PROVENANCE ET MORTALITÉ
a. Division des équipages (Pontons). 20 cas 6 décès
Navires armes bar at abat ail 5 cas Néant.
DUNHCLE AU DOTE EURTEe 16 cas 7 décès NarmsVéteranstere.: RE 1 Cas t-décès Infanterie de marine........ HAT icCas >décos JAfan ETC BRENT ERe ee. 7 cas 1 décès AH LIÉ tr RE Cl un 6 cas 2 décès Officiers CTAdANEMeRe nn Les Jicas Jrdéces Seurs de Charité ee nee 3 cas 2 décès TM ICS ET PR CE 3 cas 2 décés DISDNEREITITINE EN 3 cas 3 décès
dont un intérieur.
86 cas 30 morts
AAC
b. Morbidité 33 cas graves. 30 morts 16 moyens.
21 légers.
16 douteux.
En résumé du 13 juin au 13 juillet, on a eu à soigner 86 cas à l'hôpital principal. Il faut nécessairement défalquer les cas douteux (accidents nerveux des 86 cas) si l’on veut se rendre compte de la proportion de la mortalité par rapport aux atteintes. Cela donne en conséquence presque 1 décès sur deux atteints.
CEAREERESTE
Circonstances précédant l'invasion du choléra.
A cette place, il conviendrait d'essayer de faire voir par quelle fissure le choléra asiatique a pénétré dans le faux-pont du Montebello. Faut-il faire intervenir cette histoire ancienne du navire qui, brillant vaisseau desrfr rang, eut, en=Crimée; en ‘une seule nuit, 82 hommes enlevés par le choléra, apporté là-bas du reste par un transport venant du littoral de Provence alors contaminé. Il est inutile de prouver l’inanité de cet argument avancé au début de l'épidémie. Le Montebello à armé et désarmé nombre de fois depuis la Crimée, et enfin, pendant qu'il était vaisseau- école de canonnage, des milliers de matelots s'y sont succédé sans que jamais il ait été fait mention même
ct
de constitution diarrhéique dans les rapports des différents médecins-majors.
Deux autres hypothèses, à notre sens aussi peu fondées, ont été émises sur l'origine du choléra à Toulon. Ce sont :
. 1° Le déchargement de la Sarthe ;
2° L’apportàla division des équipages dela flotte de sacs, de vêtements provenant de matelots décédés du choléra en Cochinchine. Je n'ai pas l'intention de réfuter ici toutes les absurdités que les journaux même les plus sérieux ont émises avecla plus grande légèreté sur cette malheureuse Sarthe, je vais simplement exposer les faits. La Sarthe, on le sait, a eu deux cas de choléra pendant sou séjour en Cochinchine. Elle est arrivée le 3 juin à Toulon, et n a été mise en libre pratique que le 5, après avoir purgé sa quarantaine. Le 7 juin,on a commencé le déchargement aux appontements de Castigneau, lieu assez voisin de la division des équipages, ce qui peut faire supposer qu'il y a pu avoir communication entre des matelots de la Sarthe et des hommes dela division. Le 13 juin,c'est-àdire six à sept jours après éclate le premier cas du Montebello. I] faut bien l'avouer, c'est une coïncidence qui donne à réfléchir. Mais faisons remarquer que le navire a été complètement désinfecté à Saigon, qu'ilamis quarante-cinq jours pour revenir, et que pas un homme de l'équipage n'a été atteint pendant la traversée, ni depuis que le bâtiment est de retour. Quant aux sacs des matelots décédés en Cochinchine, rien ne reposant sur des preuves certaines n’a pu être reconnu dans l'enquête minutieuse faite à cet égard. Un trans-
2 49 = port de l'Etat, le Mytho, aurait embarqué ces sacs pour les rapporter en France, mais recevant à Singapore l'ordre de retourner au Tonkin, il les aurait remis à la corvette la Victorieuse qui rentrait à Toulon. Une fois à Toulon, ces sacs auraient été ouverts et vendus à la division des équipages. Hâtonsnous, du reste, de dire de nouveau qu'il n'y a rien de confirmé à ce sujet. Nous laisserons à dessein de côté tous les autres éléments étiologiques appartenantsoit au sol, soit à la météorologie. Il est certain que ces causes prédisposantes ont joué un certain rôle, mais une série d’autres causes appartenant surtout à l'individu ont pu être aisément relevées, et voici ce que nous avons pu recueillir à cet égard.
Comme l’a dit M. Fauvel, l’immunité contre le choléra est proportionnelle à la résistance vitale des individus, et variable comme elle. Cette loi qu’on peut élever à la hauteur d’un axiome, s’est encore une fois pleinement vérifiée, depuis la nouvelle apparition du choléra à Toulon. Pour une raison ou pour une autre, nos cholériques, surtout ceux qui ont été gravement atteints, étaient en résistance moindre depuis un certain temps avant que lépidémie ne les touche.
Ainsi, nous pourrons noter tout d’abord les logements insalubres et la nourriture défectueuse pour. les ouvriers du port, surtout ceux d’origine corse.
En second lieu, les excès alcooliques habituels auxquels se livrent nos matelots pendant une ou deux journées de bordée. Nous pourrions citer de
” nombreux exemples à l'appui de cette assertion émise
d'ailleurs par tous les auteurs qui ont écrit sur le choléra. Nousen avons un cas frappant sur un quartier-maître canonnier qui, après s'être livré à des excès alcooliques dans la soirée, est pris le lendemain à midi de diarrhée subite, crampeset vomissements, entre à l'hôpital à 7 heures du soir en état complet de cyanose et d’algidité, et meurt le lendemain sans réaction à 5 heures du soir.
La nostalgie et l’action dépressive qu’elle exerce sur l’organisation est à signaler pour les jeunes soldats provenant du 4e de marine et du 61e de ligne. Nous pourrions ranger dans cette catégorie les détenus de fa prison maritime.
Les malades en traitement, les blessés, réalisent aussi à un haut degré ces conditions de moindre résistance. Parmi les cas intérieurs qui ont été si nombreux dans notre hôpital principal on peuten compter de deux sortes, les uns ont été fournis d’abord par des malades des salles voisines, déjà afaiblis soit par une albuminurie, soit par une bronchite chronique, soit ‘par un long séjour au lit du fait d’une affection chirurgicale quelconque. Les autres se sont produits sur le personnel hospitalier qui se trouve naturellement beaucoup plus exposé, et dont le service devient plus pénible en temps d'épidémie. Des infirmiers, des sœurs de charité, et notre camarade Dumas (Hilaire), étudiant en médecine, sont ainsi tombés victimes de leur devoir.
Ce qui frappe dans cette épidémie de 1884 c'est le mombre et la gravité des cas intérieurs dans l'hôpital principal, alors qu'en 1865 et dans les épidémies an-
ot térieures ils avaient été.relativement peu nombreux.
Pour quiconque connaît cet établissement, le fait n’a rien qui doive étonner. Les plus mauvaises conditions hygiéniques s’y sont pour ainsi dire donné rendez-vous. Vétusté, mauvaise disposition des conduits et des latrines, petites cours intérieures humides et mal aérées. La salle 2 (Fiévreux) a été touchée la première, elle ne se trouve pourtant pas dans le même corps de bâtiment que les salles 3 et 7 où étaient les cholériques, mais le premier malade qui a été atteint était couché non loin de la porte qui conduit aux latrines. Par une disposition malheureuse, tous les tuyaux de chute des salles vont aboutir à une fosse fixe, véritable cloaque, situé à la partie Est des bâtiments de l'hôpital occupés par la salle 2. Il s’en suit que les déjections des cholériques des salles 3 et 7, situées à l'Ouest, il est vrai, ont naturellement suivi le tuyau collecteur qui longe la partie Nord pour venir se déverserdans cecloaque, et ontpu ainsi être la première cause de ces cas intérieurs qui se sont produits à la salle 2 dans un point diamétralement opposé.
Deux infirmiers sont morts foudroyés à un jour d'intervalle, ils étaient attachés au service de la pharmacie de détail. Ce local, des plus: insalubres, est situé dans une petite cour intérieure, humide, mal aérée, traversée par un égout, et non loin de deux tinettes filtrantes du service des officiers, où était mort peu de jours avant notre malheureux collègue et ami le docteur Borel, médecin de 1rre classe. De plus, le premier de ces infirmiers, le quartier-maître
99 — Pons, avait été employé à désinfecter la chambre où était morte une sœur cholérique.
Les deux sœurs de charité qui ont succombé, étaient toutes deux chargées d’un service dangereux. Le première était la sœur veilleuse qui traversait souvent la nuit la salle des cholériques, prodiguant ses soins et ses consolations aux malheureux qui y mouraient La deuxième était attachée à ce service spécial. Quant à notre camarade Dumas, il faisait partie du personnel de la salle 2, où s'étaient déjà déclarés plusieurs cas. [1 était entré à l'hôpital atteint de diarrhée depuis peu de jours, et en était sorti le 10 juillet au matin, n'ayant plus de selles suspectes depuis 48 heu‘es, quand le 10, à 11 heures du soir, il est pris chez lui d'une diarrhée subite et de vomissements. [1 se fait porter à l'hôpital à 3 heures du matin. On constate un peu de pâleur de la face, extrémités chaudes, pouls bon. Crampes au mollet et selle involontaire à 4 heures. À 5 heures, l’alvgidité s’établit aux extrémités. À 6 heures, angoisse épigastrique, yeux excavés, abattement. À 8 heures, la cyanose apparaît, pouls insensible. À 9 heures, essai de réaction, mais la cyanose augmente. A 9 heures 30, agitation et délire. À ro heures, perte de connaissance. Mort à 10 heures 15 du matin.
Comme je l’ai déjà dit du reste, en présence de ces cas foudroyants de contagion intérieure, qui ont été au nombre de 14, l’ordre est donné d’évacuer l’hôpital principal. Sans vouloir faire ici entre cet hôpital et celui de Saint-Mandrier un parallèle qui m’entraincrait trop loin, tous ceux qui ont visité nos deux hôp.-
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taux à Toulon comprendront de prime-abord pourquoi les cas intérieurs n’ont pas été observés à Saint- Mandrier.
Cet hôpital, situé loin du foyer cholérique, dans la presqu’ile de Sépet, se trouve déjà dans de merveilleuses conditions d'aération. Au lieu de cet entassement des différents services dans des locaux étroits, sombres, entre ces petites cours malsaines dont j'ai déjà parlé, il nous offre d'immenses salles bien orientées, de façon à être balayées par les brises de nord-ouest et de sud-est. Le bâtiment consacré aux cholériques est séparé des autres par un vaste jardin, et l'hôpital proprement dit dont les différentes ailes ne communiquent entre elles que par des ponts,tourne sa façade ensoleillée vers une cour intérieure dont les dimensions contribuent à donner un cachet grandiose à ce splendide établissement.
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