NOMBRE
de cas.
vomissement.s
stercoraux
non
stercurnux
— lOi —
Nos recherches nous ont amené à constater le même rap- tj port entre le siège et la nature des matières vomies, et si « l’on veut bien consulter les laits que nous reproduisons dans ce travail, on verra que dans la plupart des cas où l’obstacle se trouve sur l’intestin grêle, les vomissements lécaloïdes sont constants et précoces, et que les vomissements sont simplement bilieux dans une grande partie des observations où l’occlusion s’est produite sur le gros intestin.
Les réflexions de M. Cossy, que nous venons de citer à la suite de son tableau, confirment simplement un fait d’ailleurs bien naturel; c’est que la fréquence et la précocité des vomissements sont en rapport direct avec la diminution de l’espace où sont renfermées les matières intestinales ; mais elles ne font pas comprendre pourquoi les vomissements sont d’autant plus fécaloïdes que l’obstacle est situé plus haut dans rintestin grêle. Voici l’explication qui nous parait la plus plausible et que les faits viennent d’ailleurs pleinement confirmer.
Nous savons que les matières fécales doivent en grande partie leur odeur particulière aux différents sucs avec lesquels elles sont en contact pendant leur séjour dans le gros intestin (I). Lorsque l’oblitération du tube digestif les oblige à faire ce séjour dans l’iléon ou le jéjunum, elles y contractent, ainsi que le fait remarquer Morgagni, la même i fétidité. Il en résulte que plus ces matières intestinales se- j ront fortement imprégnées des sucs dont nous parlons, plus j elles tendront à prendre ce caractère; or, il nous parait évi- | dent que ces conditions sont surtout réalisées lorsque l’ob- | stade est situé plus haut dans l’intestin. La bile et le suc pancréatique concentreront leur action sur une quantité plus restreinte de matières ; en outre, le contact direct et plus ou moins prolongé de celles-ci avec rembouchure des canaux cholédoque et pancréatique irriteront ces dernières et provoqueront des actions réflexes dont le résultat immédiat sera une hypersécrétion plus ou moins considérable des
(1) Exp. de Valenlio, et Béclard, Physiol., p. 135.
glandes annexes et des glandes intestinales. L’agent principal de la transformation fécaloïde sera donc sécrété en plus grande abondance.
Il serait nécessaire que ces allégations fussent confirmées par des observations nombreuses; en tout. cas, il nous semble que le raisonnement aussi bien que les faits observés nous autorisent à formuler les conclusions suivantes :
1° Lorsque les vomissements résultant de l’occlusion intestinale présentent les caractères fécaloïdes, ils doivent ces ■ caractères aux modifications que le contact de la bile et des sucs pancréatiques et intestinaux fait subir aux matières contenues dans l’intestin.
2® Ces vomissements auront d’autant plus fréquemment le caractère fécaloïde que le siège de l’occlusion sera situé plus haut dans l’intestin grêle, cela par suite du mélange plus intime et de la sécrétion plus abondante des sucs dont nous parlons.
On nous objectera peut-être que cette imprégnation par la bile des matières contenues dans l’intestin grêle peut aussi bien avoir lieu lorsque ce viscère est libre dans toute l’étendue de sa cavité que lorsque celle-ci est bornée par l’étranglement à un espace restreint. Nous ne le croyons ^ pas : les matières doivent, nous semble -t-iJ, s’accumuler toujours le plus près possible de l’obstacle; lorsqu’elles au- ' ront tout l’intestin grêle à leur disposition, elles abaudon- 1 neront le duodénum qui ne contiendra plus alors que des gaz; les conduits biliaire et pancréatique ne seront plus ' soumis, par conséquent, à une excitation directe, et les - glandes auxquelles ils aboutissent ne sécréteront plus en I aussi grande abondance les liquides qui jouent le principal ; ■ rôle dans la transformation fécaloïde des matières intestii nales.
Evacuations alvines. — Nous avons vu que ce n’est guère que dans l’invagination et le rétrécissement que les selles ne sont pas supprimées d’une façon absolue. Dans le der-
nier cas, elles pourj'ont fournir quelques données sur le .1 siège de la lésion. Si le's matières qui les constituent sont ( effilées ou rubanées, cette disposition particulière indiquera ir plutôt (jue l’effacement du calibre de l’intestin est situé en un i)oint du rectum; ce fait est important pour découvrir ii un rétrécissement situé au-delà de l’atteinte du doigt. j
Sécrétion urinaire. — La quantité d’urine est habituelle- | ment diminuée dans l’étranglement. Ce fait a surtout attiré i| l’attention des médecins anglais (voir Brinton, loc. cit.), qui i jugent que l’obstacle est sur le gros intestin si la quantité j d’urine rendue reste la même et admettent, au contraire, | qu’il ne reste qu’une petite portion d’intestin au-dessus de l’étranglement quand la sécrétion urinaire est très-di- . | minuée. i
Cela s’explique facilement : lorsque l’obstruction est | située très-haut dans l’intestin grêle, la surface d’absorption || n’est plus assez grande pour absorber les liquides néces- i saires à la quantité ordinaire d’urine. ^
D’après M. Habershon, les vomissements ont une grande influence dans cette diminution de l’urine; quand le siège de l’obstacle est élevé, ils sont précoces, et ce fait diminue nécessairement la quantité du fluide qui doit être absorbé | pas la surface gastro-intestinale, et dont une partie doit être éliminée par les reins.
M. Barlow admet que la cause la plus naturelle de la : diminution de la sécrétion urinaire doit être attribuée à ce ! que l’intestin emploie la plus grande partie des liquides j (ju’il absorbe à sécréter des fluides qu’on retrouve dans les vomissements et dans l’intestin, lors de l’autopsie. Pour que cette hypothèse fût vraie, il faudrait que l’iirine des sujets atteints d’étranglement soit très chargée, et l’observation n’a pas permis de constater ce fait.
D’après Sedgewick une quantité d’affections graves et soudaines du tube intestinal peuvent produire une suppres-
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sion de l’urine . Sedgewick (1) a retrouvé ce symptôme dans les perforations du petit intestin, les empoisonnements par des substances corrosives, etc... Ses observations confirment d’ailleurs l’opinion des médecins anglais, car Tocclusion de l’intestin grêle est d’une manière générale plus grave et plus soudaine que celle du gros intestin.
Si peu concluantes que puissent paraître ces indications, elles n’en ont pas moins une certaine valeur lorsqu’elles se réunissent à d’autres caractères et concordent avec eux. Les observations publiées en France sont presque toutes muettes sur ce point ; il serait à désirer que les observateurs voulussent bien y fixer leur attention, car rien ne doit être négligé dans une affection dont le diagnostic reste si souvent indéterminé.
Exploration directe.
La palpation peut faire connaitre dans certains cas si le siège est sur l’S iliaque ou sur les côlons; ainsi, dans le cas d’obstruction par des matières fécales, d’invagination, on reconnaitra la présence d’une tumeur dans la fosse iliaque gauche ou sur le trajet du côlon descendant.
Le toucher fournira quelques indications si le siège de l’étranglement est accessible au doigt. On peut aussi, en les maniant avec précaution, faire pénétrer des sondes jusque dans rS iliaque (sonde rectale, sonde d’O Beirn, bougie à empreinte^.
A ces moyens on pourrait enc.ore ajouter l’exploration à l’aide de lavements proposée par M. Amussat :« Lorsque rien ne peut indiquer le siège précis de l’obstruction du gros intestin, dit-il, le lavement, administré avec le plus grand soin, est le seul moyen que j’aie trouvé pour s’assurer à quelle hauteur se trouve l’obstacle; suivant, en effet, que l’intestin en reçoit une petite ou une grande quantité, on
(1) Guy’sUosp. Rep.; XIV. p. 279.
peut diagnostiquer que l’étranglement siège dansl’S iliaque, le côlon, ou même le cæcum et l’intestin grêle. »
Brinton employait fréquemment ce moyen dont il n’a, dit-il, jamais eu qu’à se louer; il avait même dosé la quantité de liquide que pouvait contenir chaque portion de l’intestin. D’après lui une pinte (0,57 litre) suffit à emplir le rectum, il en faut 2 à 4 pour arriver à l’S iliaque et 9 permettent d’atteindre le côlon tranverse. On comprend que ce procédé n’a de valeur qu’autant que l’intestin est complètement fermé ; dans les cas de rétrécissement, par exemple, où il reste toujours plus ou moins perméable, le lavement peut parfaitement franchir l’obstacle. La 23®® observation de M. Fagge (1. c.), en est un exemple bien éAudent; chez le malade qui en fait le sujet on injecta plus de deux litres de liquides, et il n’en ressortit qu’une très-faible proportion.
Le diagnostic de la nature de l'étranglement peut en une certaine mesure en faire supposer ie siège, puisque nous avons vu que certaines variétés d’étranglement se produisent plus fréquemment sur le gros intestin que sur le petit. Voici un tableau indiquant les résultats fournis à cet égard par la statistique.
Etranglement siégeant de preference
sur l’intestin grêle
Obstructions par des calculs biliaires, des corps étrangers.
Coristriclion par brides ou bandes.
Constriction dans des ouvertures.
Conslriction par des adhérences.
sur le gros intestin.
Obstruction par des matières fécales, des vers, de? concrétions intestinales.
Torsion.
Invagination.
Rétrécissements.
Il resterait encore à déterminer le point de la paroi abdominale auquel correspond le siège de l’obstacle; la connaissance de ce point peut être utile dans le cas où la gastrotomie semble être indiquée. Cette recherche est souvent
fort difficile ; néanmoins, dans un certain nombre de cas, on peut constater l’existence d’une tumeur dont les rapports . avec les parois abdominales peuvent être exactement précisées. Enfin on peut tirer des indications précieuses de l’existance d’une douleur vive et persistante en un point spécial de l’abdomen; nous avons rapporté, en faisant le diagnostic de l’étranglement par constriction , plusieurs cas dans les- . quels le siège de rocclusion a été indiqué pendant la vie par \ une douleur que le malade savait parfaitement localiser.