‹ Étude sur le diagnostic bactériologique de la lèpreChapitre 7 sur 22 · CARS · texte numérisé non relu

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soudre que l’éruption sera plus discrète, plus localisée. Marcano et Wurtz (Obs. 14) ont décrit un cas où ils ont fait le diagnostic bactériologique sur une tache unique. Dans ce cas le soupçon était éveillé par ce que le frère du malade était un lépreux avéré. Quant aux caractères de la tache elle-même, ils n'auraient pu que difficilement mettre sur la trace du diagnostic. Cette tache ressemblait à un élément de roséole papuleuse. fl est vrai qu’elle était anesthésique mais en pareil cas l’anesthésie pourrait très bien passer inaperçue faute d’être recherchée ce qui est le cas ordinaire, Si dans ce cas les caractères de la tache étaient ceux d’une roséole, dans d’autres on pourrait confondre les macules lépreuses avec toutes les variétés d’érythèmes, de roséole, les macules pigmentiaires pourraient être prises pour du pityriasis versicolore, du vitiligo ; on pourrait aussi suivant l’aspect des plaques croire à des syphilides, au lichen.

La mélanodermie peut aussi simuler la lèpre comme l’a montré Gaucher (1).

Dans la syphilis on peut également observer des taches pigmentaires très analogues à celles de la lèpre. Leloir a vu dans certains cas chez des syphilitiques tertiaires des variétés de syphilides erythémateuses annalaires tardives simuler absolument certaines variétés de macules de lèpre appartenant au groupe des macules érythémateuses circinées.

« Dans un cas où cette éruption annulaire était survenue Sur un sujet syphilitique mais ayant habité longtemps

(1) Gaucher. — Mélanodermie ressemblant à la lèpre. Société de Dermatologie 1893.

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des pays où la lépre règne d’une façon endémique, le diagnostic resta longtemps hésitant et ce n’est qu’au bout de quelques années que je pus arriver à poser le diagnostic de syphilide érythémateuse anormale. Jai eu ultérieurement l’occasion d'observer plusieurs cas de ces lésions érylhémateuses survenues Chez des sujets syphilitiques mais n’ayant jamais quitté les pays français. Cela démontre une fois de plus, ainsi que je lai écrit, que dans certains cas le diagnostic est fort difficile entre les macules lépreuses érythéinateuses et certaines variétis de syphilides annulaires anormales ». |

Les éruptions bulleuses ne sont guère plus caractéristiques et prêtent à confondre la lèpre avec toute les variétés de pemphigus.

De même la dermatite exfoliatrice peut dans quelques Cas, par son évolution, éveiller le soupçon dune lépre à son début. De Beurmann et Claude (1) ont donné à la société de Dermatologie une observation d’une forme anor— male de dermatite. Il s’agit d'une femme qui, pendant quatre ans, eut une érythrodermie faciale de plus en plus foncée, puis présenta sur les membres des vésicules et des bulles en même temps que survenait une fièvre violente. Plus lard survinrent des démangeaisons et une rougeur généralisée avec éruption vésiculo-pustuleuse et une reprise de fièvre. Le cuir chevelu estenvahi en dernier lieu; les cheveux, les sourcils, les cils tombent. Il y a une desquamation généralisée, les ongles se déforment les mains

(4) De Beurmann et Claude. — Annales de Dermatologie 1893,

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et les pieds, s’épaississent. Ces phénomènes évoluëèrent en quatre mois, puis survint une période de déclin; la peau reprenant peu à peu ses fonctions norinales et l’état général redevenant très bon. Dans la discussion qui suivit, Zambaco souleva la question de la lèpre et demanda qu’on fit un examen biopsique de la peau chez cette malade.

Même en présence de tubercules lépreux ie diagnostic ne se fait pas toujours facilement et l’on peut être amené à dissiper par exemple le lupus, certaines formes de syphilides tuberculeuses ou la lymphadénie cutané. :

Le diagnostic avec le sarcome peut de même donner lieu à des hésitations. Robinson (1) a publié une observation où ce problème fut posé. C’était une femme de 31 ans qui vit se développer six ans auparavant une petite tumeur sur le bras gauche, et dans les quatre derniers mois une autre analogue au visage, à la suite de laquelle de nombreuses se développèrent au visage, aux bras, etc.

Il présenta cette malade à la Société de Dermatologie de New-York en demandant sur le diagnostic l’avis de ses collègues. Schewell posa le diagnostic de lèpre tubéreuse ayant beaucoup d’analogie avec le sarcome et cette opinion fut partagée par Luisgarten, Fox, et par Morow qui signala l’épaississement du nerf cubital. Le diagnostic a été confirmé plus tard par l’examen histologique d’une des tumeurs. Robinson y dénota la présence du bacille lépreux.

(4) Robinson. — Lèpre ou sarcome New- York dermatological Soc. Annales de dermatologie 1893, p. 465.

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