OBSERVATION XI
Marcano et Wurtz. Archives de médecine expérimentale, 1895, p. 9. (Obs. I).
(Résumée).
R. E..., né le 23 mai 14891, dans une ville de Colombie où la lèpre est endémique. Il a quitté sa ville natale le 3 avril
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1893, en même temps que son frère, atteint de lèpre mixte généralisée. Le père, pendant la traversée aperçut un jour au milieu de la tempe droite un point rouge gros comme une tête d’épingle complètement indolore, et qui fut considéré comme une tache éphémère à laquelle on n’apporta, par conséquent aucune importance. Ce point s'agrandit et en cinq mois arriva à sa grandeur actuelle qui est pour ainsi dire définitive puisque pendant sept mois que nous avons observé cette tache, elle n’a subi aucun changement. Elle mesure 0 m. 008 de diamètre. Elle est rouge pale, circulaire, à bords très nets, plus foncée au centre ; elle ne s’efface pas complè: tement sous la pression ; elle est complètement insensible à la douleur mais non au contact ; l'enfant refuse de renseigner sur l’état de la sensibilité thermique. La lésion n’est pas seulement épidermique ; on sent, dans l'épaisseur du derme une induration très nette.
Examen bactériologique du sang. Le 19 septembre avec une goutte de sang obtenue par piqüre de la tache on fait des frottis de lamelles. Le résultat de l’examen est négatif.
Examen bactériologique par biopsie. — Un fragment de derme est excisé. Dans le produit de raclage et dans les coupes on constate la présence de quelques bacilles lépreux avec ses réactions colorantes typiques: l’ simple méthode de Weigert ; 2 méthode de Zielh ; 3° méthode de Baumgarten qui permet de distinguer chimiquement le bacille de Koch des bacilles de Hansen. Ce dernier, seul, pouvant ainsi rester coloré (solution faible de fuchsine pendant six à sept minutes, lavage et décoloration par de l’acide nitrique à 4/10 dans de l'alcool pendant quinze secondes).
L’extirpation du léprome est proposée et acceptée avec l'approbation du professeur Fournier ; mais une grippe intercurrente oblige de remettre l’opération qui n’est faite que
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quatre mois plus tard : extirpation de toute la peau anesthésiée; large brûlure de la plaie au thermocauter (14 avril 189%).
Le 24 avril ila un accès de fièvre dont il est rétabli le 30 avril.
Le 5 mai la cicatrisation est très avancée.
Le 8 mai l’enfant est ramené dans son pays.
On n’a jusqu'ici rien constaté de nouveau depuis son départ.
. Pour appuyer l'importance de la notion du début de la lèpre par une tache unique, Marcano et Wurtz signalent encore un autre fait qu'ils ont observé. Il s’agit d’une jeune fille atteinte de lèpre.
La mère de cette malade a pu préciser d'une façon certaine le début du mal. Elle remarqua tout d’abord à la jambe gauche une tache rosée unique qu'elle désirait à tout prix faire disparaître. Le médecin consulté dans ce but se contenta d’un examen de visu et assura que la petite macule disparaîtrait d'elle-même. Deux ans après, upe éruption Se déclara dans plusieurs parties du corps, et ilne fut plus possible d'émettre le moindre doute sur le diagnostic.
Ainsi l'examen biopsique permet d'affirmer d’une façon précoce le diagnostic de la lèpre, à une époque où la maladie n’occupe encore qu’une étendue restreinte, et alors qu’on peut espérer en enrayer les progrès par une opération chirurgicale.
Les observations que nous avons relatées montrent que la biopsie peut donner d’excellents résultats lorsqu'elle est judicieusement appliquée au diagnostic des lésions