INTRODUCTION
La question des rapports entre le diabète et les lésions du pancréas a passé par des phases successives. D'abord ce furent des observations isolées de malades diabétiques à l’autopsie desquels on découvrit des lésions pancréa-
;: tiques.
Lancereaux eut l’idée d'établir une relation de cause à effet entre le diabête et les lésions du pancréas. Il décrivit un diabète maigre, grave, qu’il considérait comme dû à une altération du pancréas. Dans la suite on eut une tendance à poser en quelque sorte une équation entre le diabète grave et le diabète pancréatique. Cette conception fut fortifiée par l’expérimentation de Mering et Minkowski qui réalisèrent le diabète expérimental en pratiquant la pancréatectomie. Puis on essaya de découvrir des lésions histologiques dans tous les cas de diabète, et certains auteurs rattachent, dans tous les cas, le diabète à une altération du pancréas. Cependant une étude clinique el physiologique attentive du diabète, montra que ces théories étaient trop étroiles et que le trouble glycorégulateur qui caraclérise le diabète pouvait résulter de diverses altérations organiques et que le pancréas n'était pas toujours en cause. Par contre, il apparut neltementeque certains cas de diabète tranchaîient sur les faits habituels par l'existence concomitante de troubles manifestes d'insuffisance de la digestion pancréatique et par la découverte d’indiscutables lésions du pancréas à l’autopsie.
A ces faits M. Marcel Labbé réserve le nom de diabète pancréalique. Il a
publié sur ce sujet un mémoire appuyé par six observations. La même
conception se retrouve dans le trailé de M. Rathery ainsi que chez divers auteurs allemands et américains. Sur les indications de M. Marcel Labbé,
nous apportons aujourd hui trois observations inédites que nous devons à
son obligeance. Nous avons pu rassembler quelques observations françaises et étrangères. Elles feront l’objet de ce court travail dans lequel nous nous
ANAL R LE ; me 5 proposons d'étudier le diabète pancréatique en montrant l’évolution des idées et en faisant une rapide description clinique, avec quelques données étiologiques, et quelques mots sur le traitement.
Nous adressons à notre maître, M. le Professeur Marcel Labbé l’expression de notre reconnaissance pour la sympathie qu'il n'a cessé de nous témoigner pendant notre séjour dans son service de la Charité, Nous le remercions de la bienveillance avec laquelle il nous a guidé et a dirigé notre travail. Nous remercions également M. le professeur agrégé Henri Labbé qui nous a fait profiter de son expérience et M. Neveu, chef de laboratoire, auprès de qui nous avons trouvé le meilleur accueil.