‹ Étude sur le diagnostic et le traitement chirurgical des étranglements internesChapitre 3 sur 23 · I. SPASMR DE l/lNTESTIX · texte numérisé non relu

I. SPASMR DE l/lNTESTIX

Le spasme de l’intestin a été pendant longtemps considéré comme la cause unique de l’étranglement interne. Cette erreur disparut lorsque les examens nécroscopiques eurent monti'é aux observateurs des obstacles matériels au cours des matières, et comme il arrive souvent en pareil cas, le revirement dans les idées fut si complet qu’en 1857,M. le D*" Masson (1) disait dans sa tbèse inaugurale : a Dans aucun des cas où la mort a suivi les symptômes de l’occlusion intestinale, il n’est arrivé qu’on n’ait pas rencontré à l’autopsie la cause mécanique qui avait dù produire ces symptômes. »

Malgaigne, dans son Anatomie chirurgicale, Trousseau, dans sa Clinique médicale, refusent d’admettre l’iléus spasmodique ; malgré toute l’autorité d’aussi grands noms, nous pensons qu’il est certains cas où l’on peut rencontrer une contracture de l'intestin assez forte et assez durable pour mettre obstacle d’une façon inquiétante au cours des matières. En outre, si comme l’a le premier démontré M. lienrot, l’altération en moins de la motilité intestinale peut être une cause d’étranglement, il nous semble logique que la perversion avec excès de cette contractilité puisse arriver par des chemins absolument différents à ce même résultat : la cessation de la fonction. Le cas se présente, il est vrai, fort rarement et la science n’en montre guère d’exemples que dans l’hystérie ; ici nous sommes heureux d’avoir pour nous la sanction de MM. Briquet et Axenfeld ; nous avons trouvé, dans le remarquable ouvrage du premier (2), deux observations de malades qui ont présenté plusieurs

ti

iK

(1) D*' O, Masson, Thèses de Paris, 1857, p. 24.

(1) Briquet, Traité clinique et thérapeutique et l’hystérie, p. 258, t. 316.

des signes de FétrangdeniiBPt (nous devons cependant ajouter qnc le «liagnostic n’était point indécis, ce qui tenait bien plus aux circonstances concomitantes qu’à ces signes euxmêmes). Plus loin, après avoir parlé de la tension et du ballonnement du ventre^ des borborygmes, des éructations et des nausées que l’on remarque dans certaines formes d’hystérie, cet auteur ajoute (page 361) : « La constipation accompagne le plus ordinairement cet état, et cette constipation est souvent telle, que les lavements et les moyens ordinaires, dont on fait usage pour provoquer les selles, restent habituellement sans effet. »

M. Axenfeld(l), d’un autre côté, dit à propos des symptômes de l’hystérie non convulsive, qu’indépendamment des attaques convulsives où l’on trouve la motilité au maximum, « il ne manque pas chez les malades de désordres musculaires plus ou moins étendus. » Inutile d’ajouter que ces désordres peuvent se rencontrer aussi bien dans les muscles de la vie organique que dans ceux de la vie de relation.

Nous nous croyons donc autorisé à conclure à l’existence d’un faux étranglement spasmodique.

Page 1