‹ Étude sur le Diabète PancréatiqueChapitre 11 sur 20 · CHAPITRE V Etiologie · texte numérisé non relu

CHAPITRE V Etiologie

Le diabète pancréatiqué est rare : nous n’avons pu rassembler qu’un nombre restreint d'observations.

Lancereaux l'avait décrit comme frappant surtont des sujets jeunes. Le diabète des jeunes prend souvent en effet une allure grave et rapide. La confusion entre diabète maigre et diabète pancréatique se vérifie encore ici une fois de plus. Car le diabète pancréatique’ ne nous parait pas avoir de + détermivation spéciale pour l'âge. Une fois sur 18 observations nous trouvons un jeune homme de 20 ans. * be

Le diabète pancréatique affecte-t-il des rapports éliologiques avec d’autres maladies ? Les affections du pancréas, les pancréatites. sont naturellement au premier plan. : $

Les pancréatites peuvent être aiguës ou chroniques. Les pancréatites : aiguës ne s’accompagnent qu'exceptionnellement de diabèle : on en a noté quelques cas mais le diabète n'est survenu que postérieurement par développement d’une sclérose consécutive. Ces pancréatites sont hémorragiques (Israël), suppurées (Frerichs, Frison), inflammatoires, telles notamment les pancréatites ourliennès. M. Laignel-Lavastine a publiéle cas d’une jeune fille qui à la suite des oreillons flt un diabète grave : il est possible qu’à la suite de pancréatite infectieuse se soit installée une glycosurie par pancréatite chronique consécalive. M. Marcel Labbé nous a dit avoir observé récemment un cas de pancréatite ourlienne.

Où trouve plus fréquemment des pancréatites chroniques s'accompaguant de diabète. Le plus souvent il s’agit de lithiase et de pancréatite scléreuse £ dans un grand nombre de cas, il y a stéatose et atrophie de l'organe (Carnot}. La lithiase pancréalique agit par l'intermédiaire d’une pancréatite chronique attribuable à l'infection canaliculaire. Il est vraisemblable de penser d’ailleurs que les pancréatites chroniques sont d’origine infectieuse ou toxique, si l’on se rappelle les expériences de divers auteurs, notamment Carnot qui a déterminé des scléroses du pancréas par des injections intracanaliculaires de cultures microbiennes et même de tuberculine. La lithiase biliaire est également un facteur de pancréalite. Il est possible aussi que l'alcoolisme joue un rôle car les pancréatites sont fréquentes dans les

cirrhoses du foie et il y a des cirrhoses hépato-pancréatiques avec diabète.

Le cancer du pancréas ÉN que de diabète. Dans quelle proportion ? Pour les uns le cancer ne s'accompagne que rarement de glycosurie, pour d’autres on trouve de la glycosurie dans un quart des cas (Mirallié, Bard et Pie). Le eancer s ‘accompagne habituellement dé sclérose qui s'étend audelà des limiles du néoplasme et certains auteurs attribuent à cette sclérose bien plus qu’au néoplasme un rôle primordial dans la genèse des troubles glycorégulateurs. Nous avons une observalion inédite de cancer du pancréas avec troubles de la glycogénèse qui nous a été communiquée par M. Marcei Labbé. Nous ne pouvons tirer de conclusions statistiques. Mais nous ferons remarquer qu’elle est typique et correspond à la description du double syndrome du « diabète pancréatique ». Le cancer semble bien ne pas avoir agi par simple obstruction des canaux excréteurs mais par extension du processus cancéreux, à la totalité de la glande déterminant un trouble complet de la fonction pancréatique puisque les deux syndromes digestif et diabétique existaient concurremment.

On a signalé également que la glycosurie se manifestait parfois avec des kystes du pancréas.

On »’a pas rencontré de lésions tuberculeuses spécifiques du pancréas. Dans quelle mésure la tuberculose influerait-elle sur le pancréas ? Pourrait-elle déterminer des pancréatites diabétogènes ? M. Marcel Labbé peuse que peut-être la sclérose banale serait le résultat d’une infection tuberculeuse mais, ajoute-t-il, cela n’est pas démontré.

De même pour la syphilis. La question du rapport de la syphilis et du diabète est très importante. Nous laissons bien entendu hors de cause la syphilis secondaire au cours de laquelle on n’a pas trouvé de lésions du pancréas. Les observations de syphilis tertiaire ne sont pas nombreuses. Troller a rapporté dans sa thèse les observations de Lenhartz et de Manchot ; ce sont des cas de pancréatites chez des syphilitiques, mais selon MM. Carnot et Harvier la spécificité de ces paacréatites n'est pas démontrée. Il y a aussi une observation de Strauss d'un pancréas comp'ètement atrophié, chez un malade porteur d’une lésion de nature syphilitique au niveau d’un testicule. MM. Carnot et Harvier ont publié récemment une observation absolument démonstrative de pancréatite syphilitique scléro gommeuse chez un diabétique avec dénutrition. Le diabète pancréatique d’origine syphilitique est donc indiscutable. Ii est très rare. Béguier dans sa thèse n’a pas relevé d’autres observations.

La malade de notre observation 11 qui a présenté des coliques pancréatir ques attribuables à des accidents lithiasiques était syphilitique mais n’a jamais manifesté d'accidents en rapport avec la syphilis. La malade de Janeway (1v) était également syphilitique ; l’auteur affirme que. le traitement par le salvarsan a complètement guéri le diabète et l'insuffisance de sécrétion externe. On serait en droit de conclure à l’origine syphilitique du diabète. D'autre part M. Marcel Labbé a publié l'observation d’un tabétique atteint de diabète pancréatique (vrn chez lequel. il s'agissait peut-être de pancréatite syphilitique.

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