SUR
Historique
De nombreuses observations publiées, depuis le commencement du siècle, par des auteurs sérieux, établissent la possibilité de la présence des helminthes dans l’œil. La découverte de l’ophthalmoscope a levé tous les doutes, en permettant de les apercevoir dans les parties les plus profondes de cet organe. On les a trouvés dans les paupières et les sourcils, sous la conjonctive, dans le tissu cellulaire périorbitaire, dans l’humeur aqueuse, dans le cristallin, entre la rétine et la choroïde, dans le corps vitré. Sur 54 observations relevées dans les publications françaises et étrangères, nous trouvons le siége de la lésion ainsi réparti: .
Paupières et sourcils . on M ois Tissu cellulaire de l’orbite, . . . . . 40 »
Chambre antérieure . . . . . . . . . 9 »
CONJONCHTE TARLET EEE MNEERE CAS LS CORRE ee de ou tale
Ces helminthes se rapportent aux six espèces principales suivantes: 4° Echinococchus hominis ; 2 Monostoma oculi humani;
OR 3° Distoma oculi humani:
4 Filaria oculi humani; 5° Filaria medinensis; 6° Cysticercus cellulosæ.
& 1.— Æyste hydatique de l'orbite
Weldow a parlé, le premier, des kystes hydatiques de l’orbite.
En 1806, il publiait dans Cases and observations surgery un cas de tumeur de l’orbite qu’il avait ponctionnée, et d’où il retira, au bout de cinq à six jours, un kyste qu’il prit pour une hydatide. En 1820, un cas semblable s’offrit à Lawrence, et ce chirugien crut aussi à une hydatide. Deux ans plus tard (4822), Delpech traitait à Montpellier une tumeur de l’orbite de même nature, et, dans ses Cliniques chirurgicales, où il rapporte le fait, il n’hésite pas à lui donner le nom de kyste hydatique. Velpeau, cependant, semble ne pas croire à ces sortes de tumeurs, et, sans parler même du cas de Delpech, il se contente de citer, d’une part, Gutherie et Schmidt; de l’autre, Travers, comme disant en avoir observé. Depuis cette époque, des observations authentiques et vérifiées au microscope sont venues établir l’existence de kystes hydatiques dans le tissu cellulaire de l'orbite. En 1846, Goyrand (d’Aix) rapporte dansle Bulletin de thérapeutique un exempie d’acéphalocyste solitaire de l’orbite. La même année, Ansiaux observait un cas semblable d’hydatide au dispensaire ophthalmologique de Liége. Depuis, trois nouveaux cas sont venus s’ajouter à ce dernier : l’un, de Bowmann, s’est offert au London ophthalmic Hospital ; l'autre s’est présenté à de Græfe, en 1863, et le dernier enfin a été publié, en 1866, dans l’ Australian medical journal.
& 2. — Filaire de la conjonctive
Le premier cas de ce genre fut observé en 1762, aux États-Unis, dans l’œil d’un cheval. Eu 1763, Bajon, exerçant à Cayenne, enleva de
eee
l’œil d’une négresse un jeune dragonneau qui s’était logé entre la sclérotique et la conjonctive. De son côté, Guyot, chirurgien de la marine, en rencontra plusieurs exemples dans les voyages qu’il faisait sur la côte d'Afrique. En 1812, Larrey; en 1832, le D' Roulin; en 1844, Lonegau, ont publié plusieurs cas recueillis sur des sujets natifs de St-Domingue et d'Afrique. L'observation publiée par Blot, médecin à la Martinique, est très-curieuse, en ce sens que chacun des yeux contenait une filaire qui pouvait passer d’un organe à l’autre. Enfin le dernier fait de filaire sous-conjonctivale qu’on ait publié a été communiquêé par, Guyon à l’Académie des sciences, dans la séance du 7 novembre 1864. Nous donnerons plus loin l’observation de notre collègue, M. Lota, médecin de la marine, atteint d’une filaire sous-conjonctivale depuis une campagne qu’il a faite au Gabon.
| $S 3. — Monostoma ocul
Cet helminthe a été observé une seule fois par Nordmann, qui l’a rencontré (en 1882) dans un cristallin opaque et de consistance molle, qu’on venait d'enlever chez une femme âgée.
$ 4. — Distoma oculi
Cet entozoaire, observé et décrit par Gescheitt et Ammon, a été trouvé à Dresde sous la capsule du cristallin d’un enfant de cinq ans, né avec une cataracte lenticulaire.Il en existait quatre de l’espèce, et {ous étaient situés entre le cristallin et la capsule, où ils formaient de petites opacités visibles à l’œil nu.