‹ Étude sur le Diabète PancréatiqueChapitre 14 sur 20 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Observation I (inédite, communiquée par M. Marcel LABBÉ)

Cancer du. pancréas. Diabète

V... âgé de 60 ans. En avril 1918, un ictère s’installe sans coliques, sans fièvre, avec obstruction des voies biliaires ; il dure trois mois, puis disparait spontanément à la suite d'injection d'huile d'olives. -

On trouve ensuite une glycosurie modérée ; il y a quelques défauts de la digestion des graisses et des matières proteiques qui sont en excès dans les selles. Des réactions d’acidose apparaissent dans les urines, précédant l'apparition nouvelle d’un ictère. Le malade est traité ‘aux Etats-Unis. En avril 1919, en Espagne, le malade voit à nouveau s'installer un ictère avec obstruction des voies biliaires. On porte le diagnostic de cancer du pancréas.

En juillet 1919, le malade est opéré par le docteur J. L. Faure qui trouve un pancréas non hypertrophie, quelques glanglions ; il n’y a pas de calculs dans les voies biliaires ; la vésicule, contenant un liquide muqueux est abouchée à la peau. Quelques jours après l'opération, la bile s’écoule par la fistule, abondante et claire. Il n’y à pas de fièvre ; l’ictère disparait. Les urines ne sont pas bilieuses ; les selles sont décolorées et grasses.

L’amaigrissement est considérable, le malade perd ses forces. L'appétit cependant est conservé (le malade absorbe 4 litres et demi de lait par jour, et en plus du lait, des fromages blancs, un peu de sucre, des pâtes). La glycosurie persiste toujours. On ne sent pas la vésicule à la palpation. L'examen des urines fait par M. H. Labbé en août 1919 à porté sur les urines de 2 jours. On a également fait l’examen des matières fécales (1).

Régime alimentaire : Albumines 114 gr. 81: (Az = 17,88) Graisses 104 gr. 47 (GN = 99,24) Hydrates de carbones 563 gr.

(4): Dans toutes les observations recucillies par M. Marcel Labbé, l'azote a été dosé par la méthode de Kjeldahl et l'analyse des malières fécales pratiquée suivant la technique de M. Henri Labbé. — L'évaluation de la teneur des aliments en substances proteiques, graisses et hydratescie carbone a été faite à l’aide des (ableaux publiés dans le livre de M. Marcel Labbé : Régimes alimentaires, — (Baillière, Paris 1910.)

Urines :

Quantité, 1725 cme Densité, 1038 Extrait total, 172,8 Extrait minéral, 14,66 Extrait organique, 37,77 Chlorures, 12,76 Acide phosphorique, 1,55 Acide sulfurique, 0,48 Azote total, 13,43 Urée, 20 Azote de l’urée, 9,31 Ammoniaque, 3,16 Azote ammoniacal, 2,60 Azote complémentaire, 4,12 Purines, 0,90

Fèces :

Quantité, 1.027 gr.

Extrait sec, 110,1 Azote total, 4,73 Graisses, 32,58 Hydrates de carbone, 5,6 (produits réducteurs après hydrolyse)

Bilan d'absorption des graisses :

Graisses absorbées, 71,89 soit 69 o/o Bilan d'assimilation azotée :

Az. ingéré, 17,88 Az. fécal, 4,73 Az. urinaire, 13,43

Examen macroscopique des fèces mastic.

éliminé 18,16

Indosé anormal, 0 Indosé organique, 10,91 Indosé théorique, 14,70

- Rapport azoturique, 69,4 p. 100

Ammoniaque pr Az total

Indican, +

Urobiline, 0

Pigments biliaires, traces

Albumine, < ou re Pa

Cl éact. Fehling, ï

Giycose … Jpolarimètre, 1091” Lieben, faible Legall, trés faible

Réactions acidose

Graisses neutres, 7,04 soit 21,62 p. 100 Acides gras, 60,13 p. 100

Savons, 3,38 p. 100

Insaponifiables, 14,86 p. 100

Chlorure de sodium, 2,75

Coefficient de H. Labbé 7 0/0

Déficit, — 0,36 Àz. absorbé, 13,15 soit 73,54 0/0

: Matières crémeuses, homogènes, glaireuses,

Examen histologique : Graisses neutres très abondantes, empêchant de voir les cristaux

d'acides gras. Grains d’amidon très nombreux.

Réactions chimiques : Réaction acide, pas de stercobiline, pas de bile. L'épreuve de la boulette de Schmidt a montré une insuffisance de la digestion des noyaux, mais la traversée intestinale à été trop rapide pour qu'on puisse conclure à une épreuve positive.

Le 1er Novembre 1919 une nouvelle opération est décidée.

On trouve un pancréas très

gros, irrégulier, paraissant cancéreux. Le foie est petit, la vésicule rétractée, adhérente, ne contenant pas de calculs. On abouche la vésicule à l'intestin. Le malade n’a pas de fièvre, il

a bien supporté l'opération ;

il n’a pas de vomissements ;

la bile passe dans l'intestin et les

selles sont à nouveau colorées. Le 10/Novembre la plaie est cicatrisée ; Ja bile semble passer dans les selles ; les urines sônt claires. La glycosurie qui avait cessé par le jeûne, réapparaît; les selles sont à nouveau décolorées, abondantes, molles, couleur mastic se desséchant

rapidement.

Le 13 Novembre l’affaiblissement augmente progressivement. La fièvre a cessé,

la tuberculose évolue sans bruit, le malade a eu à 9 reprises de petits ictus avec paralysie

passagère de la face et perte des urines.

Le 15 Novembre un nouvel examen des matières

fécales portant sur un jour, donne les résultats suivants ;

Régime alimentaire : Alpumines 103,06.

i 85,73 (Gr. N. = 81,06)

\Graisses

(Az. = 16,5)

Hydrates de carbone 821,8

Fêèces : Consistance pâteuse, gris brunâtre, réaction amphoteré. Quantité, en poids 139 gr. G. N. 9,06 p. 100

Extrait total, 23,9 Acides gras, 61,81 p. 100 N. total, 1,01 Savons, 25,09 p. 100 Graisses, 20,54 Insaponifiable, 3,24 p. 100

Présence de stercobiline ; pas de bile. Amidon se présentant sous forme de grains de dextrine ; pas de grains d’amidon non digérés. Cellulose et graisses abondantes.

Bilan d'absorption des graisses :

Graisses absorbées, 76,7 0/0 Coefficient de H. Labbé 2 o/o

Bilan d'absorption azotée : Azote absorbé, 94 0/0.

Les urines contiennent une forte proportion d’albumine.

Le 30 Novembre la température oscille entre 38 et 38,6. Obscurité respiratoire et sonorité diminuée au sommet gauche. Quelques crachats gris-rouges. Il y a des bacilles de Koch dans les crachats. L’appétit est diminué et le malade est très faible. Leger ocdème des malléoles, Mort le 15 Décembre.

Observation II (personnelle, recueillie dans le service de M. LABBÉ).

Diabète pancréatique

C... 45 äns, employé de commerce. Entré à la Charité le 1er Décembre 1914 pour diabète.

Antécédents. Père mort à 38 ans de saturnisme. Pas de diabétiques dans l’ascendance directe ou collatérale. À eu une fièvre typhoïde à 5 ans. Cirrhose du foie avec ictère à 35 ans (coliques dans la région hépatique). Pas d’autres maladies. Grand buveur, absorbait 4 à 5 litres de vin par jour ; depuis s’est rationné. À souffert de douleurs. gastriques survenant après le repas et calmées par l'injection de poudres alcalines. Nie la syphilis.

Au mois de Décembre 4916 remarque qu'il a une sensation de soif très vive qui l’oblige à prendre de grands verres d'eau puis il a un panaris du médius qui guérit difficilement. Vers Pâques 1947, une analyse d’urines révèle de la glycosurie. Le malade avait maigri, se fatiguait facilement ; il existait de l’impuissance génitale. Les selles n’ont jamais présenté de caractère particulier ; le malade n’a jamais éprouvé de douleurs abdominales très vives. Sous l'influence d’un régime approprié la glycosurie diminue. En Octobre 1919 il se sent très fatigué ; un mois plus tard un durillon au talon devient douloureux et il entre à l'hôpital.

Le malade n’a jamais été obèse ; il ne parait pas amaigri. Il pèse 51 kilogrammes 700 pour une taille de 4m 75. L’appétit est très vif: polyphagie, polydypsie. Il n’a pas de troubles dyspeptiques. Bouche sèche, langue fendillée. Toutes les dents sont tombées peu à peu sans douleur. Pas de troubles oculaires, de purit ni de troubles de la sensibilité.

Appareil respiratoire : rien à signaler. Appareil circulatoire : bruit du cœur très assourdis, le 4er prolongé, le 2e clangoreux. Tension Mx 10 {Vaquez). La palpation abdominale ne révèle rien d'anormal ; foie à pen près normal descendant très peu au dessous du rebord costal ;: matité peu étendue. Réflexes normaux. Matières fécales épaisses, abondantes, pâteuses, d'aspect argileux ; on ne constate ni graisse liquide, ni globules graisseux. Urines très claires. Quantité 5:500cmc. Ne contiennent pas d'albumine. Il y a du glycose. Réaction de Gehrhardt et Legall négatives. Pas d’urobiline.

Le malade a un régime alimentaire apportant 429 gr. d'H. C. Ila une glycosurie de : 61 gr. 74, soit une tolérance de 367 grammes environ. Le 4 Décembre l’abcès du talon

s'ouvre spontanément. Le 5 Décembre l'examen des fèces montre du tissu conjonctif et des fibres musculaires en paquet, et au microscope la présence de fibres musculaires très abondantes, intactes, non digérées, et des globules graisseux ainsi que de l’amidon et de la cellulose digestible. Le 10 Décembre l'épreuve de Schmidt montre une digestion des noyaux à 1/2 après une traversée digestive de 26 heures. On établit le bilan de l'absorption des graisses et de l'azote mais pour un seul jour. Le régime considéré est celui de la journée du 14 ; les selles sont recueillies du 14 au 15. Le malade quitte l'hôpital le 16 Décembre. (Les examens de Laboratoire ont été faits par M. Neveu).

Régime alimentaire : Albumine 118,72 (N= 18,99) Graisses 150,93 (G.N = 143,38) H.C. 143,09

Fèces :

Quantité, 300 gr. G. N. 23 p. 100 Extrait sec, 27 Acides gras 54 p. 100 N total, 4,15 Savons 21 p. 100 Graisses, 46,94 Insaponifiables 2 p. 100 Bilan d'absorption des graisses :

Graisses ingérées 150,93 Graisses absorbées, 103,97 soit 69,05 0/0 Graisses fécales 46,94 Cœfficient de H. Labbé 7,9 0/0 Bilan d'absorption azotée :

Azote ingéré 18,99 Azvte absorbé 11,84 soit 78,20 o/o Azote fécal 4,15 Azote fécal Rapport 0,218

Azote alimentaire

Examen des fèces : Macroscopique : Selles pommadeuses, d'aspect irisé, couleur gris d'argent, odeur butyrique. Fibres musculaires, tissu conjonctif par mastication insuffisante. Microscopique : Fibres musculaires mal digérées, cellulose digestible en faible quantité (coque des cellules non digérées décelable par iode). Présente de cristaux d'acides gras en aiguille, graisses neutres (Soudan II). Flore iodophile (microbes cotorés en bleu) rare ; quelques déplocoques, quelques bacilles.. Réaction chimique : Stercobiline présente en faibie quantité. Pas de bilirubine. Réaction de Weber négative. Réaction de Meyer faiblement positive (due aux fibres musculaires mal digérées). Réaction faiblement acide.

Volum : ; i

des us HG; ingérés ji mor aus du x kg.

1 au 2décembre 5.500 428 GAL 91.600 2— 3 — 4.500 271 75 52.500 3 — à — 3.600 319 ; 45 52.500 4 — 5 — 9.700 307 45 52.500 5 — 6 — 3.600 118 45 52.500 6— 7 — 2.500 144 31 53.100 1— 8 — 3.900 157 65 93.600 8 — 9 — 4.500 169 56 53.700 9 — 10 — 3.500 146 A4 04.300 10 — 11 — 3.600 150 7 53.700 11 — 12. — 3.500 150 44 53.300 12 — 13 — 4.000 141 42 53.200 13 — 14 — 2.900 144 39 53.500 14 — 15 — 2.900 111 29 54.400 15 — 16 — 4.000 134 40 93.200

Observation III (personnelle, recueillie dans le service de M. LABBÉ.)

Diabète. Coliques pancréatiques.

Mme B... couturière, 37 ans. Entre à la Charité le 10 Octobre 1919 pour douleurs épigastriques et glycosurie.

Antécédents : Mari syphilitique, obèse, non diabétique mort d’une affection cardiaque. Pas d'enfants. Père actuellement décédé, était obèse. Mère vivante, bien portante, a été longtemps obèse. Pas de parents diabétiques. Ant. pers. : Déformations rachitiques dans la première enfance. Bronchite à 15 mois. Pleurésie gauche à 9 ans. Syphilis à 48 ans; traitée seulement pendant 2 mois ; jamais d'accident depuis, pas de fausses-couches. Pas de jaunisse ni de crises de coliques hépatiques. -

En 1905 atteinte de métrite, douleurs abdominales, opérée de salpingo-ovariotomie double en 1907. Santé bonne jusqu’en 1914. A ce moment se plaint de doulours . épigastriques

-irradiant dans le dos et dans le côté gauche, survenant principalement après le repas, s’accompagnaut de vomissements à la suite desquels la souffrance s’atténuait. La malade pèse

* 72 kilogrammes 500 pour une taille de 1m 46. Elle commence à maigrir. On pense à un ulcère de l'estomac. Une laparatomie en 1916 n'aurait fait découvrir rien d’anormal. Dans la suite les douleurs ne sont pas réapparues. Cependant quatre mois après elle ressent des douleurs très violentes survenant au moment des urictions, plus marquées à la fin ; il ya de la pollakirie. Ces symptômes s'étaient d'ailleurs déjà manifestés depuis 1910 mais elle n’y avait attaché que peu d'importance. Les urines sont troubles, mais il n’y à ni hématuries ni expulsion de calculs. Une troisième intervention chirurgicale montre des adhérences vesico-rectales. Après cette opération les douleurs ont cessé dans la partie inférieure de l'abdomen, mais elles réapparaissent localisées dans la région periombilicale ; elles surviennent par crises, quelquefois espacées de 2 ou 3 mois ; elles durent de quelques heures à un, deux ou trois jours ; elles s’accompagnent de coliques, de diarrhée, de vomissements alimentaires et bilieux. La constipation est permanente.

En 1918 la malade présente une lésion cutanée de la joue gauche, celle se plant de douleurs dans le membre inférieur. Réaction de Bordet: Wassermann négative. Les douleurs d'estomac persistent, l’amaigrissement continue. En Mai 1919, elle consulte de nouveau pour les douleurs épigastriques et son amaigrissement. En Juillet on constate une glycosurie de 30 grammes par 24 heures. La malade se rappelle alors avoir depuis un an de la polyphagie, de la polydypsie et des urines abondantes. Un régime comportant une réduction des hydrates de carbone fait baisser la glycosurie à 42 grammes, le 14 Août. Le 30 Août, il n’y a plus que des traces de sucre. Le 10 Septembre, les urines sont: alcalines, ne contiennent plus de sucre ; la réaction de Gehrhendt est positive. Le régime de Bouchardat, comportant en plus 500 grammes de pois cassés et. pommes de terre est institué. Cependant le 25 Septembre le sucre réapparaît. Le 9 Octobre ily a 23 grammes de glycose. La malade entre le lendemain à la Charité. Le 3 Septembre elle avait été examinée au point de vue radivscopique par le Dr Bouleau qui avait conclu : Entéroptose se réduisant partiellement dans le décubitu s et par refoulement des viscères. Estomac allongé et élargi moyennement an nivau de son bas-fonds. Retard dans l'évacuation gastrique (Ptose 42 heures après le repas). Ptose du gros intestin et de l'intestin grêle. Ptose très prolongée dans l'intestin grêle. Ptose hépatique. Sensibilité diffuse de tout le tube digestif, très marquée au niveau de la région iléale et de la région caecale. Durée du trajet intestinal anormalement prolongé en stat ion verticale. à

Etat actuel. — La malade est de petite taille : 4m 475. Son poids est de 35 kilogram mes 950. Très amaigrie. Peau jaune grisâtre. Conjonctive et muqueuses ne sont ni décolorées, nl subictériques. Pas de sensation de fatigue, ni d’abattement, mais impossibilité de travailler à

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cause des douleurs abdominales. L’appétit est bon. Avec une sensation de soif assez marquée, elle ne boit cependant qu'au moment des repas. Il ny a pas eu de gingévite explusive ; un peu de prurit vulvaire, il y a quelques jours. Pas de diabétides. Elle a eu à certains moments «comme des brouillards » devant les yeux et des vertiges. Parfois céphalée frontale s’accompagnant de nausées et de vomissements. Pas d'abolition des réflexes tendéneux, pas de troubles pupillaires, pas de troubles de la sensibilité. Il y a un peu de constipation, mais il existe une garde-robe par jour. ; Actuellement il n’y a pas de douleurs abdominales ; la malade décrit ainsi celles qu’elle ressentait auparavant : elles ne sont pas en rapport avec les repas, elles sont très nettement localisées. En palpant on éveille une douleur dans la région ombilicale, à gauche et à deux travers de doigt de l'ombilic. On ne sent rien de particulier, aucune tuméfaction. La zône pancréatico-duodénale, le point épigastrique ne sont pas douloureux. On perçoit la transmission à la paroi abdominale des battements aortiques. Rien à signaler à l'appareil respiratoire, ni à l'appareil circulatoire. Tension arterielle : Mx 11, Mn 7 (Pachon). Les urines ne contiennent ni albumine, ni urobiline. Pas de réaction d’acidose. (Legall, Lieben, Gerhardt négatifs). Un régime est institué comportant 176 grammes puis 267 grammes, puis 169 grammes d’hydrates de carbone. Les selles examinées le 41 octobre sont semi-liquides, de couleur . foncée, contenant des débris végétaux à divers stades de digestion, de nombreuses gouttelettes de graisses neutres et.des savons ; pas d’amidons se colorant par l'iode ; quelques bacillus amylobacter. Réaction neutre au tournesol.

Le 14 octobre la malade recoit un régime comportant par jour : 200 gr. de viande cuite,’ 50 gr. de pain, 50 gr. de fromage, 50 gr. de beurre, 400 gr. de légumes verts, 700 me de | lait. Ce régime est suivi tel pendant trois jours. Les urines et les matières {écales recueillies sont analysées par M. Henri Labbé.

Régime alimentaire : Albumine 293 gr. 42 (Azote — 46,04)

Graisses 399, 84 (G. N. — 379,84) Hydrates de carbone 385,79

Fèces * Quantité 458 Graisses neutres, 41,50 p. 100 Extrait sec ? Acides gras 52,10 p. 100 Azote total 6,83 Savons 6,20 p. 100 Graisses. : 11,67 Insaponifiables 0,08 p. 100 Bilan d'absorption des graisses : ; Graisses ingérées 399,84 Graisses absorbées 388,17 soit 97,08 p. 100 Graisses fécales : 11,67 Coefficient de H. Labbé 1,2 p. 100 Bilan d’assimilation azotée :

Auote ingéré 46,94 Azote absorbé 40,11 soit 85,45 0 Azote fécal 6,83 à &liminé 47 44 Déficit azoté nu 0,17 Ke : M7, éca Azote urinaire 40,98 | Rapport = 01455

N alimentaire

Le 17 octobre, la malade est prise, dans l'après-midi, de violentes douleurs siégeant dans la région ombilicale ; douleurs continues sans paroxysmes ; la palpation les exagère ; elles n'irradient pas. Elles ont, dit la malade, le même caractère que celles qu'elle a ressenti precédemment. Le 18 octobre le régime cst modifié : réduction des H. C. ; on diminue les pommes de terre, le pain est supprimé. Régime comportant 70 grammes d'H. C. Le 20 octobre les selles présentent un caractère nouveau : aspect pâteux ; un liquide les surnage, analogue à de lhuile ou du beurre fondu ; l’examen microscopique montre des globules de graisses neutres très abondants. On prescrit alors de l'extrait pancréatique Choay à la dose de 50 centigrammes, puis de Î gramme pris quotidiennement. Les jours suivants les selles grasses ne

Re Ti

se manifestent plus. Le 27 octobre l'épreuve de Schmidt montre après une traversée digestive de 45 heures une digestion”des noyaux à 1/2. Le 1er novembre nouvelle crise douloureuse extréèmement ‘violente avec vomissements alimentaires à plusieurs reprises, et durant trois heures environ. La palpation détermine une localisation douloureuse très exactement au point déjà fixé. La malade sort le 9 novembre. Elle revient huit jours après à la consultation et se plaint de sensation de fatigue ; ses urines contiennent toujours du glycose et de plus présentent des réactions d’acidose très fortes. On lui prescrit 20 grummes de bicarbonate de soude. Depuis la malade a quitté la France.

Date Volume HG. “Glycose : Poids

10 Octobre 2500 176 63 11 2000 267 67

12 — 20002169: 720 : :,95.250 13 — 1750 ? 60 35.600 14. — 1750 134: 69 35.350 15. — 1250 128 40 35.350 } Epreuve des 3 jours 16 — 41005292): 309 2 35:600 17 — 1000 120 44 35.600 Coliques 18. — 1000 67 31 99.850 19 — 1500 107.29 7° 35.900 20 — 1200 70 ? 36.000 Selles graisseuses 2 — 1500 10 ? 35.600 22 — 1650 71 ? 85.800 23 — 1500 63 ? 35.000 24 — 1000 63 8,45. 35.800 25 — 1500", 7. 72 13 36.000 26 — 1800 73 44 36.000 “a 27 — 1500 80 8 39.700 Epreuve de Schmidt 28 — 1100 72 5.12 39,100 29 — 2000 70 12 35.900 30 — 2000 70 11 36.000 31 — 1500 70 6 36.000

4er Novbre 1000 70 8 36.000 Crise douloureuse — 1000 42 9 35.600

Observation IV (JANEWAY)

Diabète associé à des troubles de la secrétion pancréalique exlerne chez une syphilitique

Mme A. B. (Méd. no 37.371), 20 ans, couturière.

Antécédents, Héréditaires : Sœur morte de coqueluche à 12 ans ; oncle mort de cancer à 62 ans. La famille, à l'exception de la sœur mentionnée ci-dessus. est viyante et bien por-* tante. Pas de cas, de maladie du rein ou de diabète dans l’histoire de la famille. Personnels : La malade à eu Ja coqueluche dans son enfance ; à 2 ans, fièvre scarlatine sans complications. Rien du côté de l'appareil cardio-respiratoire, excepté quelques sueurs nocturnes dans l'enfance. Toute sa vie la malade à joui d’un bon appétit, son intestin fonctionne régulière-

da)? D ARE

ment ; il n'y a pas de polyurie. À l’âge de 4 ans, nombreux abcès au niveau de la hanche, Mariée depuis 3 ans. Le mari avait une syphilis cérébrale. La malade a eu deux fausses-couches provoquées. Pas d'enfants. Elle a eu la syphilis un an après son mariage : forte réaction de Wassermann positive. Son poids il ya 2 ans était de 68 kilogrammes ; l’été dernier 58 kilogrammes 500 ; à son admission le 18 février, 39 kilogrammes 500. À son entrée elle se plaint de perte de poids et d'aflaiblissement.

Maladie actuelle. I ÿ a 2 ans, un an après son mariage, au dire de son entourage, la malade avait la jaunisse. Aucun autre symptôme que de la faiblesse générale. La jaunisse pérsiste pendant 10 ou 12 semaines. La malade note la présence de bile dans l’urine et durant ce temps perd du poids, passant de 68 kilogrammes à 58 kilogrammes 500. Elle n’a pas de

douleurs abdominales, et actuellement il n’y a pas de raison de dire qu’elle en ait vérita-

blement. |

Elle reste sans travailler plusieurs mois ; elle reprenait ses occupations l’été dernier, mais : elle remarque qu’elle se fatigue et qu’elle est très falble. Le 1er novembre elle a des troubles de la vue ; pendant une semaine elle ne voit pas clairement. Elle a des démangeaisons des mains et des pieds, des crampes dans les jambes et une sensation de « laisser-aller », beaucoup de nervosité. Un jour son médecin lui dit qu’elle a du sucre dans ses urines et la met à un régime d’hydrates de carbone. Elle suit ce régime pendant 3 semaines. Ne remarquant pas d'amélioration, elle cesse. Elle maigrit continuellement, passant de 58 kilogrammes 500 à 39 kilogrammes 500. Elle a un fort appétit, ses intestins fonctionnent régulièrement. Elle n’a pas de sensation de soif particulière, ni de polyurie. Pas de prurit vulvaire. Les symptômes sont dans l’ensemble, des symptômes généraux avec insuffisance de la nutrition.

A l’examen physique, la malade montre une perte de poids récente et une extrême émaciation. Peau parcheminée et sèche. Cheveux plutôt secs. Signe de de Graef positif : les yeux ne convergent pas bien. Un peu de pyorrhée, amygdales légèrement hypertrophiées. Légère altération du sommet droit. Souffle systolique à la pointe du cœur. Examen abdominal négatif. La malade ne présente de sensibilité nulle part. Le foie vient jusqu’au rebord costal à la palpation ; pendant la respiration il déborde de deux travers de doigt ; le lobe gauche parait de ce fait élargi. Le foie néanmoins n’est pas ferme, il glisse très facilement sous les doigts de sorte qu'il est plutôt difficile d'en saisir le bord. On ne détermine chez la malade aucune sensibilité même par une pression profonde de l’épigastre au siège habituel de la sensibilité douloureuse du cholédoque, ni de la région de la vésicule. Les réflexes sont normaux. L’examen du sang montre 5 millions d'hématies, 8.200 leucocytes, 62 p. 100 d’hémoglobine. Le rapport de ces éléments est pratiquement normal.

Quelques jours avant son admission, la malade a remarqué que son urine changeait de coloration, devenait brune avec diminution de quantité. A son entrée l'urine est couleur paille. Densité, 1048. Il y a une forte quantité de sucre. Pas d'analyse quantitative à ce moment. Il n’y à pas d’albuminurie.

La glycosurie le 1er jour est de 20 grammes pour un régime inconnu Le 2e jour on ne trouve plus que quelques grammes. On institue un régime de 1.000.calories comportant peu d'hydrates de carbone, probablement pas au dessus de 10 grammes. L'urine ne contient plus de sucre le 3 jour. Il en est amsi jusqu’au 29e jour ; à ce moment il réapparait du fait de certaines recherches sur l'intégrité de la fonction pancréatique externe.

On pouvait penser à un diabète ordinaire, peu grave, curable par le régime.

Les fèces contiennent beaucoup de graisses, presque exclusivement des graisses neutres, et une grande quantité de fibres musculaires non digérées. Le régime suivi était restreint et peu riche en graisses. Pendant 4 semaines les selles montrent une quantité anormale de graisses. Sur 100 grammes de graisses ingérées, les 400 grammes n'étaient pas assimilés ; il yen avait plus on moins dans les selles. Celles-ci étaient d'environ 2 ou 2 par jour. La malade interrogée dit n'avoir jamais présenté de troubles intestinaux, ni de diarrhée ; elle

avait remarqué que ses selles étaient copieuses ; il y avait parfois de gros « morceaux » de

graisse qui se dissociaient ; de coloration jaune, semblables à de l'huile ou à du beurre. Elle a remarqué les matières volumineuses et l'apparition de graisses quelques semaines avant son admission.

On pense alors à une lésion du pancréas dont la nature est en rapport avec l'écoulement du' suc pancréatique, soit à une lésion destructive causant une complète ou presque complète suppression de la sécrétion externe.

On recherche les ferments pancréatiques dans les fèces. On trouve seulement 15.000 unités de ferment pancréatique c.a.d. de diastase alors que la quantité normale varie 60.000 à 240.000 unités. L'étude du contenu anodénal montre une diminution des ferments libres. Analyse du contenu duodénal : Diastase : 2eme de la dilution au 1/10e du contenu duodénal réduit 1eme de la solution d’amidon à 1/100. ZLipase : 1cmc du contenu duodénal au contact du butyrate d’éthyle neutre donne une réaction légérement acide. La quantité

-d’acide formée n’est pas assez forte pour être mesurée. Trypsnie : Le tube de Mett montre moins de {mm de digestion au bout de 48 heures. Le Dr Brown en utilisant la caséine obtient une légère digestion de celle-ci. Le contenu duodénal était légèrement verdâtre, la

réaction alcaline:

Le 29e jour du séjour de la malade on modifie son régime pour étudier la sécrétion externe du pancréas. On augmente graduellement dans le cours du 2e et 3e jour, pour arriver à 340 grammes -environ par jour. Les selles sont copieuses, en nombre non excessif, 2 à 3 par jour, contenant une grande quantité de graisses neutres. Concurremment il y a des modifications de l'urine et le sucre réapparaît, et on trouve pendant un certain temps un peu d'acide diacétique. La glycosurie s'élève à 40 grammes. Mais le malade confesse avoir fraudé et mangé des fruits et d’autre nourriture.

On donne à la malade du pancréas brut et des extraits pancréatiques avec du carbonate de chaux et au bicarbonate de soude pendant 4 jours. (Le pancréas était donné sous forme crue avec de la mayonnaise les résultats étaient meilleurs qu'avec des préparations sèches). Les 2 jours précédents les fèces avaient été examinées au point de vue de leur teneur en graisses et en albumines.

Sur un régime constant, approximativement de 340 grammes de graisses par jour, on retrouve dans les selles 95 grammes de graisses par jour soit 27,5 0/0 et 2 gr. 5 d’albumines soit 14,4 oJo. Après l'absorption de pancréas et d'extraits pancréatiques on trouve 163 grammes de graisses, soit 50 pour cent et 5 grammes 3 d’albuminoïdes soit 32 pour cent, contrairement à ce qu’on attendait.

La thérapeutique, n’a pas donné de résultats satisfaisants, sauf en confirmation du diagnostic, la malade étant indocile.

Dans la suite la malade, recevant un jour une injection de Salvarsan sentit quelque chose « qui passait » dans son épigastre. Îl y eut une amélioration, dans la tolérance des hydrates de carbone et ensuite dans l'absorption des graisses, enfin guérison complète.

En somme diabète dû à l’obstruction du canal pancréatique par un calcul qui fut éliminé ou déplacé et guérison consécutive. L

Observation d’après l’article de Dr Janeway.

In The Medical Clinic of Nord Amerika Philadelphie 1917-1918. Tome I. p. 33.

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