A REPORTER
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CONSTITUTION. — Los doux tioTS des malades soumis à notre observation nous étaient déjà connus; quant aux autres, ils ont été vus dans de telles conditions qu’il est impossible de rieii dire relativement à leur constitution. — Parmi les premiers, nous pouvons dire que les constitutions de toute nature ont donné prise à la maladie ; mais, généralement, les sujets bien constitués ont été atteints de préférence, pour ainsi dire, aux autres personnes ; ce résultat parait moins étonnant lorsqu’on se rapporte à ce que nous avons dit relativement à l’âge.
Influence des fonctions génésiques de la femme sur la production du choléra.
Parmi les cent malades que nous avons observés, nous avons eu à constater l’affection cholérique, sur cinq femmes enceintes ; parmi elles deux ont succombé, les trois autres ont guéri. — Deux femmes nourrissaient au moment de l’atteinte, l’une d’entre elles était accouchée depuis 4 jours. Il nous a été à peu près impossible d’avoir des renseignements sur l’époque menstruelle; le trouble auquel étaient en proie les personnes qui entouraient les malades, l’état grave dans lequel se trouvaient les femmes atteintes , ne nous ont pas permis d’arriver à un résultat- que nous puissions consigner ici.
Des maladies au point de vue étiologique.
Deux de nos malades ont été atteints dans le cours d’une rougeole, un dans le 2® septénaire d’une fièvre typhoïde ; quatre cholériques étaient depuis longtemps fatigués par une dyspepsie assez considérable. — Ainsi que nous l’avons déjà dit, beaucoup de nos malades nous étaient déjà connus, aussi en comparant le chiffre de ceux que le choléra a envahis, avec celui de nos autres malades qui ont été épargnés, nous ne pouvons établir de relation entre le développement du mal et l’existence des maladies antérieures.
Nous n’en dirons pas autant de l’état moral des individus atteints. Il est sans doute bien difficile pour le malade, lorsqu’il peut donner des renseignements, de les donner exacts, et ceux que fournissent les personnes qui lui donnent des soins ou qui le fréquentent d’habitude, sont bien souvent contradictoires, et cependant nous devons noter que 13 de nos cholériques, et parmi eux, il est vrai, se trouvent sept personnes pour lesquelles on peut invoquer d’autres causes, nous avaient vus dans le courant de l’épidémie et paraissaient sous 1 influence d’une peur très-vive. Parmi les derniers cas que nous avons observés est celui du nommé G..., demeurant boulevard National, 149, jeune
homme de 22 ans, sans antécédents morbides, qui, ayant passé jusqu’au 10 octobre hors de Marseille, a été atteint le 13 du môme mois, et a succombé le même jour, sous l’influence bien évidente de l’impression qu’il avait ressentie d’un cas de choléra terminé par la mort, sur une personne de sa connaissance.
Pour terminer ce qui se rapporte aux causes prédisposantes, nous noterons qu’aucune récidive de choléra ne s’est rencontrée dans nos observations.
Parmi celles qui ont eu la mort comme terminaison, et après une réaction bien établie, il s’est bien présenté quelques-uns des symptômes de la période algide, refroidissement, cyanose ; mais il s’est agi dans ce cas, pensons-nous, bien plus de cet état adynamique dont nous traiterons dans la symptomatologie, que d’une nouvelle atteinte du mal.
Causes occasionnelles.
Les écarts de régime ont sans doute contribué dans un grand nombre de cas à développer la maladie chez des personnes qui s’y trouvaient d’ailleurs prédisposées. Cette causé ne s’est que rarement présentée à nous. Aussi, ne citerons-nous que deux
hommes qui ont été atteints après avoir été ramassés ivre-morts au milieu de la rue, et une femme qui, accouchée depuis 4 jours, n’avait pu résister à la tentation de manger des marrons.
Mais, si nous ne pouvons faire remonter dans l’immense majorité des cas, le développement du choléra à une cause occasionnelle de ce genre, nous devons dire que presque tous les malades près desquels nous avons été appelés à donner des soins, avaient, comme tout le monde, fait un usage exagéré des excitants et surtout des alcooliques. — Nous verrons tout à l’heure que ces excès journaliers ont été reproduits d’une façon plus grave encore dans les cas d’indisposition ou au début des atteintes du mal.
La moitié environ des sujets qui ont eu le choléra et que nous avons suivis pendant leur maladie avaient eu, dans les jours qui ont précédé l’invasion du mal, une diarrhée plus ou moins abondante, plus ou moins persistante. Nous pensons que cet état de l’intestin ou du tube digestif, développé sous l’influence d’une alimentation mauvaise ou trop copieuse, entretenu par la négligence, a dû, bien souvent, favoriser la production du choléra; mais faut-il d’une cause occasionnelle et déterminante faire le début des symptômes de l’affection cholérique? On a donné à la diarrhée qui précède la manifestation évidente du choléra le nom de
diarrhée prémonitoire. Cette dénomination nous paraît impropre, — car, de deux choses l’une, ou bien la diarrhée est purement et simplement une cause et il ne faut pas alors en faire un symptôme, ou bien, comme nous l’avons observé souvent, elle ouvre la marche des manifestations morbides, mais elle est suivie de très-près par les vomissements, et s’accompagne, dès son début, de l’état du pouls et de la langue; — pourquoi, dès lors, faire une exception en faveur de ce symptôme ? Le lumbago de la variole, la douleur de la pneumonie, l’angine de la rougeole, le larmoiement de la scarlatine ont-ils jamais été appelés prémonitoires? Cette dénomination qui attache à ce symptôme une importance très-grande, est, au point de vue des soins que les malades apporteront à un flux diarrhéique en temps d’épidémiè cholérique, une chose que nous ne blâmons certainement pas, mais qui ne nous paraît pas avoir sa raison d’être au point de vue scientifique.
De la transmission, — Nous avons suffisamment établi que l’influence épidémique nous a été transmise d’abord parles arrivages d’Egypte ; que cette influence s’est ensuite maintenue et développée par des causes diverses ; mais nous n’avons jusqu’ici considéré cette transmission qu’au point de vue général , qu’au point de vue des masses. Or,
comme conséquence de ce que nous avons relaté plus haut, et comme conséquence de nos observations particulières , nous devons considérer la transmission comme la cause déterminante la plus sérieuse , la plus terrible. Nous ne pouvons nous refuser à admettre , malgré des idées préconçues, que chaque cholérique rayonne des émanations particulières , susceptibles de faire naître le choléra sur un sujet prédisposé. Nous ne reviendrons pas sur les faits cités plus haut. Nous nous contenterons d’enjoindre quelques-uns. Les domestiques et les ménagères employés habituellement par des personnes qui sont dans de bonnes conditions de fortune, et partant d’hygiène, nourris et souvent logés chez ces personnes , nous présentent dans notre total des décès , un chiffre assez considérable.
Ces personnes sont , on ne l'ignore pas, les premières appelées à donner leurs soins aux malades. Plus que les parents, les amis , les médecins, elles se sont trouvées en rapport avec les cholériques , et c’est là la cause réelle de la facilité avec laquelle elles ont été atteintes. Dans deux familles où nous avons été appelés , le malade a enterré sa garde-malade , et c’était une domestique et une ménagère.
Le tableau que nous donnons ici du chiffre des décès établi par maisons dans une même rue, cor-
robore notre manière de voir. Ainsi , sur 688 rues classées , nous constatons :
nuES.