OBSERVATION II
Thedaune (Auguste), 42 ans. Quartier-maître de manœuvre, Breton, était allé en ville dans la soirée comme permissionnaire. À 1 heure du matin ont lieu les premières évacuatons : Violentes coliques, suivies de quatre ou cinq selles liquides très abondantes. Les vomissements sont suivis de crampes. Malgré le traitement énergique employé par le médecin de garde de la Division la cyanose apparaît à 6 heures du matin.
A son entrée à l’hôpital (10 heures du matin) il peut encore
TT répondre aux questions qu'on lui pose, mais la voix est éteinte et cassée ; le pouls est filiforme, presque imperceptible, la respiration est lente et profonde, soif ardente ; vomissements à chaque ingestion de liquide; l’algidité et la cyanose sont complètes, et il meurt 10 minutes après avoirété couché dans un lit de la salle 3 (clinique médicale).
De l'avis de tous ceux qui venaient de voir expirer ce malade, il s'agissait bien selon toute probabilité d’un cas de choléra asiatique. L'autopsie fit reconnaître quelques heures après les lésions ordinaires de cette affection, j'aurai l’occasion d’en parler plus loin. L'observation de ce cas est d'autant plus intéressante dans l'espèce, que c'est sur lui que nos chefs, déjà tenus en éveil par la gravité des symptômes de l’entrant de la veille, se sont fondés pour affirmer l'existence probable du choléra asiatique à Toulon. Nous croyons savoir d’ailleurs, qu'immédiatement, l'autorité compétente à été mise au courant de ces faits et de l'opinion qu'ils suggéraient aux médecins traitants. [l appartenait en effet aux Médecias de la Marine, habitués dès les plus bas grades à affronter les épidémies, de signaler, les premiers entre tous, l'apparition du choléra dont ils avaient vu si souvent la triste figure.
15 Juin. Aucune entrée.
16 Juin. Monsieur M‘ Major du 4e de Marine, prend de bonne heure 15 gramme d'eau-de-vie allemande, ce qu’il faisait à peu près périodiquement. Vers 8 heures, évacuations abondantes, puis vomissements suivis bientôt d’algidité avec soif vive; désir insatiable de boissons froides. Agitation, anurie pen-
dant vingt-quatreheures; au bout de trente-sixheures tout rentre dans l’ordre, mais il reste une faiblesse générale qui ne disparaît que plusieurs jours après.
18 Juin. Un troisième matelot de Montebello entre à l'hôpital avec les signes d’un choléra moyen. Dans la journée on apporte un second second maître également de la division des équipages, et présentant aussi des symptômes cholériques assez accentués. Il nous apprend qu'un grand nombre de ses camarades sont atteints comme lui de diarrhée depuis plusieurs jours, mais que seul il est entré à l'hôpital parce qu'il avait eu des crampes et des vomissements.
19 Juin. Rien de suspect dans les casernes de l’infanterie de Marine, de la ligne et de l'artillerie, ni dans lhospice civil et à Saint-Mandrier.
Toutefois, le soir vers 10 heures, M. Duroch capitaine de vaisseau en retraite va mourir du choléra à sa campagne. Il avait été vu en ville dans Îa journée, demandant chez un pharmacien une potion contre la diarrhée.
20 Juin. La situation devient plus grave, le premier cholérique du Montebello succombe le matin. Depuis deux jours il était agonisant, après avoir éprouvé un semblant de réaction.
Un matelot de la division des équipages, gardien de bureau du Commandant en second, est apporté danslasalle 3,avectous les signes d’un choléra algide, et meurt le lendemain.
Le soir encoré un entrant de la division (choléra Moyen.)
21 Juin. Un cas léger de la division,
Jusqu'à présent comme on le voit c’est la division des équipages de la flotte, où les matelots sont casernés sur de vieux vaisseaux qui donne surtout. Mais à cette date du 21 se produit un fait très important. Un premier cas foudroyant se déclare parmi les ouvriers du port (Arsenal de la ville). Nous apprenons en mème temps que cinq ouvriers atteints de vomissements avec grande faiblesse sont venus demander des secours à l’'ambulance de l'arsenal principal. Tous les cing meurent dans la soirée ou le lendemain, dont deux à l'hôpital et trois à leur domicile.
Le jour même on signale un cas foudroyant au Lycée sur un élève âgé de 14 ans.
22 Juin. Un soldat d'infanterie de marine de {a caserne du Mourillon est apporté mourant à l'hôpital. Il s'agit d’un jeune soldat qui avait été de piquet la veille à l'enterrement du commandant Duroch. Les accidents cholériques avaient débuté le soir à 10 heures, mais il y avait de la diarrhée depuis plusieurs jours ; il meurt deux heures après son entrée à l’hôpital.
Dans la journée neuf autres entrants dont deux soldats du 61° de ligne. Sur ces neuf cas deux morts.
23 Juin. 13 entrées, 1 cas mortel.
24 Juin. 3 entrants, 2 morts.
Dès ce jour on installe un service de cholériques à Saint-Mandrier, et il n'entre plus à l'hôpital principal que des cas dont l’état ne permet pas d'attendre le départ de la canonnière qui assure les communications entre Toulon et Saint-Mandrier.
25 Juin. 3 entrants, dont 1 grave.
26 Juin.
27 Juin.
AS 9 entrants, I grave, [ mort.
1 entrant.
28 Juin. 6 entrants dont r cas intérieur.
29 Juin. Néant.
30 Juin.
DÉNLTAaNtS TIMOR
1e" Juillet. 3 entrants, 1 mort.
2 Juillet.
3 Juillet.
4 Juillet.
5 Juillet.
6 Juillet.
Juillet.
intérieur.
8 Juillet.
9 Juillet.
2 entrants, (2 cas intérieurs), 2 morts.
2 entrants, I moft.
1 entrant, (cas intérieur).
s entrant.
1 entrant, (cas intérieur), mort.
6 entrants dont 5 gra”es, 5 morts, 7 cas
1 entrant, Cas intérieur, grave.
Néant.
10 Juillet. 1 entrant, (cas intérieur), mort.
11 Juillet. 5 entrants(3 cas intérieurs), dont 5 morts.
12 Juillet. 1 entrant (cas intérieur), mort.
13 Juillet. 1 entrant (cas intérieur), mort.
A cette date l'hôpital principal situé dans la rue Nationale est évacué. Les cholériques qui yétaienten
traitement
sont dirigés sur Saint-Mandrier. Les
blessés sont envoyés à l'hôpital du Bagne situé dans
l’Arsenal.
à” à JANET
CHXPLPRENIT
Provenance des cholériques. Statistique au point de vue de la gravité.