HAUTEUR
barométrique i moyenne. 1
HYGROMÉTRIE, l
DIRECTION I
et intensité des vents, j
1 S. -O. KIJ
Quoique les différences de température pour le mois de juin ne soient pas très-considérables, entre l’année 186A et 1865, nous devons faire remarquer
que les observations thermométriques ont été prises, pour l’année 1864, à 7 heures du matin et à l’observatoire de Marseille qui est dans une situation relativement plus froide, tandis que celles de 1865 ont été prises de 8 à 9 heures du matin à l’hôpita,! militaire.
Les vents qui ont régné à cette époque ont eu, comme on peut s’en convaincre par la simple inspection de ce tableaUj leur direction habituelle, avec une intensité moindre. Pouvons-nous attribuer à cette cause quelque influence dans l’invasion cholérique? Le docteur Sélim-Ernest Maurin s’est servi, pour l’admettre, de l’ingénieuse théorie des vents alisés, et d’après lui les miasmes putrides, transportés par les vents périodiques, nous arriveveraient presque en ligne directe du Gange ou des contrées envahies par le fléau et situées sur le trajet de ces courants d’air.
Nous ne répondrons que fort peu de choses à cette théorie; c’est qu’elle est en désaccord complet avec les faits :
1“Si, pour déterminer l’arrivée de ces courants pestilentiels jusqu’à nous, il faut des températures élevées, l’année 1864 au mois de juin et avant l’invasion, n’est pas, sous ce rapport, bien différente des années précédentes, et cependant nous avons eu le choléra.
2* Si cette condition de température n’est pas
indispensable, ce fléau doit nous visiter tous les ans sans exception parce que les vents alizés soufflent deux fois par an et une fois du Gange vers nous. Or, depuis onze ans pas d’épidémie cholérique.
3® Si les longues distances peuvent interrompre, affaiblir le courant, cela ne peut avoir lieu pour de petites distances, et les appareils météorologiques doivent démontrer l’existence de ces courants et de leur direction. Or, que voyons-nous dans nos observations? Des vents de direction et d’intensité variables, avec prédominance du vent nordouest.
Il nous faut donc chercher une cause ailleurs et nous espérons pouvoir démontrer bientôt, que c’est par les navires venant d'Alexandrie que la maladie nous a été transmise.
Invasion du choléra à Marseille.
Une affluence considérable de pèlerins s’est portée, cette année, vers la Mecque. Les sacrifices sur le lieu saint ont été plus nombreux que d’habitude; et au milieu de cette masse d’hommes et d animaux, le mal asiatique est venu fondre, pour se porter avec eux dans toutes les directions. Alexan drie a été cruellement atteinte par le lléau, et
pendant tout le mois de juin sont arrivés en libre pratique, dans notre ville, des navires chargés d’émigrants et de pèlerins, de bagages et de marchandises.
Ainsi, sont arrivés :