‹ Étude sur le développement et la structure des dents humaines, accompagnée de deux planches gravées sur cuivreChapitre 3 sur 17 · ATANT-PROPOS · texte numérisé non relu

ATANT-PROPOS

J’ai entrepris ce travail dans le but d’éclairer quelques points encore obscurs de rhistoire des dents; cependant l’ensemble des ouvrages publiés Jusqu’à nos jours sur le développement et la structure de ces organes est considérable. Malgré ces nombreux travaux, les anatomistes sont loin de s’entendre sur ce sujet. Frappé de ce désaccord souvent absolu sur des questions de fait, je me suis mis à l’œuvre pour vérifier et comparer entre elles les assertions des auteurs. J’ai dû d’abord étudier des œuvres qui se recommandent par unabaute portée philosophique ou des noms imposants : telles sont cel^ de Hunter, Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, de Blainville, etc. Mais j’ai laissé de côté quelques ouvrages auxquels leur date trop éloignée ou le peu d’influence qu’ils ont exercée sur la science ôte toute valeur. C’est en Angleterre et en Allemagne que j’ai trouvé le plus grand nombre de productions sur l’odontogénie et la structure des dents; armés de tous les procédés d’exploration, les histologistes de ces deux pays sont arrivés, dans ces derniers temps, à des résultats importants. Mais j’ai le regret de dire que je n’ai trouvé en France qu’un très-petit nombre de travaux, et malheureusement la plupart d’entre eux restent dominés par.d’anciennes influences doctrinales, et trahissent une connaissance très-incomplète des résultats obtenus à l’étranger et des procédés d’investigation qui ont porté si haut l’histologie moderne. La question reste donc tout entière à traiter parmi nous.

On trouvera dans cette étude, à côté des données fournies parles travaux de Richard Owen, Nasmyth, J. Muller, Purkinje, Schwann,

KôHiker, etc., des assertions qui résultent de mon observation personnelle. Cette partie dé^Sîon travail a un côté original dont je prends ici la responsabilité. Mais je dois déclarer que j’ai commencé et poursuivi ces recherches, dégagé de toute idée préconçue sur la structure et le développement des dents; c’est l’observation journa- . lière d’un grand nombre de préparations micrographiques qui m’a conduit aux nouveaux résultats que je formulerai plus loin, et qui s’éloignent, sur un certain nombre de points, des assertions qui ont cours dans la science. Enfin, pour donner à ma pensée une forme presque dogmatique, j’ai exposé, dans le cours de mon travail, une nouvelle théorie de da formation des dents; cette théorie, déjà soupçonnée par Raschkow, n’avait pas encore été formulée d’une manière positive.

Je diviserai mon sujet en trois parties :

La prmfère comprend l’étude du follicule dentaire dans toutes les parties qui le composent, et considéré avant le commencement de la production des substances dures de la dent. Elle se divise eh deux chapitres : le premier traite du développement de ce follicule; le second, de sa structure.

La seconde partie comprend l’exposition des phénomènes du développement des substances dentaires proprement dites, ivoire, émail, cément, au sein du follicule déjà étudié.

La troisième enfin étudie la structure de la dent adulte, c’est-àdire la disposition définitive des éléments dont nous avons suivi le mode d’évolution.

En adoptant l’ordre et les divisions que je viens d’indiquer, j ai examiné les tissus composant la dent sous trois aspects différents et successifs :

1® Pendant la période embryonnaire, à l’état de bulbe formateur;

2® Dans la période active du développement, lorsque se forment et se disposent les éléments dentaires ;

3® Dans la période adulte, lorsque la dent est entièrement constituée.

Telle est la marche que nous avons suivie dans l’étude de l’ivoire et de l’émail. Quant au cément, dont le développement ne s’opère chez l’homme qu’au moment où se forment les racines, c’est-à-dire après la naissance, nous n’avons pu constater, dans le follicule, d’organe destiné ultérieurement à lui donner naissance ; aussi ne Irouvera-t-on pas mentionné le germe du cément, dont un anatomiste recommandable a dernièrement admis l’existence. Chez les pachydermes au contraire, l’âne, le cheval, l’élépliant, etc., le cément se développe dans le follicule de l’embryon, au sein d’un organe spécial, formé plus tard^ une couche osseuse autour de la dent, sort avec elle de la mâchoire à l’époque de l’éruption, et s’use peu à peu par les efforts de la mastication, pour disparaître enfin dans la suite. Mais chezThomme, où il ne représente qu’une couche dont l’épaisseur est à peine appréciable à l’œil nu, l’étude de son développement présente de grandes difficultés. Nous avons dû songer, par conséquent, à nous adresser aux animaux avant de diriger nos recherches sur le follicule humain ; mais l’insuffisance des pièces dont nous avons pu disposer, et l’étendue déjà considérable de cette étude, nous engagent à nous tenir sur ce point dans la plus grande réserve. Néanmoins nous présenterons quelques considérations, empruntées à l’histologie du cheval, et que nous croyons susceptibles de jeter un nouveau jour sur la question du développement du cément, en attendant que nous puissions nous livrer sur ce point à des recherches plus complètes.

Toutes nos descriptions des faits anatomiques ou physiologiques que renferme ce travail ont été tracées (à part quelques parties qu il ne nous a pas été permis de compléter) d’après l’observation microscopique des organes et des phénomènes dont ceux-ci deviennent le siège, et, à l’effet de rendre plus complètes ces descriptions, nous avons ajouté deux planches composées de figures originales, gravées 'Sur cuivre, et dessinées d’après nature sur des préparations microscopiques, tirées de notre collection particulière ou de celle de notre

1857. — Magitot. ^

maître, M. Ch. Robin, qui a bien voulu non-seulement mettre à notre disposition quelques pièces favorables, mais encore en tracer lui-même le dessin. Telles sont les figures 4, 5, 6 de la planche r® et 1 de la planche 2, que je dois à son extrême obligeance et dont je le remercie bien sincèrement.

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