‹ Étude sur le développement et la structure des dents humaines, accompagnée de deux planches gravées sur cuivreChapitre 4 sur 17 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Développement du follicule dentaire.

Nous n’avons pas l’intention de nous étendre longuement sur le mode d’évolution du follicule dentaire ; cette étude a été faite par Ooodsir (1), et tous les auteurs ont adopté et reproduit sa description. Le temps et les difficultés d’une pareille étude, qui exige l’examen d’un grand nombre de fœtus, ne nous ayant pas permis * de vérifier les assertions du professeur anglais, nous nous bornerons

(1) Edinburgh medical and surgical journal, 1838, n® 3t.

à rappeler d’après lui les principaux traits de cette histoire, réservant pour d’autres temps et un autre travail l’étude complète de cette intéressante question.

C’est aux dépens de la membrane muqueuse buccale que se forment les follicules dentaires. Vers le milieu du mois delà

vie fœtale, on voit apparaître sur le bord alvéolaire des deux mâchoires un sillon, au fond duquel se développent successivement vingt petits renflements de forme sphéroïdale, appelés papilles dentaires, et destinés à la formation des dents de lait. Vers le troisième mois, on voit la membrane muqueuse qui entoure chaque papille se replier au-dessus de cet organe par un mécanisme que Goodsir appelle iwolulion, et qui a pour résultat de former une enveloppe, un sac complet à la papille, qui en occupe alors la partie profonde. Cette enveloppe est le sac denture. Véritable repli de la muqueuse ce sac, pendant un certain temps, communiquerait, par sa partie gingivale, avec la cavité buccale au moyen d’ouvertures déjà décrites par Hérissant, niées après lui, et que les travaux d’Arnold, Libérer et Goodsir, paraissent enfin avoir démontrées.

/Avant l’occlusion complète de la cavité folliculaire, on voit se /former au-dessus de chaque follicule une cavité plus petite, sorte / de sac dentaire de réserve, destiné au développement de la dent permanente, et présentant, dès le cinquième mois, les rudiments d’un germe dentaire.

Formés aux dépens mêmes des sacs dentaires primitifs et par un nouveau repli, une nouvelle iwolution de la muqueuse', les sacs dentaires de réserve se dirigent bientôt vei^ la partie postérieure du bord alvéolaire ; puis, à mesure que s’opèrent le développement et la sortie des dents provisoires, ils descendent pour occuper enfin un point situé en arrière et au-déssous de celles-ci. Chacun d’eux présente alors à son sommet un cordon fibreux, qui, d’après Kdî* liker,.5e prolonge, pour les incisives et la c^ine, jusqu’à la muqueuse buccale; pour les deux petites molaires, jusqu’au périoste qui revêt le fond des alvéolés des deux molaires provisoires. C’est ce cordon

fibreux qui a reçu, à tort, de M. Serres le nom de gubernaciUum dentis, et dont l’usage est encore inconnu. Quant aux grosses molaires de la seconde dentition, leur apparition s’annonce vers la fin du quatrième mois par le développement, à l’extrémité de la gouttière denlaire primitive, d’un follicule destiné à la formation de la première molaire. Celui-ci laisse alors, entre lui et la gencive, un intervalle où se forme un petit sac de réserve, dont le développement ne commencerait que vers le huitième mois après la naissance pour former la deuxième grosse molaire. Enfin la dent de sagesse, dont l’époque d’apparition présente, comme on sait, des variétés infinies, se forme par la reproduction du même phénomène à la partie postérieure et supérieure du follicule de la dent précédente (1) (2). • '

(î) Voyez les planches du mémoire de Goodslr (loc. cit.).

(2j Cette évolution du follicule (îfentaire, décrite avec une remarguable clarté parle professeur Goodsir, et adoptée par la plupart des anatomistes, avait été entrevue déjà en France par de Blainville, en 1822, dans sa théorie du phanèret « Pour peu qu’on réfléchisse, dit-il^ sur la structure du crypte et du phanère considérée d’une manière abstraite, enverra qu’il ne laisse pas que d’y avoir plusieurs rapj)rochements entre la siym^ure de la peau et la leur ;*^a capsule fibreuse est le defme, le réseau vas«J^ correspojjcbà la membran^e ce nom ; vient ensuite quelqu^ois un véritable pigmentum une matière cirante, ^uis le*systèaiè nerveux; il n’est pas même jusqu’à l’épiderme qui n’ait son analogue dans la partie produite du crypte et du phanèfe, en sorte qu’on pourrait se faire ' une idée de ces organes, en supposant à la peau une dépression ou un petit enfoncement qui aurait entraîné toutes ses parties constituante s d (^Organisation des animaux, t. I, p. 39). •

Si l’on songe que la dent était pour de Blainville lîn véritable phanère, on comprendra qu’il ait appliqué à la papille^entaj||^a détermination du développement des substances phanérifères en génér^P^

Quoi qu’il en soit, Purkinje,Raschkow, MM. Serres etDuvernoy, ont soutenu une théorie inverse; ces auteurs affirment que, dans le preipier temps de la vie fœtale, le follicule est entièrement libre au, fond de la mâchoire, sans présenter aucune adhérence avec la gencive, et que par conséquent il ne peut être considéré comme

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