ETUDE SUH LE CHATEAU
d’Arpajon, fille du vicomte de Lautrec; et nous voyous dans les actes de la couronne d'Angleterre, et les hommages qu’il rendit au roi anglais, qu’il est qualifié noble et puissant seigneur. Il mourut le 4 janvier 1417, et laissa, entre autres fils. Jean de Roquefeuil, son aîné, qui devint propriétaire de tous ses domaines.
Gomme son père, Jean de Roquefeuil fut d’abord vassal de la couronne d’Angleterre; mais il est probable qu’il dut, avant de mourir, rendre hommage à son nouveau suzerain, le roi de France. C’est, en effet, pendant la vie de ces deux puissants seigneurs que se joue le dernier acte de ce grand drame que les historiens ont nommé la guerre de Cent-Ans. Sous Antoine de Roquefeuil, tout le Midi de la France, la Guienne, la Gascogne et une partie du Languedoc appartiennent aux Anglais : la royauté est presque nulle, la rivalité des deux partis alïaiblit le pays et les seigneurs, plus occupés de leur puissance que de l’intérêt national, ouvrent leurs portes aux soldats d’outre-mer. Lorsqu’il meurt, tous ses biens sont compris dans la Guyenne anglaise. Sous son fils Jean, la France se réveille, l’esprit patriotique s’empare du pays, et les vaillantes troupes de Charles Vil reprennent à tout jamais ce bon royaume de France, qui avait été si proche de sa ruine. En 1453, les Anglais n’avaient plus en France que Calais : et Jean de Roquefeuil mourut le 20 février 1477. il laissait huit enfants de sa femme Isabeau de Peyre, et c’est son troisième (ils, Bringuier ou Bérenger de Roquefeuil, qui devint, par la mort de ses deux ainés, son légataire universel.
DE ItONACil'lE.
C’est ce Bringuier qui bâtit le château de Bonaguil.
— Dans les actes, aveux et dénombrements précédents, où nous voyons les seigneurs de Boqueféuil rendre hommage tantôt au roi d’Angleterre, tantôt à celui de France suivant les vicissitudes de la guerre où se jouait le royaume de France, nous ne trouvons pas une seule fois mentionnés le nom et la terre de Bonaguil. Cette terre appartenait-elle aux barons de Castelnau? Il est peu probable de le croire, les principaux domaines de cette famille étant situés à une distance trop éloignée. La même raison nous porte à croire qu’elle ne devait pas faire partie des biens des Boquefeuil. Il est donc plus raisonnable de penser que Bringuier l’aurait trouvée, comme dépendance du domaine de Blanquefort. situé à très peu de distance, et héritage de ses ancêtres paternels. Cependant nous ne pouvons rien affirmer sur l’origine première de cette terre. D’un autre côté dans le nobiliaire de Guienne et de Gascogne *, nous voyons au chapitre de la famille de Fumel, que Arnaud de Fumel, noble homme, héritier de son père en 1453, fit le 25 décembre 1 460 donation à son frère Bernard, de tous ses biens et droits, avec haute, moyenne et basse justice, dans les lieux de Fumel et de Bonanguille, se réservant pour lui, une seule maison d’habitation, au lieu de Bonanguille. Mais rien ne porte à croire qu’il ait été propriétaire de la terre où plus-tard le
1 Par O’Iîilvy ; — Art. de, Fumel, — t. Ier.