QUARTIERS
Saint-Louis
Saint-Loup
Lattaque
Saint-Lazare
Saint-Lambert
Malemousque
Sainte-Marguerite .
Menpenti
Montredon
Port (vieux)
Prado.
Rouet
Roucas-Blanc
Vallon de l’Auriol.
Valentine
DECES.
Des moyens prophylactiques.
Au début de toutes les épidémies , les murs de chaque rue , les vitrines des pharmaciens , la quatrième page des journaux sont remplis d’affiches multicolores annonçant des spécifiques infaillibles contre le mal , et c’est ce qui s’est encore produit cette année. La population menacée ou atteinte court en masse s’approvisionner de ces merveilleux médicaments ; de plus , à l’apparition du plus léger symptôme , on administre à celui qui en est atteint, l’un ou plusieurs de ces remèdes. On vole chez le pharmacien voisin qui délivre , dans un but sans doute bien louable , du laudanum ou des liniments , sans instruction et sans ordonnance de médecin ; et ce n’est que lorsque la mort est pour ainsi dire imminente qu’on se décide à appeler ce dernier.
C’est là, et nous ne l’avons malheureusement que trop souvent constaté , un fait contre lequel nous ne saurions trop nous élever. Le choléra est, nous le démontrerons plus tard , une de ces affections contre lesquelles l’art ne peut lutter qu’au début. Se servir, au moment ou apparaissent les premiers symptômes, des médicaments ou des systèmes spéciaux , c’est s’exposer d’abord à perdre un temps précieux, à laisser le mal envahir complètement
la victime ; c’est s’exposer ensuite à causer gratuitement, à une personne légèrement indisposée, des accidents sérieux par leur nature et par leurs conséquences. Nous tenons de deux de nos confrères, qu’ils ont eu à traiter, pendant les trois mois derniers , trois empoisonnements par le laudanum, et nous avons , d’autre part, constaté que plusieurs des malades que nous avons vus in extrémis, avaient cru semettre à l’abri du mal en prenant deux ou trois gouttes de laudanum ou quelques cuillerées d’élixir.
Des causes qui ont amené la décroissance de l’épidémie:
Nous ne serons pas bien longs à ce sujet. — Le soin que l’on a mis à poursuivre les mesures hygiéniques prises au début; l’établissement, trop tardif, il est vrai, des bureaux de secours ; l’émigration qui n’a cessé de se produire jusqu’à la période la plus élevée du mal , ont puissamment aidé , ainsi que les pluies et l’abaissement de la température, à nous délivrer du fléau. Mais la plus puissante de toutes les causes, et nous ne faisons ici que nous en rapporter à toutes les épidémies de quelque nature qu’elles soient , nous devons la trouver dans l’affaiblissement du principe morbifère. A
part quelques cas très-sérieux, à part quelques recrudescences de courte durée, à partir de la troisième semaine de septembre , les cas se sont présentés en moins grand nombre, avec moins de gravité ; et la raison la meilleure que nous puissions trouver pour appuyer ce que nous avons dit relativement à l’affaiblissement de l’influence épidémique , c’est la persistance du décroissement, malgré le retour en masse des émigrants, malgré les causes qui auraient pu, en d’autres moments , rallumer ce foyer presque éteint.