jusqu'à nos jours pour aucun le livre n'a été terre inconnue et bon nombre de travaux, oii l'on rencontre des citations ou des traductions partielles pourront le prouver. Les travaux de M. Chabas sont pleins de remarques qui nous peuvent mener à bonne fin. M. Brugsch a traduit les parties a et d du do-
cament dans son catabgoe du musée de Berlin et dans son recueil de documents démotiques. M. Birch a traduit les mêmes pièces dans le supplément du travail de feu le chevalier Von Bunsen. M. Hincks a donné une traduction partielle dans le catalogue du Musée de Dublin^ enfin M. Reînish a traité aussi ce sujet dans sa description du musée Miramar. Ce sont là les meilleurs traités. On en trouve encore d'autres qu'il n'est pas besoin de citer dans notre travail: ce sont les traductions de M. Osburn dans le Monumental History et de M. Lenormant dans la revue Brittanique. La traduction de notre maître à nous tous, ChampoUion le jeune, n'a pas été faite pour être livré au grand jour de la publicité. Lors de mon séjour à Paris j'ai étudié à la Bibliothèque impériale ses manuscrits au sujet du Rituel, mais il me semble que je ferai bien de laisser ce travail hors de critique , parce qu'il ne contient que des remarques éparses d'un temps ou le savant s'avança en tâtonnant sur le domaine de la science à découvrir.
Après avoir introduit le lecteur dans notre étude je lui ferai voir les résultats que j'ai obtenus. Fuisse ce premier essai de critique sur le Rituel être suivi de bien d'autres encore. Nous commençons avec l'explication du titre.