Livre de Ventrée dans la salle delà double ju9tice[ou des justices
L'ancien canon:
t't-t-u xP" ^P^ ^ ^^TC'^ û* ïûati
Paroles lorsqu^on s'approche de lasaUe de la double Justice.
Quant à la rédaction du titre, les deux canons diffèrent, mais non pas pour ce qui regarde le sens de la phrase. Le mot s'ai't, est écrit dans tous les manuscrits avec le figuratif du rouleau de papyrus , déterminé par le bandeau. En phonétiques le mot se lisait /^H ^ f^^ > Sali. 2, p. 3, 1. 4. jp-4 ^^ff > > basse époque titre des s' ai n snsn^ en
copte C^Al , C^i; , C^H, acribere. Pap. 24 de Leide remplace s'ai't par ro en copte DO , caput, pars. Le mot r est écrit au dans le pap. 17 de Leide, cette forme se rencontre mainte fois aussi dans le pap. 16 et d'autres manuscrits des temps postérieurs à la XXV^ dynastie. C'est dans le copte 'G, l'autre forme se retrouve dans le copte 'EDO. — Le mot U8^'t signifie une grande salle, on le trouve ailleurs déterminé par un plan de maison comme |^^| et le copte
OVCUCy , latua y latitudo , peut être mis en rapport avec ce mot, signifiant une grande salle. Mali ou mati-u, est écnt de différentes manières. Deux déesses assises, ou deux Uraeus en sont le déterminatif et donnent la valeur d'un nom de déesse au mot en question. Outre ce déterminatif il s'y trouve tantôt deux plumes d'autruche , signes syllabiques ayant la valeur de ma, ou signes symboliques signifiant la déesse Ma, tantôt le déterminatif des noms de riions ou de villes. Une variante bien curieuse du mot se lit dans le pap. Leide 4, il se retrouve encore plus loin. Les déterminatifs du mot sont
p la pierre de taille est tout nouveau dans ce mot,
peut-être signifie t'il ici un bassin ou étang. Enfin on lit le mot entier soit au singulier soit au pluriel Toutes les formes excepté celle du déterminatif des riions , se trouvent dans les manuscrits des deux époques. Mais il me semble que le nouveau canon représente plutôt la forme plurielle et l'ancien canon la forme déterminée par le déterminatif des régions. Il &ut traduire le uïot par les Justicea, ou par les deux déesses de la justice ou par la régian de la double justice. M. Lepsius dit p. IS du Todtb. : u die Aegypter verbanden damit warscheinUcb den Begriff der belohnenden und beatrafenden Gereditig]seit. Afidere pflegen als Erklarung wohl ansugeben > dasz im Koptischen die beiden Begriffe dei GerecAticAheit T— JUIAI und der Wàhrkeit T— JUlHï oder TTJUL^ durch
zvvrei Wôrter bezeichnet werden welche auf einen Stamm zurûckzufûhren sind; die Aegypter hàtten also dièse beiden Begriffe durch dasselbe Wort im Daal ausdrûcken woUen. Es ist aber klar dasz eine ursprûngliche Identitat des Wortes nur aui' einer urspruaglichen Identificirung der beiden verwandten Begriffe beruhen konnte. Von den Chariten ist nicht eine die Gôttin der Anmuth, die andere der Gûte» die dritte des Dankes, weil x^P^^ ^ese drei Wortbeteutungen hat, sondern jede ist Gôttin dieser verwandten Begriffe zugleich. Der Begriff fna musste also in seiner Einheit eine Doppeinatur haben, wie sie sich in der Gerechtigkeit gegen Gut und Bôse, in den beiden Schalen der Wage der Gerechtigkeit von selbst darbietet , schwerer in dem Begriffe der Wahrheit zu finden ist. Horapollon (II, 118) nennt auch aosdriicklich die Straussfeder aïs Symbol der Gerechtigkeit, etc." M. Brngsch a remarqué que le mot mati ou mati-u est traduit dans le texte démotique tantôt par Grerechtigfceiten tantôt par un autre mot qui signifie Wahrheit. Nous verrons dans le cours de notre traduction lesquels des mots sont traduits par Wahrheit. Ici le texte démotique se Ut: nGôtter der Gerechtiffkeiten" Nous nous conformons à l'idée de M. Lepsius au sujet de notre texte, parcequ'il explique le dualis du nom divin, et nous rejetons l'opinion de M. Hincks et d'autres qui traduisent le mot par Truths, vérités.
Le Papyrus N°. III de Leide, nous représente un tout autre commencement du chapitre. Le voici:
mh-ht unn-f bta-u-f mn nb hru ot'
aimé il est ses actions passant chaque jour excelletd
abominables
• •• /wwy^^Jp
ta-ti sutn n
des deux mondes roi du
en approchant vers la salle des justices.
Nous ne voulons pas nous occuper longtemps de ce supplément, car les mots seront traités dans les pages suivantes. Je désire fixer l'attention sur la faute dans le mot hta-u que je
propose de lire ^^5- Je ^ 1 > &0'T , abominan , fi.OTH ;
abominaiio, B.OVl", ahominandum etc. Mh AH, remplir le coeur, signifie jouir de l'amour particulière de quelqu'un, être aimé de quelqu'un. Ainsi la femme d'Anepu est tout à fait éprise du jeune Batau, qui avait rempli le coeur de sa bellesoeur; vous pouvons donc traduire la phrase sus-mentionnée //il fut aimé du roi de l'Egypte."
Il faut encore observer la faute dans le mot mati-u, comme j'ai pu le remarquer (et je le prouverai dans cette étude par beaucoup d'exemples) : le papyrus de Leide N°. 3 est transcrit d'après un Rituel hiératique et la plupart des fautes peuvent être expliquées, si l'on transcrit les mots en caractères hiératiques, ainsi
cette forme peut être la transcription de ^# T 1 11 ^
comparez p. e. 125 , 1. 1 oii se trouve une forme ansdogue.
Le titre annonce ensuite ce que l'individu doit faire, lorsqu'il est entré dans la salle de la justice. Le texte 16 de Leide nous représente ici le supplément suivant.
r spru ;f ft hrti-u ntr-u tiau
vers approche lorsquil des cavernes des dieux (de) r adoration
in )2.k nV mï '^^ ou7 ^
tiau ha-t m pn ntr r ak tn
de gloire la maison dans ce dieu chez et entre vous
Le mot tiau ou simplement tau signifie, comme l'indique le déterminatif, honorer, adorer, glorifier , le co^te TTAAVIB, quoiqu'un mot composé, y peut être rapporté. Je rapporte à la même racine le mot tau indiquant quelque demeure, quel mot se trouve à la fin de la phrase. On sait que divers savants s'y
opposent et notamment M. Lauth, Leps. Zeitschr.,1863, p. 55» qui traduit le mot par Tiefe. Un autre M. Reinish a donné un excellent traité sur ce sujet p. 11: Ptahemwa; il traduit le mot par domw gloriae^ et démontre que c'est un endroit différant du ciel et de la terre où demeurent les âmes des défunts, qui ne sont pas encore arrivés au ciel, c'est le premier séjour des morts, après l'ensevelissement. La forme antique
du mot parait avoir été CTIljïç fji«5^ , Leps. Zeitschr. ,
1863, p. 54 et une variante, qui se rencontre mainte fois [73®* Comparez à ce sujet encore les traités cités. L'opinion de M. Lauth ne me paraît pas prouvée , certainement le tiau était le ciel inférieur, c'est-à-dire le lieu opposé au ciel supérieur je?^-/, les mânes y descendaient après la mort, mais faut-il pour cela qu'on cherche le sens du mot dans ce qu'il signifie par rapport au ciel supérieur? c'est ce que je ne crois pas. L'étymo-
logie du mot le met en rapport avec T' ^ Je jH^ f J i^B^.
Comparez Reinish , glorificare et rien ne s'oppose à la traduction de maison de gloire.
Les dieux des kerti-u sont adorés. Ker-ti-u est employé ici comme un adjectif, c'est un dualis suivi du signe du pluriel , ce qui nous défend de traduire le mot comme substantif. Kr-ti se dit d'une place cachée, d'une caverne, d'un trou. M. Chabas a traité le mot
p. 6 et 7 Mines d'or , c'est le dualis de J|^ ou o '^ ,
mot qui indique comme tel les trous des cataractes d'Élephantine, d'oii sortait le nil, comme on le croyait alors; ce fait est
mentionné Rit. chap. 149, 1. 62, la bouche du caverne tpA-t
du Nil se trouve aux kr-ti, les cataractes d'Ëléphantine , et un serpent y habite. Le serpent ainsi que le trou et le Nil sont représentés sur un monument qui se trouve , Champ. Monuments, PI. 93, ce monument a été publié aussi dans le nouveau Recueil de M. Duemichen, Tom. 11, PI. 79 A. Dans le
texte du Recueil p. 48, on en trouve une explication satisfaisante, la voici: //Unter ihren Felsen (der Katarakten Insel Bigeh) sitzt in seinem //Ker-ker'' in seiner Hôhle, gebildet durch eine sich windende Schlange, der Aegypten durch seine Flûthen ernâhrende Vater der Gôtter, //der doppelt verborgene, der doppelt heilige der sich erhebt in Senem (Bigeh)" wie die kleine, dem Bilde beig^ebene Légende erlautemd sagt/' Dans le copte se trouve le mot KUlK , k€K , volvere, C— KBDKEp » revolvere, SCODl , cataractae. Comparez Br. Zeitsch., 1863, p. 15. Toutefois le mot kr4iy ne me paraît pas être employé toujours dans le sens restreint de trou des cataractes, et on peut accepter avec M. Chabas que ce sont des puits, des trous, des cavités, des retraites occupées par les dieux. Comparez Rit., Chap. 127, 1. 8, où Ton prie d'ouvrir les portes du demeure de la gloire et d'indiquer les kr-ti. On peut comparer
à ce mot. Rit., Chap. 15, 1. 34 ^S , 141 titre
"^ ^ ^ = Chap. 142 , 1. 8. et "Chap. 147 , titre etc.
Brugscn, Zeitschr. Dans les Recueils de M. Duemichen, on trouve le nom du Mer de Nubie ^ Kr-ti, écrit par les signes
* S^ f 5/3 > II- I- C- I 18, 1, deux fois répé-
tés. Comparez la forme Brûgsch , Géorgr. m "^
Les dieux des kr-ti ou Imbitants des kers ne sont ici d'autres que les juges funéraires, et par les iers sont indiqués les villes d'où les juges sont venus au tribunal du dieu Osiris , qui est appelé ici le dieu qui est dans la maison de la gloire.
La seconde partie du titre nous indique ce que doit faire l'âme du défunt approché de la .salle.
16, Titre.
^^;;2Li2;
rj:
lagLipOjn
ari-f
^^UU-U-f
da
p;tja L. 17.
ari-n-f
;çuu-u-f
sa
p;ca L. 18.
ar-f
;^uu-u-f
sa
px:» i^- 21.
ar-n-f
;guu-u
sa
P;C"Xa I^- 24.
ar-n-f
;^uu-u-f
sa
p;ça Todtb.
ar-n-f
;guu-u-f
sa
p;ca D. 72.
ar-n-f
sa
nb ar-n-f
;jju-u-f
NN
Les variantes de py^a ne sont pas intéressantes L. 24 lit 9 \^ ^ft)XLL 9 6^ du iQOt ;^aim elles ne le sont non plus, les'^ manuscrits, excepte L. 16, lisent yuu. L. 24 lit t tCÔ» I^- 17 et 24 lisent «a /^fj» J^- 2. iV^V.
Bruffsch l.Li //Von die Rechtfertigung des Menschen, von der Abweisung seiner Sûnden/' Bouffé , Intr.i //L'homme y repousse les péchés qu'il a com-
mis."
Le canon nouveau se lisait:
p;^a sa m ;^uu-u-f ari-n-f
8e sépare Findwidu de ses péchés qu'U a fait L'ancien canon:
s. p;^a NN m ;^u-u-f ar-n-f nb
se sépa/re NN de ses péchés qu'il a fait tous. L'ancien canon est seulement représenté par le Pap. 2 de Leide; dans tous les autres manuscrits ce passage manque, toutefois il paraît par ce seul exemple que la phrase était connue.
Les mots sont faciles à expliquer. Dans ""^^ O L^Cd JXL
je regarde le signe 1^ , pour le syllabique ;^a, autrement il faudrait lire le mot Px.Xfl- ^^^ phonétiques du mot sont
O CD Ifl > déterminés par la moitié d'un cartouche , 83nnbole
de séparation^ et plusieurs fois aussi par le rouleau de papyrus. Le copte nuicy , franger e^ dividere, disrumpere^ en donne la vraie traduction ; comparez Chabas , Fap. Harr. s. v. Le mot est suivi de la préposition m comme l'indique l'emploi du mot dans notre texte. M. de Rougé traduit la phrase par //y repousse," mais il n'est pas question du mot y, dans le texte, et repousser, me panut plutôt une traduction âelon le sens que littéralement exacte.
Le mot X» I f > pour indiquer une personne quelconque , se
trouve déjà dans le papyrus Prisse « ainsi on ne peut pas regarder cette forme comme appartenant aux temps postérieurs. Comparez Pap. Prisse, PL 5, 1. Il , dans le copte Cà,l, forma, species. jçauu se lit dans les autres papjrrus yuu le copte cyoov^, vUis, levis, inanis, vanités en donne une traduction satisfaisante; comparez les lignes 37 et 39. La traduction démotique donne un commentaire de notre texte: ^/der Rechfertigung des Menschen, der Abweisung seinerSûnden." Ici py a est exprimé par pEVC, recusare, renuere.
Enfin le titre annonce le but de l'entrée dans la salle. L'individu y entre:
ntr-u hr maa au L. 17.
ntr-u hr-u nn maa r L. 18.
ntr-u hr-u maa-f r L. 21.
ntr-u n hr maa r L. 24.
ntr-u hr-u maa r Todtb.
ntr-u hr-u maa r D. 72.
ntr-u hr-u maa r P. 3115.
ntr-u hr-u maa r L. 3.
st am ntr-u hr maa r L. 5.
NN p;^a hr-u ntr maa r L. 6.
ntr-u hr-u maa r Nbkt.
Le nouveau canon ne diffère pas de l'ancien dans les points cardinaux.
r maa hr-u ntr-u
pcmr voir les visages des dieuœ.
Le texte du pap. L. 4 contient.
r br-u-tn maa r J^^ Ail f^^^ ^^ /www\|
r hr-u-tn maa r ai-a t't-f NN an t't'
à vos visages voir pour je viens II dit NN de parole
ntr-u
apu ntr-u
ces dieux
Ce passage manque aux papyrus de l'ancien style L. 2 et P.
3092. Les variantes de «»a« sont ^^-;:^ L. 3 et m ^